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Macron-de Villiers: 18% -41%

Deux tiers des Français (64%) sont mécontents de l’action du  président Macron, près de 100 jours après son élection, soit 10 points de plus que pour son prédécesseur François Hollande au même moment, selon un sondage Ifop publié vendredi sur le site internet du Figaro.

L’institut a interrogé les Français sur une quinzaine de mesures prises ou annoncées par le chef de l’Etat depuis sa prise de fonction.

Une des mesures les plus populaires est la réduction du budget de certains ministères pour ramener comme promis le déficit public sous la limite européenne de 3% du produit intérieur brut (57% de satisfaction).

Le vote de la loi de moralisation de la vie publique est salué par 55% des sondés et la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80% des foyers par 52% d’entre eux.

A l’inverse, la baisse des allocations logement de cinq euros par mois recueille 60% d’opinions défavorables, la hausse de la CSG pour financer une baisse des cotisations salariales en recueille 53% et le projet de réforme du droit du travail 51%.

Dans la crise politique qui a opposé Emmanuel Macron à l’ancien chef d’état major des armées en raison d’une coupe de 850 millions d’euros du budget de la Défense, seuls 18% des Français soutiennent le président contre 41% pour Pierre de Villiers.

Le sondage a été réalisé en ligne du 7 au 9 août auprès d’un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Macron en perte de popularité

Emmanuel Macron a perdu dix points de popularité en un mois dans le baromètre de l’exécutif réalisé par l’Ifop pour le Journal du dimanche, la plus forte baisse d’un président après trois mois de pouvoir, à l’exception de Jacques Chirac en 1995.

La satisfaction des Français envers son action reste toutefois majoritaire, à 54%, mais les premières mesures prises par le gouvernement ont mis fin à l’état de grâce, selon l’institut de sondages. Le Premier ministre Edouard Philippe perd quant à lui 8 points, à 56% de satisfaits.

« Pour Emmanuel Macron, l’entrée dans l’atmosphère est brutale », a commenté Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. « Il subit le contrecoup de griefs divers, provenant de secteurs différents de la société. »

La démission du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, mécontent de la baisse de son budget, a joué un rôle dans cette baisse mais d’autres causes sont invoquées.

La hausse de la CSG inquiète ainsi les retraités (-11 points chez les plus de 65 ans, -14 chez les 50-64 ans), la future réforme du droit du travail et le rétablissement du jour de carence pour les agents publics déplaisent à l’électorat de gauche et aux fonctionnaires (-12 points chez les sympathisants du PS, -18 parmi les salariés du secteur public), la confusion autour des mesures fiscales a déstabilisé les classes moyennes et l’électorat de droite (-25 points chez les partisans du MoDem, -11 parmi ceux des Républicains).

L’Ifop rappelle que si François Mitterrand ne recueillait plus que 48% de satisfaction en septembre 1981, François Hollande, avec un taux de 56% en juillet 2012, était à la même époque plus populaire qu’Emmanuel Macron. Seul Nicolas Sarkozy, dans l’histoire récente, avait fait mieux (66% en juillet 2007).

Ce sondage a été réalisé du 17 au 22 juillet auprès d’un échantillon représentatif de 1.947 personnes de plus de 18 ans.

Gen. de Villiers déclenche une crise inédite

Le chef d’état-major des armées a remis sa démission à Emmanuel Macron sur fond de désaccord avec l’exécutif concernant le budget du ministère de la Défense, déclenchant une crise inédite entre le pouvoir politique et la hiérarchie militaire.

« Je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays », écrit Pierre de Villiers dans un communiqué transmis à Reuters.

Selon une source militaire, Pierre de Villiers, nommé à la tête des armées en 2014 et reconduit il y a moins d’un mois, a été reçu par Emmanuel Macron avant le conseil de défense qui a eu lieu ce mercredi matin à l’Elysée et ce militaire d’élite lui a annoncé sa démission.

François Lecointre, chef du cabinet militaire du Premier ministre Edouard Philippe, a été choisi pour lui succéder et sera chargé de mettre en oeuvre la prochaine loi de programmation militaire (LPM) dans un contexte budgétaire serré.

A 55 ans, cet ancien élève de Saint-Cyr et militaire de terrain, est un « héros » de la guerre de Bosnie au cours de laquelle il a libéré des soldats français détenus par des Serbes en 1995, a rappelé le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Emmanuel Macron a « insisté sur le fait que son jeune âge lui permettait vraiment de pouvoir s’inscrire dans la durée pour conduire ce projet volontariste, souhaité par nos armées et par le président, afin de répondre aux nouvelles menaces et aux nouveaux risques », a-t-il ajouté.