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Violences faites aux femmes

Un artiste italien a créé une campagne dénonçant les violences faites aux femmes en détournant les portraits de femmes puissantes et célèbres.

Voilà une campagne qui fait beaucoup parler d’elle en Europe. L’artiste italien AleXsandro Palombo a placardé dans les rues milanaises et espagnoles plusieurs photos pour dénoncer les violences faites aux femmes.

Sur les images, on peut apercevoir Ursula von der Leyen, Kate Middleton, Kamala Harris, Christine Lagarde et la Reine Letizia d’Espagne le visage tumifié. «Elle l’a dénoncé mais personne ne l’a crue. Elle a été abandonnée. Elle n’a pas été protégée. Il n’a pas été arrêté et elle a quand même été tuée», peut-on lire sur les affiches.

Sur les affiches, plusieurs personnalités publiques, comme la duchesse de Cambridge Kate Middleton, la vice-présidente américaine Kamala Harris, la reine Letizia d’Espagne ou encore la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen sont représentées en victimes de violences conjugales.

Sous leur visage tuméfié, on peut lire ces mots: “Elle l’a dénoncé – Mais personne ne l’a crue – Mais elle est restée seule – Mais elle n’a pas été protégée – Mais il n’a pas été arrêté – Mais elle a été tuée quand même”.

La campagne, déjà affichée dans les rues de Paris, mais également de Milan en Italie, ou encore de Los Alcazares, en Espagne, a été financée par le Ministère espagnol de l’égalité et le Secrétariat d’État à l’égalité et à la lutte contre la violence sexiste.

L’artiste explique que son objectif est “d’attirer l’attention sur les faibles réponses apportées par les politiques au problème de la violence sexiste et de mettre en évidence l’inefficacité du système de soutien et de protection des victimes”.

“Pourquoi une femme devrait-elle signaler les violences si, après le signalement, elle n’est pas protégée par les institutions et finit de toute façon par être tuée?”, a-t-il ajouté sur Instagram. “Comment une femme victime d’abus et de violences peut-elle encore avoir confiance dans les institutions?”

Pologne contre les valeurs de l’UE

Strasbourg 21.10.2021 Le Parlement demande à la Commission d’agir sans délai pour défendre les citoyens polonais et les fondements de l’ordre juridique de l’UE, en déclenchant le mécanisme de conditionnalité.

Lors d’un débat animé en plénière avec le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le ministre slovène des affaires étrangères, Anže Logar, la plupart des députés ont condamné la décision contestée du Tribunal constitutionnel polonais du 7 octobre. Ils ont remis en question l’indépendance même de la cour et mis en garde contre le chemin pris par le gouvernement polonais vers le totalitarisme et la régression. Les députés ont rappelé que tous les pays de l’UE avaient adhéré de façon volontaire aux règles communes lorsqu’ils ont rejoint l’Union et qu’il n’existait aucun conflit entre l’ordre juridique de l’UE et la constitution polonaise.

Au nom de la présidence slovène, le ministre Anže Logar a déclaré que la primauté de la loi européenne était un fondement de l’UE et la base de notre vivre ensemble dans une maison européenne commune. Il a souligné que le Conseil débattait de façon intensive de la question de l’État de droit et que la présidence s’engageait à faire avancer les procédures liées à l’article 7.

‘‘L’arrêt du Tribunal constitutionnel polonais remet en question les fondements de l’UE et constitue une attaque directe contre l’unité de l’ordre juridique européen’’, a déclaré la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. C’est la première fois qu’un tribunal d’un État membre conclut que les traités de l’UE sont incompatibles avec une constitution nationale, a-t-elle poursuivi.

Elle a annoncé que la Commission agirait, citant les procédures d’infraction, le mécanisme de conditionnalité et d’autres outils financiers visant à protéger le budget de l’UE contre les violations de l’État de droit, ainsi que la procédure liée à l’article 7, déterminant une violation grave des valeurs de l’UE.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a estimé que la primauté du droit européen ne s’étendait pas au système constitutionnel et que la constitution polonaise était l’acte juridique le plus élevé en Pologne, au-dessus de tout autre principe de droit. Par ailleurs, il a affirmé que des cours constitutionnelles dans d’autres États membres, notamment l’Allemagne, la France, le Danemark, l’Espagne, l’Italie et la Roumanie, avaient rendu dans le passé des décisions similaires à celle faisant actuellement l’objet d’un débat.

Utiliser tous les outils disponibles pour défendre les citoyens polonais

Une majorité de députés ont demandé à la Commission d’utiliser tous les outils à sa disposition pour défendre avant tout les citoyens polonais et de déclencher enfin le mécanisme de conditionnalité de l’État de droit. De plus, ils ont demandé que des procédures d’infraction soient lancées et que le Conseil agisse enfin conformément à l’article 7 (TUE). Les députés ont fait part de leur soutien sans faille aux citoyens polonais qui descendent dans la rue pour défendre l’État de droit, ainsi qu’aux juges et aux procureurs qui continuent à appliquer le droit européen. Ils ont appelé les autorités polonaises à les écouter et à les respecter.

D’autre part, certains députés ont critiqué les institutions de l’UE de ne s’inquiéter de l’indépendance du pouvoir judiciaire et de la séparation des pouvoirs que dans certains États membres, et de se servir de la primauté du droit européen pour attribuer à l’Union davantage de compétences que celles définies initialement dans les traités.

Sommet européen: débat sur la migration

Strasbourg 21.10.2021 Le Parlement appelle le Conseil européen à atténuer la crise des prix de l’énergie et à s’occuper des contrevenants à l’État de droit lors du sommet des 21-22 octobre.

Lors d’un débat mercredi, le 29 octobre, avec la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le ministre des affaires étrangères, Anže Logar, représentant la présidence slovène du Conseil, la plupart des députés ont insisté sur la nécessité d’une approche unie pour alléger la pression exercée par la flambée des prix de l’énergie sur les entreprises et les ménages européens. Ils ont affirmé que l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen était l’avenir, car cela permettra de réduire la dépendance énergétique du continent et de faire avancer l’action climatique en même temps.

Plusieurs intervenants se sont félicités que le thème de la migration puisse figurer à l’ordre du jour du sommet, et attendent des pays de l’UE qu’ils trouvent une solution responsable fondée sur les principes de solidarité et d’humanité.

Certains ont salué l’approche du Conseil consistant à considérer la protection des frontières extérieures comme la priorité absolue dans la recherche de solutions.

Faisant référence au débat de mardi avec le Premier ministre polonais, la plupart des intervenants ont demandé aux chefs d’État ou de gouvernement de prendre une orientation politique claire sur la question du respect de l’État de droit, en donnant un élan au processus de l’article 7 bloqué et en défendant l’État de droit en Pologne et ailleurs.

Alexeï Navalny reçoit le Prix Sakharov 2021

Strasbourg 20.12.2021 Parlement européen: Alexei Navalny is an anti-corruption activist and major political opponent of Russian President Vladimir Putin. Il est un militant anti-corruption et l’un des principaux opposants politiques au Président russe Vladimir Poutine.
Les députés ont décerné le Prix Sakharov 2021 pour la liberté de l’esprit à Alexeï Navalny, politique russe d’opposition et militant anti-corruption.

La vice-présidente du Parlement, Heidi Hautala, a annoncé le nom du lauréat 2021 dans l’hémicycle de Strasbourg, mercredi après-midi, suite à la décision de la Conférence des présidents (Président et chefs des groupes politiques).

Le Président du PE, David Sassoli, a déclaré: « Le Parlement européen a choisi Alexeï Navalny comme lauréat du Prix Sakharov cette année. Il a fait campagne de façon constante contre la corruption du régime de Vladimir Poutine. Grâce à ses comptes sur les médias sociaux et à ses campagnes politiques, il a contribué à dénoncer les abus et à mobiliser le soutien de millions de personnes en Russie. C’est pour ces raisons qu’il a été empoisonné et mis en prison.

En décernant le Prix Sakharov à Alexeï Navalny, nous reconnaissons son incroyable courage et nous rappelons le soutien sans faille du Parlement européen en faveur de sa libération immédiate. »

La vice-présidente Hautala a ajouté: « Cette année, le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit a été décerné à un acteur du changement. Alexeï Navalny a fait preuve de beaucoup de courage dans ses tentatives de restaurer la liberté de choix du peuple russe. Pendant de nombreuses années, il s’est battu pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales dans son pays. Cela lui a coûté sa liberté et presque sa vie. Au nom du Parlement européen, j’appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle.

Aujourd’hui, le Parlement a également rendu hommage aux femmes afghanes qui luttent résolument pour l’égalité et les droits humains dans leur pays et qui avaient été nommées pour le Prix. Nous choisissons de rendre hommage à leur courage car elles sont parmi les premières à être victimes de violations de leurs droits et libertés les plus basiques après la prise de pouvoir des talibans dans leur pays. »

Alexeï Navalny est un homme politique de l’opposition russe, un militant anti-corruption et un adversaire politique majeur du Président Poutine. Il s’est fait connaître sur la scène internationale en organisant des manifestations contre le Président Poutine et son gouvernement, en se présentant aux élections et en appelant à des réformes contre la corruption. Il a été empoisonné en août 2020 et a passé des mois à se rétablir à Berlin. Il a été arrêté en janvier 2021 lors de son retour à Moscou.

Il purge actuellement une peine de trois ans et demi de prison – il lui reste encore plus de deux ans à purger. Désormais incarcéré dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité, il a entamé une longue grève de la faim en mars 2021 pour protester contre le manque de soins médicaux. En juin 2021, un tribunal russe a interdit les bureaux du réseau régional de Navalny et sa Fondation anti-corruption, tous deux classés aujourd’hui comme extrémistes et indésirables par les autorités russes.

Le Prix Sakharov sera officiellement remis lors d’une cérémonie qui se tiendra dans l’hémicycle du Parlement à Strasbourg le 15 décembre. Cliquez ici pour en savoir plus sur les autres finalistes du Prix Sakharov 2021.

UE-Taïwan: la coopération renforcée

Strasbourg 21.10.2021 Le PE appelle à des relations plus étroites avec Taïwan, guidées par la politique ‘‘d’une seule Chine’’, tout en émettant des avertissements sur les tensions dans le détroit de Taïwan.

Les députés considèrent Taïwan comme un partenaire clé de l’UE et un allié démocratique dans la région indopacifique, qui contribue à maintenir un ordre fondé sur des règles au milieu d’une rivalité croissante entre les principaux acteurs géopolitiques de la région.

Préparer le terrain au nouvel accord bilatéral d’investissement

Pour renforcer la coopération, le texte adopté par les députés souligne la nécessité urgente de lancer ‘‘une étude d’impact, une consultation publique et une étude exploratoire’’ sur un accord bilatéral d’investissement entre l’UE et Taïwan. Les députés insistent sur l’importance des relations commerciales et économiques entre les deux parties, notamment sur des questions liées au multilatéralisme et à l’OMC, aux technologies comme la 5G, à la santé publique ainsi qu’à la coopération essentielle sur les fournitures critiques telles que les semi-conducteurs.

Vives inquiétudes relatives à la pression militaire chinoise sur Taïwan

Le rapport exprime par ailleurs la vive inquiétude des députés concernant la poursuite de la belligérance militaire, les pressions, les exercices d’assaut, les violations de l’espace aérien et les campagnes de désinformation de la Chine visant Taïwan. Il demande instamment à l’UE de faire davantage pour répondre à ces tensions et pour protéger la démocratie taïwanaise et le statut de l’île en tant que partenaire important de l’UE.

Les députés rappellent que toute modification des relations entre les deux rives du détroit de Taïwan ne doit être ni unilatérale ni contraire à la volonté des citoyens de taïwanais. Ils rappellent également le lien direct entre la prospérité européenne et la sécurité asiatique et des conséquences pour l’Europe d’un conflit qui se propagerait bien au-delà du domaine économique.

Enfin, les députés proposent de changer le nom du Bureau européen de représentation économique et commerciale à Taïwan en Bureau de l’UE à Taïwan afin de refléter le large éventail des liens entre les deux parties.

Le texte a été adopté par 580 voix pour, 26 contre et 66 abstentions. Il sera disponible ici (21.10.2021).

« Le premier rapport du Parlement sur les relations UE-Taïwan démontre que l’UE est prête à renforcer sa relation avec notre partenaire clé qu’est Taïwan.

La Commission doit maintenant intensifier les relations entre l’UE et Taïwan et poursuivre un partenariat global renforcé avec ce pays. Les travaux relatifs à l’étude d’impact, à la consultation publique et au périmètre de l’accord bilatéral d’investissement avec les autorités taïwanaises, en vue des négociations visant à renforcer nos liens économiques, doivent commencer avant la fin de cette année » le rapporteur Charlie Weimers (ECR, SE) a déclaré.

Royaume-Uni: distance de Cour européenne des droits de l’Homme

Londres souhaite prendre davantage de distance avec le continent. Le ministre britannique de la Justice, Dominic Raab, a déclaré, dimanche 17 octobre, vouloir empêcher la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de « lui donner des ordres ». La loi britannique stipule actuellement que les juges doivent prendre en compte les décisions de la CEDH. Une situation que le gouvernement britannique entend changer.

« Je ne pense pas que ce soit le travail de la Cour européenne de Strasbourg de nous donner des ordres sur des choses comme le NHS [service public de santé], notre protection sociale ou nos forces de police », a déclaré dans une interview au Sunday Telegraph le ministre, qui avait défendu avec ardeur le Brexit. Ces services publics devraient être régis par des « parlementaires élus » plutôt que par une « législation judiciaire », selon lui.

AUKUS: France et l’UE sont exclues

Pierre-Emmanuel Thomann OPINION AUKUS: alliance Anglo-saxonne contre la Chine, et la Russie en excluant la France et l’UE. La France mais aussi l’Union européenne été écartées par l’alliance des trois Etats anglo-saxons, les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni dans le cadre de la stratégie indopacifique.
(Image: L’arc de triomphe de l’Étoile, Paris).

Cette alliance des trois pays anglo-saxons dans l’Indo-Pacifique est exclusive, car elle découle de l’objectif des Anglo-Saxons de ralentir l’émergence du monde multipolaire à l’échelle mondiale, notamment contre la Chine mais aussi contre la Russie. Même si la zone indopacifique devient prioritaire pour les Etats-Unis, le théâtre européen reste d’actualité. La stratégie globale des Anglo-Saxons consiste aussi à empêcher l’éventuelle émergence d’un bloc Ouest-européen autour de la France et l’Allemagne, avec à terme une entente avec la Russie, voire la Chine par voie continentale. Les Etats-Unis ne peuvent pas enrôler la Russie contre la Chine, car non seulement la Russie n’a pas intérêt à une fracture géopolitique en Eurasie avec la Chine, mais si la Russie n’est plus un adversaire, il n’y aurait plus d’obstacle à une entente d’envergure pan-européenne, avec pour conséquence une obsolescence de l’alliance atlantique et du rôle de chef de file des Etats-Unis en Europe.

L’AUKUS ne constitue donc qu’une escalade supplémentaire dans le cadre d’une grande stratégie des Etats-Unis vis à vis de l’Eurasie, avec pour objectif d’empêcher une puissance rivale de contrôler les zones côtières de ce continent (et mettre en danger sa suprématie). Elle trouve sa source dans la doctrine géopolitique de Spykman (endiguement de l’URSS dans les années 1950) reconduite jusqu’à aujourd’hui. La désignation de la Chine et la Russie comme adversaires des Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump, priorité poursuivie par Joe Biden, en découle.

La mise à l’écart de la France et de l’Union européenne n’est évidemment pas fortuite, car la France a été en pointe pour la promotion d’une autonomie stratégique européenne, mais aussi pour une nouvelle architecture européenne de sécurité avec la Russie. Un avertissement est envoyé à l’Allemagne par le même occasion car elle souhaite préserver ses liens commerciaux avec la Chine et ses approvisionnements énergétiques avec la Russie.

AstraZeneca 135M doses pour L’UE

Bruxelles 03.09.2021 La Commission européenne annonce vendredi, le 3 septembre, avoir trouvé un accord avec l’entreprise pharmaceutique AstraZeneca. Cet accord «mettra un terme au litige en cours devant le tribunal bruxellois», communique vendredi matin la Commission européenne.

Via cet accord, la société s’est engagée à livrer toutes les doses de vaccins contre le covid qui étaient prévues par l’accord d’achat anticipé conclu à l’été 2020 (300 millions de doses). La société suédo-britannique va donc livrer aux Etats membres de l’UE «135 millions de doses d’ici la fin de 2021», dont 60 millions avant la fin du 3e trimestre. 65 millions de doses supplémentaires seraient livrées d’ici fin mars 2022.

Dès le début des livraisons du produit développé par AstraZeneca avec l’université d’Oxford, un bras de fer s’était engagé entre la Commission européenne et l’entreprise. AstraZeneca avait rapidement revu à la baisse ses prévisions de livraison pour l’UE, et la Commission l’avait accusée de ne pas respecter le contrat conclu ainsi que sa clause des «meilleurs efforts».

Afghanistan: Sassoli « très decu »

Bruxelles 01.09.2021 Le président du Parlement européen, David Sassoli, s’est dit «très déçu» mercredi de la réunion ministérielle extraordinaire des Vingt-sept qui s’est tenue mardi sur l’Afghanistan, dénonçant le manque de courage des capitales pour offrir l’asile aux réfugiés de ce pays repris par les taliban.

«Nous avons vu des pays extérieurs à l’Union européenne se proposer pour accueillir des demandeurs d’asile afghans, mais nous n’avons pas vu un seul État membre faire de même», a dénoncé le socialiste italien, lors d’un discours au Forum stratégique de Bled (Slovénie, pays qui occupe actuellement la présidence semestrielle du Conseil de l’UE).

«Tous ont pensé à juste titre à ceux qui ont travaillé avec nous et à leurs familles, mais aucun n’a eu le courage d’offrir refuge à ceux dont la vie est encore aujourd’hui en danger. Nous ne pouvons pas prétendre que la question afghane ne nous concerne pas, car nous avons participé à cette mission et en avons partagé les objectifs et les buts», a ajouté M. Sassoli.

Au même évènement, le président du Conseil européen Charles Michel a estimé dans son discours que l’« influence européenne sera notre plus grand défi dans les prochaines années». Faisant référence à l’Afghanistan, il s’est demandé si l’Europe pouvait «se contenter d’une situation dans laquelle nous sommes incapables d’assurer, sans assistance, l’évacuation de nos citoyens et de ceux qui sont menacés pour nous avoir aidés».

Mardi, des ministres des 27 États membres de l’UE, en charge de l’Intérieur ou compétents en matière d’Asile, ont mis l’accent sur l’accueil des réfugiés dans les pays voisins de l’Afghanistan, et les efforts pour éviter une crise humanitaire sur place.

La commissaire européenne en charge de la Migration, Ylva Johansson, a affirmé après la réunion que plusieurs ministres avaient appelé à ce que l’UE s’engage dans des efforts intensifiés de réinstallation de populations vulnérables (migration légale). C’est le cas du Luxembourgeois Jean Asselborn, qui a tancé l’attitude réticente de l’Autriche et de la Slovénie. Il a rappelé que le Royaume-Uni, par exemple, avait déjà annoncé vouloir accueillir 20.000 réfugiés afghans. Mais ni la commissaire ni la présidence slovène du Conseil de l’UE n’ont évoqué d’engagements chiffrés côté européen. La déclaration adoptée ne mettait pas prioritairement l’accent sur cet élément, et la discussion reviendra au menu d’un «forum de haut niveau sur la réinstallation», que la commissaire a promis pour ce mois.

«C’est une approche globale, que les ministres ont présentée», a souligné mercredi un porte-parole de la Commission, Adalbert Jahnz. La réponse n’est donc pas seulement européenne, elle aura lieu «en coopération avec la communauté internationale», ce que salue la Commission, ajoute-t-il. La réinstallation «est aussi une partie de la réponse», a-t-il assuré.

Assassinat du président haïtien

C’est par la voix de Claude Joseph, le Premier ministre, que les Haïtiens ont appris la mort de leur président à leur réveil. « Le président a été assassiné chez lui par des étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol. Ils ont attaqué la résidence du président de la République », a-t-il affirmé. Le sort de son épouse, blessée dans l’attentat qui a eu lieu vers 01h00 heure locale et hospitalisée, était incertain. Certains médias ont annoncé son décès. « Elle reçoit actuellement les soins que son cas nécessite », a dit le Premier ministre. Quelques heures plus tard, l’ambassadeur haïtien aux États-Unis a annoncé que la Première dame haïtienne sera évacué à Miami pour être soignée.

« Ils ont tiré et tué le président et blessé sa femme », a déclaré le Premier ministre, assurant que cette mort « ne resterait pas impunie ». Claude Joseph a promis que « les auteurs, les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu’ils ont fait devant la justice ».

Quelques heures après l’assassinat, de premiers éléments ont commencé à émerger sur le profil des suspects. Les auteurs du meurtre se sont présentés à la résidence du président Jovenel Moïse, disant appartenir à l’agence américaine anti-drogues (DEA), mais leur comportement ne semblait pas conforme à ce statut, selon l’ambassadeur haïtien aux États-Unis, Bocchit Edmond. « C’était une attaque bien orchestrée et ce sont des professionnels », a déclaré le diplomate. « Nous avons une vidéo, et nous pensons qu’il s’agit de mercenaires. »

La police a indiqué mercredi le 7 juillet soir avoir poursuivi les membres présumés du commando aussitôt après l’attaque et que les forces de l’ordre continuaient de mener dans la soirée une opération dans les hauteurs de la capitale Port-au-Prince. « Quatre mercenaires ont été tués, deux ont été interceptés sous notre contrôle », a fait savoir dans une allocution télévisée le directeur général de la police nationale haïtienne. « Trois policiers qui avaient été pris en otage ont été récupérés. » Aucune autre information sur l’identité ou les motivations des auteurs de l’assassinat n’a été divulguée.

Quelques heures après l’annonce de la mort de Jovenel Moïse, le Premier ministre a déclaré l’état d’urgence dans tout le pays, octroyant ainsi des pouvoirs renforcés à l’exécutif. Claude Joseph a aussi appelé la population au calme et fait savoir que la police et l’armée allaient assurer le maintien de l’ordre.

« La situation sécuritaire est sous contrôle », a-t-il assuré, alors que les rues de la capitale Port-au-Prince étaient calmes, sans présence renforcée – pour l’instant – de la police ou des forces de sécurité.

Dans ce contexte faisant redouter un basculement vers l’anarchie généralisée, le Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis et l’Europe appelaient à la tenue d’élections législatives et présidentielle libres et transparentes, d’ici la fin 2021. Jovenel Moïse avait annoncé lundi la nomination d’un nouveau Premier ministre, Ariel Henry, avec justement pour mission la tenue d’élections.

Une mission complexe : gouvernant par décret depuis janvier 2020, sans Parlement, et alors que la durée de son mandat faisait l’objet de contestations, Jovenel Moïse avait mis en chantier une réforme institutionnelle. Cette dernière avait pour but d’apporter un peu de stabilité à un système chancelant : Jovenel Moïse aura nommé pas moins de sept Premiers ministres au cours de son mandat. Le dernier en date, Ariel Henry, n’aura pas pu entrer en fonction.

Dès l’annonce du drame, la République dominicaine a ordonné mercredi le 7 juillet la « fermeture immédiate » de sa frontière avec Haïti, les deux pays se partageant la même île. Le président américain Joe Biden a condamné cet « acte odieux », disant les États-Unis prêts à apporter leur aide au pays en crise.

« Les États-Unis continuent de considérer que les élections de cette année devraient être maintenues », a ajouté le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price lors d’un point-presse, jugeant qu’un scrutin libre « favoriserait le transfert pacifique du pouvoir à un président nouvellement élu ».

Le président Jovenel Moïse a été assassiné par un commando armé mercredi le 7 juillet en pleine nuit à son domicile. Un drame de plus à Haïti, qui s’enfonce dans la crise.

L’Union européenne, elle, s’est inquiétée d’une « spirale de violence » par la voix de son chef de la diplomatie Josep Borrell et Paris a dénoncé un « lâche assassinat ».

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