Archives des étiquettes : Syrie

Intérêts de la France au Haut-Karabakh

Quels intérêts géopolitiques de la France au Caucase du Sud?
OPINION Pierre-Emmanel Thomann – géopolitologue La France est l’État-membre de l’OTAN et de l’UE qui a eu la position la plus proche de la Russie au sujet du Haut-Karabagh avec la dénonciation de la présence de mercenaires islamistes syriens envoyés par la Turquie. Elle n’a cependant apporté qu’un soutien moral à l’Arménie, cherchant à maintenir une position neutre en raison de son rôle au processus de Minsk. La diplomatie Française est pourtant en recul puisque le groupe de Minsk de l’OSCE, dont elle partage la co-présidente avec la Russie et les Etats-Unis, a été marginalisé lors de l’accord de cessez-le-feu négocié par la Russie. La Russie est de toute manière le seul État qui avait toutes les cartes en main pour stopper le conflit au Haut-Karabagh en faisant pression sur la Turquie et les belligérants.

Au sujet du Haut-Karabagh, la France et l’Allemagne n’ont pas négocié de réponse commune en raison de leurs positions divergentes vis à vis de la Turquie, mais aussi à propos de la Russie. La France est l’État le plus en pointe pour s’opposer à l’expansion de la Turquie en Méditerranée orientale et pour promouvoir une nouvelle architecture de sécurité européenne avec la Russie. Vis à vis de la Turquie, l’Allemagne préfère la négociation à la confrontation. L’Allemagne cherche avant tout à préserver l’unité de l’OTAN et ne veut pas mettre en cause ses liens économiques ni ses flux migratoires avec la Turquie. Elle possède une très grande diaspora turque, et elle est prisonnière du chantage turc après avoir confié à la Turquie la garde des frontières de l’UE, lors de la crise migratoire en 2015.

Les enjeux géopolitiques du Caucase du Sud, au carrefour de l’Europe et de l’Asie, concernent pourtant l’Europe toute entière et en particulier la France qui a, en plus, des intérêts stratégiques en Méditerranée orientale, même si le Caucase n’a jamais fait partie de son pré-carré. La France possède aussi un héritage civilisationnel commun avec l’Arménie chrétienne et une forte diaspora arménienne assimilée à la nation française. Or l’expansionnisme territoriale de nature pan-turquiste et islamiste de la Turquie menace l’Arménie, avant-poste oriental de la civilisation occidentale, et risque aussi de déstabiliser la Méditerranée et l’Europe balkanique, avec des prolongements sur le territoire européen en raison de la présence des diasporas turques qui sont autant de leviers pour le président Recep Tayyip Erdogan.

Le Caucase étant éloigné de la France et faisant partie de la zone d’influence russe, une posture spécifique de la France qui aille au delà de l’aide humanitaire et culturelle pour protéger le patrimoine de la région n’en demeure pas moins importante. C’est la présence militaire russe qui sera décisive pour protéger le Haut-Karabagh, mais la France peut aider à stabiliser la situation. S’impliquer dans le Caucase du Sud permet aussi à la France de faire pression sur la Turquie en la prenant à revers.

Outre la promotion de la stabilité pour tous les peuples du Caucase, son rôle devrait avoir pour objectif d’endiguer l’expansionnisme turc, mais avant tout sur les territoires où elle peut jouer un rôle décisif, c’est à dire en Méditerranée orientale. Dans son rôle de défenseur de la liberté des nations, Arménie et Azerbaïdjan comprises, la France a pourtant aussi un rôle à jouer pour contribuer à ce que le Haut-Karabagh ne soit pas conquis dans son entièreté lors d’un conflit futur. La Turquie considère que l’Arménie est un obstacle à ses ambitions territoriales panturques, et va jusqu’à considérer que la Turquie et l’Azerbaïdjan sont deux États pour une même nation. L’Azerbaïdjan était un État resté jusqu’à présent indépendant et laïque. Il serait judicieux d’éviter une emprise croissante de la Turquie sur l’Azerbaïdjan.

Pour atteindre cet objectif, c’est une politique d’alliances régionales qui serait adéquate. La seule manière pour les Français de renforcer leur poids dans leur proximité géographique est de se rapprocher au niveau bilatéral de la Russie pour endiguer la Turquie, avec les États européens favorables à cette approche, notamment la Grèce, Chypre et l’Italie, et dans le mesure du possible, l’Allemagne. Un rapprochement avec les pays riverains de la Méditerranée comme l’Egypte et la Syrie serait aussi utile. La Russie se trouverait ainsi moins seule dans son objectif de contenir la Turquie. Dans le cas contraire, la Russie sera tentée de s’accorder avec la Turquie contre les intérêts des États européens. Si la France ne cherche pas à construire des alliances européennes plus ciblées, en coordination avec la Russie qui se renforce aussi dans le pourtour géographique de l’UE, elle risque d’être écartée non seulement du Caucase, mais des zones plus proches et stratégiques pour ses intérêts en Syrie et en Libye.

Une inflexion de la position des États-Unis n’est pas non plus à exclure, même si les fondamentaux géopolitiques vont se prolonger. Si la nouvelle administration aux États-Unis se préoccupe de leur alliance avec les Européens, c’est le moment pour eux d’essayer de faire passer le message que l’impunité de la Turquie et l’hostilité envers la Russie ne correspondent ni aux intérêts de la France ni aux intérêts de l’Europe.

La réactivation du groupe de Minsk (bien que ce format n’ai pas été décisif pour l’obtention de l’accord de cessez-le-feu) peut à nouveau jouer un rôle à l’avenir car la Russie a peut-être intérêt à ne pas donner trop d’espace à la Turquie, mais cela dépend aussi de la bonne volonté des Européens. Des initiatives pour contrer et faire pression sur la Turquie peuvent être complémentaires, notamment au sein de l’Union européenne (avec la remise en cause de l’accord douanier et les aides de préadhésion entre l’UE et la Turquie), au Conseil de l’Europe, ou au moyen de coalition plus restreintes si cela s’avère impossible en raison des désaccords entre États-membres.

Contrairement à ce qui est affirmé par la diplomatie française, la France n’est pas obligée de maintenir une position de stricte neutralité (qui est par contre dans l’intérêt de la Russie), d’autant plus que la Turquie soutient ouvertement l’Azerbaïdjan et cherche à marginaliser la France. C’est bien évidemment aussi pour défendre le principe de l’équilibre en Europe et en Eurasie que la France devrait exprimer une position plus claire. Si à l’avenir, le rôle de médiateur de la Russie restera central, l’alliance turco-azérie avec le soutien non explicite des États-Unis et du Royaume-Uni en plus de la complaisance de l’OTAN et de l’UE, aboutit à une configuration très déséquilibrée en défaveur des Arméniens. La France, en soutenant de manière plus franche l’Arménie, en coordination avec les alliés européens les plus proches comme la Grèce et Chypre, pourrait contribuer à rétablir la balance vis à vis de la Turquie, en synergie avec la Russie.
La France pourrait aussi soutenir un processus d’autodétermination pour les Arméniens du Haut-Karabagh. Toutefois cette option ne serait possible que dans le cadre d’une négociation plus globale entre grandes puissances pour résoudre les différents « conflits gelés » dans l’ « étranger proche » de la Russie, c’est à dire une nouvelle architecture européenne et eurasienne de sécurité.

En ce qui concerne le Haut-Karabagh, plusieurs scénarios sont envisageables :
-soit les Arméniens du Haut-Karabagh déclarent leur indépendance après un processus d’autodétermination, et fusionnent éventuellement avec l’Arménie, mais cette option rencontrera l’opposition de l’Azerbaïdjan et la Turquie (les troupes russes seraient perçues comme troupes d’occupation),
-soit le Haut-Karabagh se vide progressivement de ses habitants faute de perspectives et deviendra un territoire investi par les Azéris, option qui rencontrera l’opposition des Arméniens et des Russes (il n’y aurait plus de raison pour la présence des troupes russes d’interposition),
-Soit les Arméniens du Haut-Karabagh choisissent l’autodétermination, mais de manière officieuse en renforcent leurs liens avec la Russie qui leur octroierait des passeports russes, un peu comme en Abkhazie et Ossétie du Sud ; cette option permet aux troupes russes d’interposition de rester ( d’où la réticence des Arméniens du Haut-Karabagh à fusionner avec l’Arménie et de préserver les intérêts de la Russie pour endiguer l’expansion géopolitique de l’OTAN et de la Turquie) ; ce scénario d’un protectorat russe sous le régime de l’ambiguïté est la plus susceptible à ce stade d’offrir la sécurité aux habitants du Haut-Karabagh en raison des rivalités géopolitiques entre les puissances impliquées et si les perspectives de nouvelle architecture de sécurité européenne et eurasienne ne se matérialisent pas.
La clé de la résolution du conflit ne réside donc pas dans une négociation limitée aux enjeux du Haut-Karabagh, ni dans la mise en œuvre des résolutions des Nations Unies et des recommandations du groupe de Minsk selon une approche purement normative, mais dans l’émergence d’une nouvelle configuration géopolitique à l’échelle européenne et eurasienne qui permette de stabiliser les zones d’influences entre grandes puissances, c’est à dire négocier une nouvelle architecture de sécurité européenne et eurasienne (voir schéma : le chaînon manquant de la sécurité européenne).

Perspectives: la pertinence d’une nouvelle architecture de sécurité européenne et eurasienne
Pour une résolution des différents « conflits gelés » sur le flanc oriental de l’Europe, en particulier le Haut-Karabagh dont l’avenir n’est toujours pas déterminé, une nouvelle architecture de sécurité européenne et eurasienne de sécurité reste donc pertinente à l’avenir. Il est illusoire de croire à la résolution des différents conflits au cas par cas, car ils font partie d’une problématique systémique plus large, la rivalité entre la Russie, la Turquie, et les États-Unis. Ils peuvent être réactivés à tout moment en fonction des évolution des rapports de force.

Tant que la menace d’un élargissement de l’OTAN pèsera sur l’étranger proche de la Russie, et que l’UE se considèrera comme une entité complémentaire à l’OTAN, il n’y aura pas d’avancée significative. Il est aussi un intérêt pour la France à promouvoir cette nouvelle architecture européenne de sécurité avec la Russie, pour un meilleur équilibre géopolitique en Europe et Eurasie selon la vision gaullienne de l’Atlantique à l’Oural (au pacifique dirait t’on aujourd’hui). Cela exige un arrêt de l’élargissement de l’OTAN, mais aussi de l’UE, afin que l’Europe ne soient plus le théâtre de la rivalité russo-américaine. selon une vision exclusivement euro-atlantiste.
Perspectives: la pertinence d’une nouvelle architecture de sécurité européenne et eurasienne
Pour une résolution des différents conflits gelés sur le flanc oriental de l’Europe, en particulier le Haut-Karabagh dont l’avenir n’est toujours pas déterminé, une nouvelle architecture de sécurité européenne et eurasienne de sécurité reste pertinente à l’avenir. Il est illusoire de croire à la résolution des différents conflits au cas par cas, car ils font partie d’une problématique systémique plus large, la rivalité entre la Russie, la Turquie, et les États-Unis. Ils peuvent être réactivés à tout moment en fonction des évolution des rapports de force.

Tant que la menace d’un élargissement de l’OTAN pèsera sur l’étranger proche de la Russie, et que l’UE se considèrera comme une entité complémentaire à l’OTAN, il n’y aura pas d’avancée significative. Il est aussi de l’intérêt de la France de promouvoir cette nouvelle architecture européenne de sécurité avec la Russie, pour un meilleur équilibre géopolitique en Europe et Eurasie selon la vision gaullienne de l’Atlantique à l’Oural (au Pacifique dirait t’on aujourd’hui). Cela exige un arrêt de l’élargissement de l’OTAN, mais aussi de l’UE, afin que l’Europe ne soient plus le théâtre de la rivalité russo-américaine. selon la vision euro-atlantiste exclusive.

Syrie et la crise migratoire

Pierre-Emmanuel Thomann – Géopolitologue Un comité constitutionnel  pour la Syrie a été créé fin septembre 2019. Ce comité est issu  de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée fin 2015. Ce comité comprend 150 membres (50 choisis par le gouvernement, 50 par l’opposition et 50 par l’Onu parmi la société civile). L’objectif est la rédaction de la future constitution syrienne qui permettra d’organiser des élections  pour la prochaine présidentielle programmée en 2021 et préparer l’avenir de la Syrie post-conflit. Le dernier scrutin s’est déroulé en 2014 et s’était conclu par une très large victoire de Bachar Al-Assad, reconduit avec 88,7% des suffrages. 

Pour préparer la première réunion de ce comité qui a eu lieu le 30 octobre, l’envoyé spécial pour la Syrie de l’Onu avait procédé à des entretiens le  mardi 28 octobre 2019, avec les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Iran et celui de la Turquie .

La réussite de comité est indispensable afin de préparer les conditions favorables pour un règlement  de la crise et mettre définitivement fin au conflit sanglant en Syrie

https://twitter.com/frontex/status/1194266503719333889?s=21

Il est également dans l’intérêt des Etats-membres de l’Union européenne que cette démarche réussisse, pour créer les conditions d’un retour des personnes déplacées par le conflit, et réduire le nombre de réfugiés dans les Etats européens. Il est en effet nécessaire d’assécher les flux vers l’Europe, et donc réduire l’impact de la crise migratoire qui menace les fondements de l’UE.   

L’Union européenne aurait donc tout intérêt à soutenir ce comité constitutionnel  afin que Bruxelles apporte sa contribution dans le règlement de cette crise, et aussi priver par la même occasion  la Turquie de son chantage consistant à menacer de faire gonfler artificiellement les flux de réfugiés vers l’Europe  afin d’obtenir plus de financements.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’OTAN: la morte vivante

A un mois du sommet des 70 ans de l’Otan, les propos de Président Macron sur une Alliance atlantique en état de “mort cérébrale” provoquent une onde de choc et relancent la polémique sur la raison d’être de l’organisation, déjà sous le coup des critiques répétées à partir de la guerre en Afghanistan. (Image: archive)

https://twitter.com/sputnik_fr/status/1193019632271155200?s=21

Depuis sa diffusion l’interview de Emmanuel Macron dans The Economist n’en finit plus de susciter des remous, de Berlin – où la chancelière Angela Merkel a pris ses distances avec un jugement “radical” – à Moscou où le ministère des Affaires étrangères a salué des “paroles sincères”. 

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a pour sa part assuré que l’Alliance était “forte”, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a insisté sur son “rôle extrêmement important” et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a estimé que l’Otan restait “historiquement un des partenariats stratégiques les plus importants”. 

https://twitter.com/lemondefr/status/1192449321813336065?s=21

Les déclarations du Président – notamment sur le devenir de l’article 5 de l’Alliance atlantique, pierre angulaire du traité qui prévoit une solidarité automatique en cas d’agression contre un des Etats membres – laissent présager de vifs débats à Londres les 3 et 4 décembre entre les pays membres.

https://twitter.com/lucdebarochez/status/1192520148294545409?s=21

La position française est toutefois loin d’être une surprise. Le chef d État avait déjà donné le ton à l’issue du dernier Conseil européen à Bruxelles le 18 octobre, fustigeant “la faute lourde” de l’Otan et émettant des doutes sur la stratégie de l’alliance face aux crises contemporaines après l’offensive turque en Syrie. 

https://twitter.com/afpfr/status/1192391745088237568?s=21

“L’Otan en tant que système ne régule pas ses membres”, Macron a dit à ‘The Economist’. “C’est quoi, l’article 5 demain ? C’est-à-dire que si le régime de Bachar al Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager, c’est une vraie question”. 

“Il faut clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégiques que l’on veut poursuivre au sein de l’Otan”, ajoute-t-il.

L’Etat islamique a nouveau chef de guerre

L’Etat islamique (EI) a confirmé la mort de son chef Abou Bakr al Baghdadi et annoncé la nomination de son successeur, Abi Ibrahim al Hashemi al Qourashi. 

https://twitter.com/rita_katz/status/1189924858571952128?s=21

L’organisation terroriste a fait cette annonce via son organe de communication Amaq quatre jours après l’annonce, par les Etats-Unis, de la mort d’Abou Bakr al Baghdadi, qui avait proclamé le califat le 29 juin 2014. 

https://twitter.com/afpfr/status/1189991931968921602?s=21

Le dirigeant de l’EI a été tué lors d’un raid militaire américain dans le nord-ouest de la Syrie, selon le récit qu’en a fait Président Trump.

Al-Qaïda: femme et enfants rentrent la Belgique

L’État belge a été condamné à rapatrier une mère belge Hafsa Sliti, 23 ans, et ses deux enfants détenus dans un camp syrien sous contrôle kurde, annoncé RTBF. À son retour, la femme initialement partie pour retrouver son père, ancien terroriste, sera jugée.

Vivant en Syrie, une mère belge et ses deux enfants devront être rapatriés en l’espace de 75 jours, selon une décision prise par le tribunal de première instance de Bruxelles, indique la Radio et télévision publique belge francophone (RTBF). Il s’agit de la première décision délivrée par cette instance sans les séparer de leur mère en lien avec des terroristes.

L’avocat de la famille, cité par la chaîne de télévision et l’AFP, l’a qualifiée de «vraie révolution en droit» et a souligné ce changement dans le domaine juridique: « En juin, une décision favorable a été délivrée pour rapatrier les enfants. Cette fois-ci, les enfants et la mère seront rapatriés ».

Âgée de 23 ans, la femme a quitté la Belgique en 2015 pour la Syrie afin de rejoindre son père, ancien membre d’Al-Qaïda. Depuis février 2018, elle se trouve avec ses deux enfants, âgés d’un an et demi et trois ans, dans le camp syrien d’Al-Roj, contrôlé par les Kurdes. Selon son avocat, interrogé par l’AFP, l’un des enfants est né pendant le conflit, et l’autre dans le camp.

Plus tard, la Belge a regretté son choix et déclaré son envie de rentrer en Belgique et de purger sa peine. Via une organisation non-gouvernementale, elle a intenté une procédure en urgence pour recevoir des documents de voyage pour elle et ses enfants de la part des autorités belges.

Selon la décision prise par la justice, la mère et ses enfants ne seront pas séparés à leur retour en Belgique, avant que la femme ne soit entendue par les magistrats.

Nationalité suisse retirée

Pour la première fois, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a jugé que les conditions étaient remplies pour retirer la nationalité suisse à un binational. Cet homme a été condamné pour propagande et recrutement en faveur d’une organisation terroriste islamiste, ce qui justifie sa déchéance.

Selon la loi sur la nationalité, la citoyenneté suisse peut être retirée à un double national dont la conduite porte une atteinte grave aux intérêts et à la réputation de la Suisse, en particulier dans le cas d’activités terroristes. «La personne en question a mis en danger la sécurité intérieure de notre pays, commente Daniel Bach, chef du service d’information du SEM. Par conséquent, notre secrétariat d’Etat, en se fondant sur la loi, la prive de la nationalité suisse.» 

Selon les sites web de la presse alémanique, il s’agit d’un homme de 33 ans, qui possède la double nationalité suisse et turque et réside au Tessin. Il a été condamné en 2018 à une peine privative de liberté de 2 ans et demi, avec sursis partiel, et a purgé sa peine ferme de 6 mois de prison. Selon son jugement, il a été reconnu coupable d’avoir œuvré, au Tessin et en Italie du Nord, en faveur de l’organisation terroriste islamiste, Al-Nusra. Outre ses activités de propagande, il a aidé deux hommes à rejoindre le djihad dans les zones de guerre en Syrie et en Irak, sans y avoir été lui-même.

Djihad: retour des combattants français et familles

Le dernier bastion de l’Etat islamique (EI) est tombé. Quelle est la situation sur place, alors que de nombreux djihadistes français sont détenus dans des prisons comme dans des camps ? Gwendoline Idelon, analyste pour le Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT), décrit ce qu’elle a vu en se rendant dans le nord de la Syrie.

Dans quel état est le nord-est de la Syrie, cette région contrôlée par les forces kurdes?  Gwendoline Idelon décrit ce qu’elle a vu en se rendant dans le nord de la Syrie, et ce qu’elle a pu apprendre en rencontrant sur place magistrats, diplomates et chefs militaires. 

« Nous avons pu rapidement nous rendre compte que l’Etat Islamique n’avait pas disparu du nord-est syrien », explique-t-elle. « Le retour au calme est loin d’être acquis. Depuis mars, on a enregistré près de 400 attaques terroristes dans le nord est syrien. A Raqqa, détruite à plus de 80%, le climat de tension est encore palpable. Les forces kurdes se tiennent en périphérie de la ville, pour éviter les heurts avec la population arabe qui y vit, pour la plupart sympathisant de l’idéologie de l’EI. »

« Il est impératif pour nous que ces djihadistes français soient rapatriés parce que l’on pense qu’il n’est pas concevable pour les victimes du terrorisme que des individus potentiellement impliqués dans des attentats en France, et il y en a plusieurs, échappent à la justice de ce pays », souligne Gwendoline Idelon.

« Ils doivent répondre de leurs actes ici, en France. Il y a un réel risque de fragmentation de la menace. Actuellement, 400 terroristes français sont détenus. C’est autant de revenants sur le territoire national. Mais il y encore 300 djihadistes français qui sont sur le territoire syrien, mais non détenus. D’autres ont réussi à gagner des zones de combat en Afghanistan et en Libye Ils sont en train de se disperser ; c’est maintenant qu’il faut agir, ou l’on va perdre totalement le contrôle sur ces individus. Et rien ne les empêchera de revenir en France pour perpétrer des attaques » Idelon a résumé.

Pape Francois plaide pour « fraternité »

Dans son traditionnel Urbi et Orbi Pape Francois a plaidé de resoudre de conflit de la planète, le souverain pontife a appelé la communauté internationale à « œuvrer résolument » pour que les réfugiés syriens « puissent retourner vivre en paix dans leurs pays ».

Que la fête de Noël «  permette aux Israéliens et aux Palestiniens de reprendre le dialogue et d’entreprendre un chemin de paix qui mette fin à un conflit » de soixante-dix ans, a-t-il dit.

Le pape a aussi exprimé sa proximité avec les communautés chrétiennes de la « bien-aimée » Ukraine, à un moment de fortes tensions religieuses avec la Russie.

Sommet sur la Syrie

Le président français participait  au sommet Turquie-Russie-Allemagne-France sur la Syrie à Istanbul.

Emmanuel Macron a appelé la Russie à « exercer une pression très claire sur le régime syrien » pour garantir un « cessez-le-feu stable et durable à Idleb« , province rebelle dans le nord-ouest de la Syrie.

« Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression très claire sur le régime, qui lui doit sa survie », a-t-il déclaré lors d’une déclaration conjointe sur la Syrie à Istanbul.

 

 

Trump-Poutine discuteront de la crise syrienne

Donald Trump et Vladimir Poutine vont enfin avoir leur sommet, un an et demi après l’arrivée du président américain à la Maison Blanche. Les deux dirigeants vont se retrouver en terrain neutre, à Helsinki en Finlande le 16 juillet prochain.

Jeudi 28 juin, la chaîne de télévision CNN se référant à des sources diplomatiques a annoncé que le Président américain avait l’intention d’atteindre un accord avec son homologue russe qui permettrait de retirer les troupes américaines de Syrie le plus vite possible.

Dans le même temps, la partie russe est persuadée que les deux dirigeants discuteront de la crise syrienne de manière approfondie. «Une conversation substantielle est prévue», a promis Dmitri Peskov.

 

« Entrées précédentes