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Danièle Obono vs. Valeurs actuelles

Les directeurs de la publication, de la rédaction de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles et le journaliste auteur d’un article imaginant la vie de la députée Danièle Obono « au temps d el’esclavage » ont été condamnés par la justice pour injure publique à l’égard de la parlementaire.

L’hebdomadaire Valeurs actuelles – classé à droite de l’échiquier politique ou à son extrême droite selon qu’on intègre les rangs de ses partisans ou de ses détracteurs – a été condamné ce mercredi par la justice pour injure publique.

Le directeur de publication du magazine Erik Monjalous, renvoyé devant le tribunal pour ce délit, ainsi que le directeur de la rédaction Geoffroy Lejeune et le rédacteur de l’article Laurent Jullien, jugés pour complicité, ont été condamnés à une amende de 1500 euros chacun et à verser 5000 euros de dommages et intérêts à Danièle Obono.

Tandis que Valeurs actuelles était condamné pour avoir caricaturé Danièle Obono en esclave africaine, l’imam de Toulouse était relaxé malgré ses propos antisémites. La justice française est décidément incompréhensible, constate notre chroniqueur et avocat Gilles-William Goldnadel.

Survie de la France

Depuis quelques jours, la rumeur courait qu’une nouvelle tribune de militaires allait être dévoilée. Émanant de militaires d’active, elle vient en soutien à celle précédemment publiée sur le site de Valeurs actuelles. Ce texte, qui circule déjà beaucoup et dont les médias se font l’écho, nous avons décidé de le publier ce soir. Et de l’ouvrir, en bas de cette tribune, à la signature des citoyens français qui le trouveraient à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres.

Tout en continuant, avec une méthodologie exigeante, à nous tenir à la disposition des professionnels des armées qui souhaiteraient y prendre part. Comme la précédente, le but de cette tribune n’est pas de mettre à mal nos institutions mais d’alerter sur la gravité de la situation.

« …Le cri d’alarme de nos Anciens renvoie enfin à de plus lointains échos. Nos aînés, ce sont les résistants de 1940, que, bien souvent, des gens comme vous traitaient de factieux, et qui ont continué le combat pendant que les légalistes, transis de peur, misaient déjà sur les concessions avec le mal pour limiter les dégâts ; ce sont les poilus de 14, qui mouraient pour quelques mètres de terre, alors que vous abandonnez, sans réagir, des quartiers entiers de notre pays à la loi du plus fort; ce sont tous les morts, célèbres ou anonymes, tombés au front ou après une vie de service.

Tous nos aînés, ceux qui ont fait de notre pays ce qu’il est, qui ont dessiné son territoire, défendu sa culture, donné ou reçu des ordres dans sa langue, ont-ils combattu pour que vous laissiez la France devenir un Etat failli, qui remplace son impuissance régalienne de plus en plus patente par une tyrannie brutale contre ceux de ses serviteurs qui veulent encore l’avertir ?

Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s’agit pas, cette fois, d’émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s’agit pas de prolonger vos mandats ou d’en conquérir d’autres. Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays ».

Macron affiche sa « cohésion »

Soixante-seize ans après la reddition de l’Allemagne nazie, la France commémore la victoire du 8 mai 1945 et Emmanuel Macron affiche sa cohésion avec l’armée. Le président de la République a passé un long moment à discuter avec les différents chefs d’états-majors réunis en cercle autour de lui, une discussion inhabituelle pour une commémoration du 8 mai. Cet entretien intervient quelques jours après la publication d’une tribune signée par plusieurs centaines de militaires qui critiquent ouvertement l’action du chef de l’État, quelque temps avant qu’une autre tribune de militaires ne soit publiée dans Valeurs Actuelles.

«Je n’ai pas souvenir d’avoir vu une telle image», commente le général Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, sur BFMTV. «Ce moment est historique, explique Jean Garrigues, historien spécialiste de la Ve République. C’est une réponse directe à la tribune des militaires».

La cérémonie a exceptionnellement été organisée en fin de journée, en raison du déplacemen du président de la République au Portugal à l’occasion d’un sommet européen.
Pour la deuxième année consécutive, la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 a eu lieu sans public ce samedi, le 8 mei, en raison de la crise sanitaire. Exceptionnellement décalé à 18 heures, en raison du déplacement d’Emmanuel Macron au Portugal, le 76e anniversaire de la victoire des Alliés a démarré avec la dépose d’une gerbe de fleurs au pied de la statue du Général de Gaulle, située en bas de l’avenue des Champs-Elysées.

Après la traditionnelle Sonnerie aux morts, le président de la République a salué Hervé Gaymard, président de la Fondation Charles de Gaulle, ainsi que les membres de la famille du premier président de la Ve République.

Le chef de l’Etat a ensuite remonté en voiture les Champs-Elysées pour rejoindre l’Arc de Triomphe, place de l’Etoile, où l’attendaient les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, quelques élus, membres du gouvernement dont la ministre des Armées Florence Parly à qui il a souhaité « un bon anniversaire, et de l’institution militaire.

Là, Emmanuel Macron a déposé une gerbe de fleurs et s’est recueilli quelques instants devant la tombe du Soldat inconnu, dont la flamme a été ravivée. La Marseillaise a ensuite été entonnée par le choeur militaire, avant qu’Emmanuel Macron n’aille saluer les quelques responsables politiques et militaires présents.

«Le geste est bien plus efficace que tous les discours, commente Jean Garrigues. S’il s’était exprimé, il se serait mis au même niveau que les généraux. Par cette discussion, il se place au-dessus, il expose le lien naturel qui unit le pouvoir civil au pouvoir militaire et marginalise la tribune».

VA rejette les accusations de racisme

La publication, dans le dernier numéro de Valeurs actuelles, d’un épisode de son roman de l’été mettant en scène Danièle Obono revenue au temps de l’esclavage, a déclenché une vague de polémique sur Internet. Dans un communiqué, la rédaction répond aux accusations de racisme.

« Devant l’émoi suscité par le dernier épisode de notre fiction estivale, nous tenons à apporter quelques précisions. Nous avons bien conscience de la mauvaise foi de certains, mais nous devons, pour les autres, éclaircir nos intentions »

« Tout l’été, Valeurs actuelles a publié chaque semaine un « Roman-fiction » dont le concept était simple ; plonger une personnalité contemporaine dans une période passée, afin de faire resurgir par ce contraste certaines inepties de notre époque.

« Il y eut ainsi François Fillon au temps de la Révolution, Éric Zemmour à Waterloo ou encore Didier Raoult dans les tranchées de 1914. Le dernier épisode était consacré à la députée de la France Insoumise Danièle Obono, que nous avons fait « voyager » dans l’univers atroce de l’esclavage africain du XVIIIe siècle.

Notre intention, transparente, était la suivante : là où les indigénistes et les déconstructeurs de l’Histoire veulent faire payer le poids de cette insoutenable traite aux seuls Européens, nous voulions rappeler qu’il n’existât pas d’unité africaine, et que la complexité de la réalité, sa dureté, était à raconter. Nous avons choisi cette élue car elle participe selon nous, par ses prises de position répétées, à cette entreprise idéologique de falsification de l’Histoire.

Notre texte n’a rien de raciste. Sans quoi nous n’en aurions pas publié une ligne. Évidemment. Il est commode pour nos adversaires de nous imputer cette accusation, que rien n’étaie dans le contenu. Chacun pourra juger par lui-même de l’opportunité d’une telle fiction, mais personne n’y trouvera une banalisation de l’esclavage ou under quelconque stigmatisation. Évidemment.

Les images néanmoins, et d’autant plus quand elles sont isolées sur les réseaux sociaux, renforcent la cruauté inhérente au sujet même. Il s’agit de dessins accompagnant cette fiction, et tout comme l’esclavage lui-même, les images de l’esclavage sont d’une ignominie sans nom« .

« Si nous contestons fermement les accusations dont nos contempteurs nous accablent, nous avons suffisamment de clairvoyance pour comprendre que la principale intéressée, madame Danièle Obono, ait pu se sentir personnellement blessée par cette fiction. Nous le regrettons et lui présentons nos excuses.

À l’avenir nous maintiendrons la vigilance absolue dont doit faire preuve un journal comme Valeurs actuelles, attaqué quotidiennement. De même que nous continuerons de marcher à rebours de l’air du temps quand il nous semble faire fausse route… »

«Pourquoi tous ceux qui s’indignent de la caricature déplacée de la députée #Obono n’ont pas la même indignation quand il s’agit de caricature tout aussi déplacée de responsables du @RNational_off ou d’autres mouvements?
L’indignation « sélective » est le signature de la mauvaise foi» a écrit sur Twitter l’eurodéputé Thierry Mariani.

La publication, dans son numéro du 27 aout, d’une illustration présentant la députée de la France insoumise avec des chaînes autour du cour a provoqué un tollé ce samedi 29 aout.
Intitulée « Danièle Obono au temps de l’esclavage », la fiction du dernier numéro de Valeurs actuelles qui met en scène la députée LFI au 18ème siècle, a suscité l’indignation de la classe politique. Un dessin en particulier a créé la polémique: on y voit Danièle Obono des chaines autour du cou.

Castex condamne la publication sur Obono

Le Premier ministre Jean Castex a qualifié de “publication révoltante” méritant “une condamnation sans ambiguïté” la représentation faite dans le journal Valeurs actuelles de la députée de Paris Danièle Obono en esclave.

“Cette publication révoltante appelle une condamnation sans ambiguïté”, écrit le chef du gouvernement sur Twitter. “Je partage l’indignation de la députée Danièle Obono et l’assure du soutien de l’ensemble du gouvernement.”

“La lutte contre le racisme transcendera, toujours, tous nos clivages”, a soulginé Jean Castex.

Dans son dernier numéro, Valeurs actuelles annonce en “une” un récit de politique-fiction de “Danièle Obono au temps de l’esclavage”. Cet épisode comporte des dessins présentant la députée La France Insoumise (LFI) comme une esclave.

Cette dernière, qui a reçu le soutien de nombreux responsables politiques de divers bords, a qualifié ce récit de “merde raciste dans un torchon illustrée par les images d’une députée française noire africaine repeinte en esclave”.

Dans un communiqué diffusé le sur Twitter, Valeurs actuelles a défendu “une fiction” dans “l’univers atroce de l’esclavage africain du XVIIIe siècle” dont le contenu “n’a rien de raciste” et dénoncé la “mauvaise foi” de certaines réactions indignées.

Tout en contestant “fermement” les accusations de racisme à son encontre, le journal présente des excuses à Danièle Obono.

La députée Danièle Obono a reçu le soutien d’Emmanuel Macron ce samedi 29 août. Selon les informations de plusieurs sources, le chef de l’Etat a téléphoné à la parlementaire pour lui apporter son soutien. Auprès d’elle, il a également fermement condamné la publication.