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Navalny: sanctions contre la Russie

La France et l’Allemagne vont proposer aux autres pays de l’Union européenne d’imposer des sanctions supplémentaires contre la Russie en raison de l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, annoncent le 7 octobre les ministres français et allemand des Affaires étrangères dans un communiqué conjoint.

Reprochant à Moscou de n’avoir pour l’instant apporté “aucune explication crédible” à cet empoisonnement au Novitchok, un agent neurotoxique militaire, sur le territoire russe, Paris et Berlin “transmettront à leurs partenaires européens des propositions de sanctions additionnelles” contre la Russie, précisent Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas.

“Ces propositions viseront des personnes que nous considérons comme responsables de ce crime et de cette violation des normes internationales, en raison de leurs fonctions officielles, et une entité impliquée dans le programme Novitchok.”

N.Karabakh: Stepanakert sous la frappe

Les combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais pour le Nagorny Karabakh faisaient toujours rag de nouvelles frappes azerbaïdjanaises ayant touché la principale ville de la région séparatiste et Bakou répétant sa détermination, même si Erevan a entrouvert la porte d’une médiation.

Parallèlement, la France a accusé la Turquie d’envenimer la situation en envoyant, selon elle, des « jihadistes » de Syrie pour combattre avec les Azerbaïdjanais. Des accusations démenties par Bakou et qu’Ankara n’a pas officiellement commenté.

Mais selon les décomptes de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 28 combattants pro-Ankara ont péri depuis le début des hostilités.

Vladimir Poutine, sans accuser directement la Turquie, a exprimé pour la première fois sa « profonde préoccupation » quant à leur présence supposée au Karabakh, lors d’un entretien avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

Témoignant de la recrudescence des combats, Stepanakert, 50.000 habitants environ, a été de nouveau touchée par des frappes dans la soirée, forçant les habitants à se réfugier dans les caves ou des abris, selon un correspondant de l’AFP.

Un responsable séparatiste, Grigori Martyrossian, a assuré aux journalistes que « des bâtiments publics, résidentiels et des infrastructures » ont été endommagés, ajoutant toutefois qu’il n’était pas question d’évacuer la ville.

Un autre haut-représentant du Nagorny Karabakh, Artak Beglarian, a précisé à la presse que « pour la première fois, Stepanakert a été touchée par des systèmes de missiles lourds » et fait état de dix blessés dans la ville.

Dans un communiqué, la diplomatie arménienne a amorcé le 2 octobre une timide ouverture, se disant prête à « s’engager » avec les trois pays chargés de la médiation, France, Etats-Unis et Russie, pour « rétablir un cessez-le-feu ».

Mais au sixième jour des affrontements, les hostilités n’ont qu’une issue selon Bakou: le retrait arménien du Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d’Arméniens et qui a fait sécession à la chute de l’URSS.

« Si l’Arménie veut voir la fin de cette escalade, (…) l’Arménie doit mettre fin à l’occupation », a déclaré à la presse Hikmet Hajiyev, conseiller de la présidence azerbaïdjanaise.

Macron demande reponses sur Navalny

Président Macron a exigé le 22 Septembre des réponses immédiates de la Russie sur l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, ajoutant que la France n’accepterait pas que soient franchies ses lignes rouges concernant l’utilisation d’armes chimiques.

“Nous ne tolérerons pas que des armes chimiques soient employées en Europe, en Russie comme en Syrie”, a déclaré le président français lors d’une intervention à distance devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Au nom de la sécurité collective, je redis ici à la Russie la nécessité que toute la lumière soit faite sur la tentative d’assassinat contre un opposant politique à l’aide d’un agent neurotoxique, le Novitchok”, a-t-il ajouté.

“Cette clarification doit être rapide et sans défaut, car nous ferons respecter nos lignes rouges. Et en la matière, la France a toujours été au rendez-vous de l’effectivité des lignes rouges fixées depuis que je suis président de la République”, a encore dit Emmanuel Macron.

Alexeï Navalny a été victime d’un malaise le 20 août à bord d’un avion entre la Sibérie et Moscou après avoir bu du thé à l’aéroport. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août en Allemagne.

Berlin a annoncé au début du mois que les examens médicaux pratiqués sur Alexeï Navalny prouvaient qu’il avait été empoisonné au Novichok, une accusation rejetée par Moscou. La France a déclaré le 14 septembre dernier qu’elle partageait les conclusions de l’Allemagne sur la base de ses propres analyses.

Macron-Poutine: enquête sur tentative d’assassinat Navalny

Emmanuel Macron, qui s’est entretenu le 14 septembre avec Vladimir Poutine, lui a confirmé que la France partageait “sur la base de ses propres analyses” les conclusions relatives à la “tentative d’assassinat” de l’opposant russe Alexeï Navalny, rapporte l’Elysée.

Le président de la République a marqué sa profonde préoccupation sur l’acte criminel perpétré à l’encontre de M. Alexeï Navalny et l’impératif que toute la lumière soit faite, sans délai, sur les circonstances et les responsabilités de cette tentative d’assassinat”, précisent les services de la présidence dans un communiqué.

Il a souligné que la France partageait, sur la base de ses propres analyses, les conclusions de plusieurs de ses partenaires européens sur les faits d’empoisonnement à l’aide d’un agent neurotoxique Novitchok en contravention des normes internationales sur l’utilisation d’armes chimiques.

Alexeï Navalny a été victime d’un malaise le 20 août à bord d’un avion en Sibérie entre Omsk et Moscou après avoir bu du thé à l’aéroport. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août en Allemagne.

Le gouvernement allemand a annoncé lundi que deux laboratoires indépendants français et suédois avaient confirmé l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny par un agent innervant de la famille du Novitchok.

Depardieu baptisé orthodox russe

Gérard Depardieu, 71, a été baptisé chrétien orthodoxe à la cathédrale russe de Paris Saint Alexandre Nevsky.

Après midi ont sonné au clocher de la cathédrale orthodoxe russe Saint-Alexandre-Nevsky, en plein VIIIème arrondissement de Paris quand une Mercedes noire s’introduit dans la cour de l’église.

D’imposants bouquets de fleurs se dressent au milieu du majestueux édifice aux bulbes d’or. Le clergé est revêtu des ornements liturgiques et le chœur d’homme se tient prêt à entonner les hymnes sacrés. Quelques personnes grouillent discrètement çà et là, sans qu’il y ait foule.

Dans la première partie de la cérémonie, après les prières d’exorcisme, Gérard Depardieu a renoncé à Satan en soufflant et crachant sur ce dernier, raconte le média. Ensuite, il a dû affirmer par trois fois son union au Christ, ce qu’il a déclamé «avec enthousiasme et bon cœur», d’après on a évoqué «ses gestes animés et parfois fantasques, inhabituels au sein d’une cérémonie orthodoxe». Il a prononcé également le Symbole de foi.

Finalement, sous les «chants solennels du chœur et les prières des célébrants», l’acteur s’est fait «abondamment asperger le corps et la tête d’eau», ce qui a été accompagné par «des étreintes bruyantes et joyeuses». (Image: media sociale)

Le 5 août, la cathédrale Saint Alexandre Nevsky a confirmé à la radio Sputnik que la vedette y avait été baptisée.

Russie: manifestations contre Poutine à Khabarovsk

Vladimir Poutine a nommé un gouverneur par intérim pour le district de Khabarovsk, dans d’Extrême-Orient russe, près de la frontière chinoise. Le chef-lieu de la région est touché par des manifestations massives depuis le 11 juillet, suite à l’arrestation du gouverneur Sergueï Furgal, accusé de meurtres.

L’ancien gouverneur de la région, Sergueï Furgal, a été limogé «en raison de la perte de confiance» de Vladimir Poutine à son égar

Des rassemblements et des processions ont commencé dans la région le 11 juillet après l’arrestation de Furgal, accusé d’avoir organisé les meurtres d’hommes d’affaires commis par un groupe criminel au début des années 2000, sur le territoire de Khabarovsk et de la région de l’Amour.

Immédiatement après son arrestation, Sergueï Furgal a été envoyé à Moscou et mis en détention provisoire pour deux mois. S’il est condamné cette année, avant l’expiration du délai de prescription de 15 ans pour meurtre, il risque la réclusion à perpétuité. L’ancien gouverneur ne reconnaît pas sa culpabilité.

Selon les articles 31 et 32 Code de procédure pénale de la Fédération de Russie, qui détermine la compétence territoriale pour l’examen des affaires pénales, celles-ci sont examinées par le tribunal du lieu du crime. Ainsi, les appels à un «procès équitable» pour Furgal à Khabarovsk brandis par les manifestants sont-ils cohérents avec la loi.

Les manifestants sont convaincus que l’affaire Furgal est fabriquée, car il a refusé de manipuler les résultats du référendum, soutenant le maintien de la présidence de Vladimir Poutine jusqu’en 2036.

Macron se rendra prochainement en Russie

Emmanuel Macron a déclaré le 27 juin qu’il se rendrait prochainement en Russie pour de nouvelles discussions au lendemain d’une visioconférence avec son homologue russe Vladimir Poutine.

“Le dialogue de confiance initié avec le Président Poutine à Brégançon se poursuit”, déclare le président français sur son compte Twitter, citant les enjeux de la sécurité en Europe, les conflits régionaux ou encore le climat.

“Nous avançons et je me rendrai prochainement en Russie”, ajoute-t-il.

Les deux dirigeants se sont entretenus le 26 juin à l’occasion d’une visioconférence.

“Cet échange approfondi et substantiel a permis de faire le point sur le dialogue de confiance et de sécurité engagé il y a près d’un an lors de la visite du Président de la Fédération de Russie en France”, peut-on lire dans un communiqué diffusé par l’Elysée.

COVID19: Premier ministre russe testé positif

Le Premier ministre russe annonce avoir le coronavirus. Mikhaïl Michoustine annonce avoir été testé positif au Covid-19, lors d’une vidéo-conférence diffusée à la télévision.

Il ajoute qu’il se place en isolement en suggérant que son adjoint, le vice-Premier ministre Andreï Belooussov, le remplace durant cette période. Vladimir Poutine lui souhaite un bon rétablissement.

Nouvelle course aux armements

Pierre-Emmanuel Thomann, géopolitologue OPINION Les États-Unis, moins d’un mois après leur sortie effective le 2 août du traité INF sur les missiles à portée intermédiaire signé en 1987 (500 à 5.500 km), ont tiré un missile de portée intermédiaire au large de la Californie le 19 août pour tester cette nouvelle arme auparavant interdite par le traité. Ce nouveau missile conventionnel est susceptible de porter aussi une tête nucléaire. La Russie s’est aussi immédiatement définitivement retirée du traité INF en réaction de la décision des États-Unis.

Ce tir de missile révèle la réalité suivante: Pour être déjà en mesure de lancer un nouveau missile, un mois après la sortie du traité, des recherches avaient donc été entreprises par les États-Unis sur le développement d’un nouveau missile intermédiaire, alors que ce type de missile était encore interdit. Il est stupéfiant qu’aucun européen membre de l’UE ou de l’OTAN n’ai relevé cet aspect. Cet évènement renforce la thèse de ceux qui accusent les États-Unis d’avoir utilisé le prétexte d’un soi-disant non respect du traité INF de la part des Russes pour développer leur propre missile. De plus, en sortant du traité unilatéralement, les États-Unis perdent un moyen de pression vis à vis de la Russie. La Chine qui n’a signé aucun traité en la matière est aussi la cible des États-Unis qui cherchent à maintenir leur suprématie stratégique en Eurasie, de Lisbonne à Pékin. La Chine refuse jusqu’à présent d’engager des négociations sur un nouveau traité plus large promu par les États-Unis qui pratiquent l’escalade comme moyen de pression.

En tant que puissance maritime inégalée dans le monde, le États-Unis sont pourtant déjà capables de tirer des missiles de moyenne portée sur les territoires Russe et Chinois à partir de l’espace maritime, alors que la Russie et la Chine, avant tout des puissances continentales ayant pour priorité la sécurité de leur environnement terrestre, ont jusqu’à présent développé moins de capacité maritimes. Comme les capacités maritimes (missiles embarqués à bord des navires de surface, des sous-marins ou des aéronefs) n’ont jamais été intégrés dans le traité INF qui porte sur les missiles sol-sol et sol air, une asymétrie a toujours existé en faveur des États-Unis.
Il faut aussi souligner que les environnements de sécurité des États-Unis et de la Russie ne sont pas comparables. La question de la position géographique des territoires des États-Unis et de la Russie est un élément central pour comprendre que l’on ne peut pas simplement raisonner en termes d’équivalence des armements. La Russie est entourée dans son environnement géographique proche de nombreux États dotés de capacité balistiques accrues.
Le territoire de la Russie est donc situé dans un environnement stratégique difficile au contact de puissances nucléaires comme la Chine et des zones de rivalités géopolitiques comme la Caucase, l’Asie centrale, l’Extrême Orient, tandis que les États-Unis ont pour voisins le Canada et le Mexique. La production par les États-Unis de nouveaux missiles en réponse au nom respect supposé des accords par les Russes et les déploiement de missiles chinois n’apporte ni un gain de sécurité aux États-Unis, entourés des Océans Pacifique et Atlantique, et n’a pas d’effet de dissuasion, ni sur la Russie, ni sur la Chine non plus qui doivent se positionner face à d’autres menaces provenant du continent eurasien. Cette décision fournit même une incitation de la part des Russes et des Chinois pour renforcer leur propre arsenal.
Après s’être retirés unilatéralement du Traité ABM en 2002, du traité INF en 2019, les États-Unis, ont aussi souligné que le renouvellement 2021 d’un traité de réduction des armes nucléaires, Start II (traité de réduction des armes stratégiques signé en 2012) ne serait pas automatiquement reconduit.

La Russie avait proposé avant le retrait américain un « moratoire sur le déploiement d’armes de portée intermédiaire », rejeté par l’OTAN. L’OTAN a pourtant affirmé ne pas vouloir se lancer dans une course aux armements et refuse jusqu’à présent la perspective d’installer de nouveau missiles sur le territoire européen.

Toutefois, cette posture étant par nature précaire face au risque d’escalade entre les États-Unis, la Russie et la Chine qui ferait des Européens les grands perdants d’une nouvelle course aux armements, l’idée d’une nouvelle architecture européenne de sécurité de Lisbonne à Vladivostok devient encore plus pertinente. En effet, seule une négociation d’envergure continentale incluant la Russie est susceptible de rétablir la confiance et maîtriser cette nouvelle course aux armements sur les missiles à portée intermédiaire qui n’a pas de sens pour les intérêts géopolitiques des nations européennes.

 

Fissure géoéconomique entre États-Unis et l’UE

Pierre-Emmanuel Thomann OPINION Le retrait unilatéral des accords commerciaux multilatéraux pour maintenir la primauté géoéconomique américaine selon la nouvelle doctrine « America First » du président américain Donald Trump inquiète les adeptes du multilatéralisme. Cet abandon du  multilatéralisme  dénoncé par les Européens est toutefois à relativiser car les institutions multilatérales ont toujours masqué un rapport de forces plus favorable aux États-Unis avant l’émergence du monde multicentré. Ce tropisme s’exprime aujourd’hui de manière plus explicite et au travers de la recherche d’accords bilatéraux.  

 Ce qui est en revanche nouveau, c’est que le président américain désigne les Européens explicitement comme des adversaires dans le domaine économique.

Les États-Unis considèrent que leurs lois nationales sont au dessus des règles internationales, et pratiquent donc de plus en plus l’extraterritorialité en  sanctionnant ou menaçant de le faire les entreprises européennes  qui ont des liens commerciaux avec l’Iran, la Russie, ou la Chine. Les États-Unis pratiquent  aussi des pressions de manière explicites en liant sécurité et commerce à l’OTAN afin d’accroitre les exportations d’armements et les exportations américaines de gaz de schiste.

 Les Européens avaient rêvé pendant longtemps d’un partenariat euro-atlantique équilibré mais  avec Donald Trump et sa ligne directrice «America First», ce partenariat devient de plus en plus asymétrique et hiérarchique au détriment de l’Union européenne. L’Amérique de Trump semble favoriser une forme de multipolarité, mais sans l’Union européenne. Le maintien d’un scénario exclusif euro-atlantiste par inertie permet en réalité pour les gouvernements européens d’éviter les responsabilités. C’est la pente la plus facile, mais elle est lourde de conséquences pour l’avenir, notamment la marginalisation des Européens dans le jeu mondial et leur dérive vers le  statut de variable d’ajustement des autres puissances. Les États membres de l’Union européenne sont devenus de plus en plus dépendants des États-Unis qui restent leur arsenal militaire principal,  mais aussi vulnérables aux législations extraterritoriales, sous contrôle du cyberespace dominé par Google, Apple, Facebook et Amazon (les GAFA), tributaires des liens financiers et commerciaux transatlantiques, sous domination de la culture de masse et des idées avec les think tanks euro-atlantistes hégémoniques. Le lien fort avec les États-Unis, qui a été jusqu’à présent au cœur de la mondialisation et de ces flux géopolitiques, a progressivement affaibli l’héritage westphalien des nations européennes suite à leur adhésion à l’idéologie de la société ouverte et multiculturaliste.

 Il serait temps pour les  États membres de l’Union européenne de mieux protéger leurs intérêts géoéconomiques en tirant profit du monde multipolaire, en élargissant leurs alliances dans le monde avec des partenaires plus prévisibles, et en rapatriant aussi leurs usines sur le sol européen et en réhabilitant les frontières, instruments de souveraineté, notamment en s’inspirant des politiques de Donald Trump.    

 

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