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L’Iran se vengera après l’attentat d’Ahvaz

Le corps des Gardiens de la révolution islamique, unité d’élite des forces de sécurité iraniennes, ont promis une vengeance “mortelle et sans pitié” au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie à 25 personnes lors d’un défilé militaire à Ahvaz dans le sud-ouest de l’Iran.

Cet attentat, l’un des plus meurtriers jamais commis contre les gardiens, organisation paramilitaire dépendant directement de l’ayatollah Ali Khamenei, constitue un coup dur porté à l’appareil sécuritaire iranien au moment où les Etats-Unis et l’Arabie saoudite tentent d’isoler l’Iran au Moyen-Orient.

Le pouvoir à Téhéran n’a d’ailleurs pas tardé à accuser certains de ses voisins du Golfe, accentuant la tension déjà grande avec le régime saoudien dans la région.

Les Gardiens ont une connaissance complète des centres de déploiement des chefs des terroristes criminels (…) Dans un avenir proche, ils vont affronter une vengeance mortelle et sans pitié”, affirme un communiqué.

Cette mise en garde a été reprise par le président Hassan Rohani qui s’exprimait avant son départ de Téhéran pour participer à New York à l’Assemblée générale des Nations unies.

“La réplique de l’Iran (à cette attaque) viendra, et se fera dans le cadre du droit et de nos intérêts nationaux”, a prévenu Hassan Rohani, en ajoutant que les Etats-Unis regretteraient leur “agressivité”.

Les petits pays fantoches de la région sont soutenus par l’Amérique, et les Etats-Unis (…) leur donnent les capacités nécessaires”, a-t-il continué.

Pour le président iranien, les Etats-Unis soutiennent financièrement et militairement des groupes de l’opposition iranienne issus de la minorité arabe du sud-ouest du pays.

Washington se comporte comme une brute pour laquelle quiconque a un pouvoir peut agir en toute impunité à travers le monde, a-t-il poursuivi. Les Etats-Unis entendent créer une insécurité en Iran mais n’y parviendront pas, a-t-il promis.

 

Etats-Unis vont imposer à l’Iran les sanctions douloureuses

Les Etats-Unis vont imposer à l’Iran les sanctions « les plus dures de l’Histoire« , a promis lundi le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, ce qui lui a valu une vive réaction de Téhéran.

Le chef de la diplomatie américaine a fixé 12 conditions à la levée de ces sanctions, dont le retrait intégral du champ de bataille syrien.

Selon lui, les lacunes de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, que Washington a dénoncé en lui reprochant de ne pas aborder les ingérences de la République islamique dans les conflits du Moyen-Orient ni son programme balistique, mettent le monde en péril.

Les Etats-Unis ne le renégocieront pas et n’auront plus à en respecter les dispositions, a-t-il affirmé. “Les sanctions seront de plus en plus douloureuses si le régime ne sort pas de la voie inacceptable et contre-productive qu’il a choisie pour lui-même et pour le peuple d’Iran. Il s’agira des sanctions les plus dures de l’Histoire”.

Ceux qui continueront à faire des affaires avec Téhéran seront également sanctionnés, a poursuivi Pompeo, annonçant que des émissaires seraient chargés d’aller expliquer la nouvelle politique iranienne des Etats-Unis à leurs alliés.

 

L’accord sur le nucléaire iranien « n’est pas mort »

L’accord sur le nucléaire iranien « n’est pas mort » en dépit de sa dénonciation par les Etats-Unis, a déclaré mercredi (09/05/2018) le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui a annoncé des contacts prochains des Européens avec la République islamique dans l’espoir de le sauver.

Interrogé sur RTL, il a indiqué que le président Emmanuel Macron devait avoir un entretien avec son homologue iranien Hassan Rohani dans l’après-midi et que les chefs de la diplomatie de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni rencontreraient lundi des représentants iraniens.

Non, cet accord n’est pas mort”, a-t-il dit en soulignant que les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2015 avaient montré que l’Iran respectait ses engagements.

“Nous voulons rester dans cet accord, faire en sorte aussi que l’Iran y reste, que l’Iran fasse preuve de retenue”, a ajouté le ministre. “Il faut que les Iraniens poursuivent cette détermination à rester dans l’accord en échange d’avantages économiques que les Européens vont essayer de préserver (…)C’est l’intérêt de l’Iran”.

Sur ce dernier point, Jean-Yves Le Drian a indiqué que le gouvernement réunirait dans ‘les jours qui viennent”, les entreprises françaises qui ont signé des contrats avec l’Iran “pour essayer au maximum de les préserver” des sanctions que les Etats-Unis vont rétablir.

Mogherini défend d’accord nucléaire

« L’Union européenne regrette la déclaration faite aujourd’hui par le président des Etats Unis sur l’accord nucléaire [plan d’action global commun (#JCPOA). Dans le cas où les Etats-Unis reconsidèreraient leur position, nous l’accueillerons positivement. Les Etats-Unis restent notre plus proche partenaire et ami, et nous continuerons de travailler ensemble dans de nombreux autres domaines’ – la Haute Représentante Federica Mogherini  à l’annonce la position de l’UE suit à la décision du Président des Etats-Unis concernant l’accord nucléaire avec l’Iran (#JCPOA).

« Comme nous l’avons toujours dit, l’accord nucléaire n’est pas un accord bilatéral et un seul pays ne peut pas y mettre fin de manière unilatérale. L’accord nucléaire avec l’Iran a été endossé à l’unanimité par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il constitue un élément clé de l’architecture mondiale de non-prolifération nucléaire. L’accord est d’autant plus pertinent que nous constatons des signaux encourageants dans la perspective de dénucléarisation de la péninsule coréenne. L’accord nucléaire est crucial pour la sécurité de la région, de l’Europe et du monde entier. »

« Tant que l’Iran continuera de mettre en œuvre ses engagements nucléaires [sous l’accord], comme il le fait jusqu’à présent, l’Union européenne restera engagée à poursuivre la mise en œuvre complète et effective de l’accord nucléaire. Nous faisons entièrement confiance au travail, à la compétence et à l’autonomie de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a publié 10 rapports certifiant que l’Iran a pleinement respecté ses engagements. »

« La levée des sanctions liées au nucléaire est une partie essentielle de l’accord. L’Union européenne a souligné à plusieurs reprises que la levée des sanctions liées au nucléaire avait non seulement un impact positif sur les relations commerciales et économiques avec l’Iran mais aussi et surtout des avantages cruciaux pour le peuple iranien. L’Union européenne s’engage pleinement à faire en sorte à ce que cela continue. »

« Je suis particulièrement inquiète par l’annonce de nouvelles sanctions. Je vais consulter tous nos partenaires dans les prochaines heures et dans les prochains jours pour évaluer leur implications. L’Union Européenne est déterminée à agir pour protéger ses intérêts sécuritaires et économiques. »

« L’accord nucléaire avec l’Iran est l’aboutissement de 12 années de diplomatie. Il appartient à l’ensemble de la communauté internationale. L’accord fonctionne et remplit son objectif : garantir que l’Iran ne développe pas d’armes nucléaires. L’Union européenne est déterminée à le préserver. Nous attendons du reste de la communauté internationale qu’il continue à faire sa part pour garantir que l’accord continue à être pleinement mis en œuvre, dans l’intérêt de notre sécurité collective. »

« Permettez-moi de conclure avec un message aux citoyens et dirigeants iraniens. Pour chacun d’entre eux : Ne laissez personne démanteler cet accord. C’est l’une des plus grandes réussites que la diplomatie n’ait jamais connu, et nous avons construit cela ensemble. C’est la démonstration que des solutions « gagnant-gagnant » sont possibles, à travers le dialogue, l’engagement et la persévérance. C’est la démonstration qu’un terrain d’entente peut être trouvé, même lorsque les positions et les intérêts semblent diverger. Ce respect peut être un langage universel. »

Etats-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien

Le président américain, Donald Trump, a annoncé mardi (08/05/2018) que les Etats-Unis se retiraient de l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien (#JCPOA) et allaient rétablir les sanctions américaines contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien« , a dit le président Trump en direct à la télévision.

« Il s’agissait d’un abominable accord unilatéral qui n’aurait jamais jamais dû être conclu”, a estimé Donald Trump en ajoutant: « Il n’a pas apaisé la situation. Et il n’a pas apporté la paix. Et il ne l’apportera jamais« .

Il est évident, à mes yeux, qu’avec la structure fragilisée et pourrie de l’accord actuel, on ne peut empêcher l’Iran de se doter d’une bombe nucléaire”, a-t-il dit aussi. « L’accord sur l’Iran est vicié en son coeur même« , a estimé le président américain en déclarant qu’il était prêt à conclure un nouvel accord avec l’Iran quand ce pays y serait disposé.

D’accord iranien comme la boite de Pandore

Un retrait américain de l’accord conclu en 2015 sur le programme nucléaire iranien pourrait aboutir au déclenchement d’une guerre, a prévenu le président français, Emmanuel Macron, dans un entretien publié dimanche par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

« Nous ouvririons la boîte de Pandore. Il pourrait y avoir une guerre », a-t-il déclaré au magazine, tout en disant penser que telle n’était pas l’intention de son homologue américain, Donald Trump.

Deux responsables de la Maison blanche et une source proche de l’administration américaines déclaraient que Donald Trump avait déjà quasiment décidé de sortir de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

Cet accord conclu entre Téhéran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne (P5+1) a conduit l’Iran à mettre son programme nucléaire en sourdine en échange d’un allègement des sanctions économiques imposées pendant des années à la République islamique.
 La tension est montée à l’approche de l’échéance du 12 mai fixée par le président américain concernant l’accord signé à Vienne. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne restent attachés à l’accord nucléaire en tant que tel, mais désormais, pour éviter que Washington ne s’en retire, ces pays européens souhaitent engager des discussions avec Téhéran sur son programme de missiles balistiques et sur ses activités nucléaires au-delà de 2025 – année où les clauses principales de l’accord expireront -, mais aussi sur son rôle dans des conflits du Moyen-Orient comme la Syrie et le Yémen.