Archives des étiquettes : Vladimir Poutine

Service solennel à l’église Saint-Sulpice

La France rend un dernier hommage à Jacques Chirac (86), décédée jeudi dernier. Minute de silence, honneurs militaires, et service solennel à l’église Saint-Sulpice à Paris  en présence de quelque 80 personnalités étrangères, dont le président russe Vladimir Poutine et l’ex-président américain Bill Clinton marquent le début de la cérémonie officielle.

Une cérémonie familiale privée s’est tenue aux Invalides en début de matinée avec Bernadette Chirac et le petit-fils de Jacques Chirac, Martin Rey-Chirac qui devait prendre la parole à cette occasion.

La cérémonie familiale privée a été suivie par des honneurs funèbres militaires rendus par Emmanuel Macron. Le cercueil de l’ancien président, porté par la garde républicaine, a ensuite quitté la cour au son de la marche funèbre de Chopin pour rejoindre l’église Saint-Sulpice à 12h un service solennel en présence des chefs d’Etat et de gouvernement étrangers ayant fait le déplacement.

Poutine rend hommage à Chirac

Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement étrangers, dont Vladimir Poutine, ont déjà annoncé leur venue à l’hommage prévu en l’honneur de Jacques Chirac.

Outre le président russe, sont notamment attendus les présidents italien Sergio Mattarella et congolais Denis Sassou Nguesso, la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili, les Premiers ministres libanais Saad Hariri, hongrois Viktor Orban, slovaque Peter Pellegrini et croate Andrej Plenkovic, qui doivent participer au service solennel prévu le 30 septembre à midi en l’église Saint-Sulpice, pour l’ancien chef de l’État.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi que le Premier ministre belge Charles Michel avaient annoncé leur présence le vendredi.

 

Le président des États-Unis Donald Trump ne sera pas présent à la cérémonie. La Maison Blanche a fait savoir qu’il serait représenté par l’ambassadrice américaine en France Jamie McCourt. Le dirigeant américain n’a pas non plus exprimé les condoléances des Américains après la disparition de l’ancien président français. La représentante américaine avait de son côté évoqué sur Twitter micro blog un “très grand ami des Américains, de longue date”.

 

Rencontre Macron-Putin avant G7

Emmanuel Macron recevra Vladimir Poutine  le 19 août au fort de Brégançon (Var) avec l’objectif d’avancer vers une désescalade des crises ukrainienne (Donbass) et iranienne (JCPOA), cinq jours avant le sommet du G7 à Biarritz auquel le président russe n’est pas invité.

Les chefs d’Etat s’entretiendront également du conflit en Syrie, où la France demande l’arrêt des opérations militaires menées par les forces du président Bachar al Assad, soutenu par Moscou, dans la région d’Idlib, dernière enclave des rebelles.

Emmanuel Macron n’imagine pas dénouer ces crises lors de l’entretien en tête à tête suivi d’un diner élargi mais veut trouver des points d’entente autour d’intérêts communs.

Rien n’est simple, tout est compliqué”, souligne-t-on à l’Elysée. “Ce n’est pas un entretien, quel qu’il soit, et quelle qu’en soit l’intensité, qui permet de régler des problèmes aussi compliqués que ceux de l’Iran, de la Syrie, de l’Ukraine.”

Paris espère que l’appel du président ukrainien, Volodimir Zelenski, à reprendre les négociations pour mettre fin au conflit dans le Donbass sera entendu par Vladimir Poutine.

Les combats entre forces ukrainiennes et séparatistes soutenus par Moscou ont fait environ 13.000 morts depuis 2014.

Elu en avril, Volodimir Zelenski a promis de mettre fin à cette crise. Il a offert de s’entretenir en tête à tête avec Vladimir Poutine et appelé à des discussions au format “Normandie”, qui réunit Ukraine, Russie, France et Allemagne.

Le président Zelenski fait des offres auxquelles il nous semble que le président Poutine devrait répondre de manière encourageante”, dit-on à l’Elysée.

Pour enrayer l’escalade entre Washington et Téhéran et sauver l’accord de 2015 encadrant le programme nucléaire iranien, dénoncé l’an dernier par Donald Trump, Emmanuel Macron veut que Vladimir Poutine presse à ses côtés l’Iran de renoncer à enfreindre ses obligations.

“L’enjeu très immédiat est d’éviter que l’Iran se départisse d’un nombre supplémentaire de ses obligations”, après les écarts décidés ces dernières semaines en réaction aux sanctions commerciales américaines, dit-on à l’Elysée.

Il faut ensuite casser la situation actuelle, qui voit “les Iraniens opposer une politique de résistance maximale à la pression maximale exercée par les Etats-Unis”, en ouvrant la voie à une négociation, ajoute-t-on.

Alors que l’Iran, dont les exportations de pétrole se sont effondrées, enjoint les Européens de lui apporter le soutien économique que leur promettait l’accord de 2015, Paris souligne que le mécanisme Instex, conçu pour continuer à commercer malgré les sanctions, est prêt mais que le dispositif miroir nécessaire côté iranien ne l’est pas.

Sommet sur la Syrie

Le président français participait  au sommet Turquie-Russie-Allemagne-France sur la Syrie à Istanbul.

Emmanuel Macron a appelé la Russie à « exercer une pression très claire sur le régime syrien » pour garantir un « cessez-le-feu stable et durable à Idleb« , province rebelle dans le nord-ouest de la Syrie.

« Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression très claire sur le régime, qui lui doit sa survie », a-t-il déclaré lors d’une déclaration conjointe sur la Syrie à Istanbul.

 

 

La France championne du monde

Dès dimanche soir, TF1, France 2 et les chaînes d’information en continu passent en édition spéciale. Lundi, elles repartiront de plus belle pour couvrir le retour des hommes de Didier Deschamps sur le sol français.

L’équipe de France a fait montre, dimanche à Moscou, d’une impressionnante détermination pour battre la Croatie (4-2) et remporter le deuxième titre de champion du monde du football français.WC rain

Dimanche 15 juillet, au stade Loujniki de Moscou, les Bleus se sont montrés impitoyables (4-2) face à des Croates, méritants, pour remporter le Mondial 2018.

La reprise d’un dialogue stratégique incluant

Dr. Pierre-Emmanuel Thomann

Comme on pouvait le craindre, le retrait unilatéral des États-Unis du traité sur les missiles antibalistiques (ABM) en 2002 et la poursuite inexorable du projet de bouclier anti-missile américain qui s’étend au territoire européen dans le cadre de l’OTAN a sérieusement déstabilisé le système de sécurité international. Il a provoqué la réaction de la Russie et cette évolution négative met le territoire européen en première ligne de la nouvelle confrontation entre les États-Unis et la Russie.

En effet, le discours du président Vladimir Poutine devant l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie le 1er mars 2018 a annoncé que la Russie possédait une palette d’armes de nouvelle génération pour faire face au bouclier anti-missile américain. Le système anti-missile américain a été renforcé par l’ouverture de nouvelles bases en Europe près des frontières de la Russie en Roumanie et en Pologne et forme une ceinture de bases militaires et de plates-formes pour le bouclier en Alaska et en Californie sur le territoire américain et au Japon et en Corée du Sud en Asie, donc tout autour du continent eurasien.

Map

I. Dr. Pierre-Emmanuel Thomann: Le bouclier anti-missile et les risques.

Cette réplique est non seulement adressée à la poursuite du bouclier anti-missile, mais aussi destinée à rétablir l’équilibre stratégique après la relance de la course aux armements nucléaires par les États-Unis, confirmée par la dernière revue nucléaire stratégique (NPR) de  février 2018. Ce document annonce une augmentation des dépense de plus de 611 milliard de dollars, c’est à dire les dépenses les plus fortes dans le monde et plus que tous les 8 grands pays suivants. Il annonce aussi le développement d’armes nucléaires plus flexibles, risquant d’abaisser le seuil d’utilisation nucléaire. Elle fait aussi suite aux discussions aux États-Unis d’un éventuel retrait du traité INF (Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire) qu’ils accusent la Russie d’avoir enfreint.      

Le contexte est aussi celui d’une désignation de la Russie et la Chine comme adversaires en 2018 par les États-Unis dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale de décembre 2017 (NSS). Il fait suite à un élargissement continu de l’OTAN après la fin de la Guerre Froide, pendant presque deux décennies, jusque sur le territoire de l’ex-Union soviétique et toujours plus proche du territoire de la Russie. La Russie par contre ne possède pas de bases proches du territoire américain. Le système de défense américain déborde largement sur le territoire européen et eurasien tandis que la Russie ne défend que son propre territoire, d’où le renforcement de la perception d’encerclement.                

Les nouveaux armements russes sont de nature diverse.

Le ministère de la défense et les industries de défense russes ont développé un nouveau système de missile lourd intercontinental, nommé Sarmat, qui le rend difficile à intercepter par un système de défense anti-missile. Equipé de têtes nucléaires puissantes y compris hypersoniques, ses capacités énergétiques importantes peuvent frapper des cibles partout  en passant par les pôles Nord et Sud.

Un nouveau missile à ogive nucléaire nommé X-101, furtif, voyageant à basse altitude et à trajectoire aléatoire,  a aussi été conçu pour rendre inopérant le bouclier antimissile.

La Russie a de plus développé un modèle de submersible sous-marin sans pilote, capable de se déplacer en grande profondeur, avec des ogives nucléaires ou conventionnelles. C’est un nouveau type d’arme stratégique sous-marin.

Enfin, un système de missile supersonique, avec des ogives nucléaires ou conventionnelles,  10 fois plus rapide que le son, le Kinzal, permettrait de passer outre tous les systèmes antimissiles et antiaériens  à une portée de plus de 2000 km. Le président russe a aussi insisté sur leur crédibilité.

Cette escalade nucléaire fait encourir le plus grand risque pour les nations européennes dont le territoire redevient un enjeu dans la rivalité entre les États-Unis et la Russie dans l’éventualité d’une guerre nucléaire. La sécurité des Européens devient de plus en plus tributaire des manœuvres américaines et russes sans avoir un seul mot à dire à propos de leurs intérêts, non seulement vis à vis des décisions russes mais aussi de celles prises par les États-Unis qui sont les seuls décideurs ultimes de l’emploi de l’arme nucléaire au sein de l’OTAN. La  France et le Royaume-Uni possèdent leurs propres armes, mais sans commune mesure avec les arsenaux russe et américain. Il devient urgent pour les Européens de proposer l’amorce d’un dialogue sur la sécurité européenne et globale, afin d’enrayer l’escalade de cette nouvelle course aux armements nucléaires. Il pourraient enfin envisager un nouveau système de sécurité européen, avant qu’il ne soit trop tard et qu’ils aient perdu toute maîtrise de leur destin. Cette initiative serait d’autant plus bienvenue que les Russes ont depuis toujours annoncé vouloir établir un dialogue afin de restaurer la confiance, afin de ne plus recourir à l’escalade.

Dr. Pierre-Emmanuel Thomann, géopolitologue, président d’Eurocontinent   

Map II

II. Dr. Pierre-Emmanuel Thomann: Le bouclier anti-missile et les risques.