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Gilets jaunes – Acte XXVI


Le XXVI samedi d’action des Gilets jaunes, marqué par une mobilisation qui semblait à nouveau en baisse, s’est déroulé dans le calme à Paris, mais des incidents ont été signalés en région, en particulier à Nantes et Lyon.

Selon les chiffres de la mobilisation arrêtés à 14h00 diffusés par le ministère de l’Intérieur, 2.700 personnes ont défilé en France, dont 600 à Paris, contre 3.600 la semaine dernière à la même heure dont 1.070 à Paris.

A Lyon, où se sont rassemblées quelque 3.000 personnes venues de toute la France, des échauffourées ont eu lieu entre manifestants, forces de l’ordre et black blocs, malgré le déploiement d’un important dispositif policier. La police a eu recours aux gaz lacrymogènes tandis que les manifestants jetaient des bouteilles et des pierres.

La préfecture a fait état de quatre interpellations et dix blessés parmi les forces de l’ordre.

 

Camp de migrants à Nantes évacué

La police a évacué un camp de migrants implanté depuis plus de deux mois à Nantes, dont l’extension progressive et les conditions d’hygiène inquiétaient les services de l’État.

Le petit square Jean-Baptiste Daviais, installé en pleine ville, recensait près de 400 personnes, abritées sous 280 tentes, avec pour seul point d’eau une fontaine.

Un “guichet unique d’accueil temporaire” a été mis en place dans une salle municipale pour examiner le cas de chaque migrant, a fait savoir lundi la préfecture dans un communiqué:

“Les personnes les plus vulnérables seront systématiquement mises à l’abri”, a-t-elle indiqué. “Pour les demandeurs d’asile (…), le dispositif d’accueil (…) étant actuellement saturé en Pays de la Loire, des places d’hébergement ont dû être mobilisées sur l’ensemble du territoire national.”

Les services de l’État avaient initialement mis en demeure la maire (PS) de Nantes d’en demander l’évacuation, mais sans succès. “Quand on dit ‘Liberté, Egalité, Fraternité’, c’est bien”, avait justifié Johanna Rolland le 14 juillet dernier. “Quand on le traduit dans les faits, c’est mieux.”

Quatre jours plus tard, la préfecture avait finalement obtenu l’autorisation de la justice pour s’en charger elle-même : elle avait mis en avant un “risque grave pour la salubrité publique”, avec “un risque élevé de tuberculose”.

“Cette augmentation n’est que la résultante de la carence de l’État à assurer ses obligation dans la prise en charge des demandeurs d’asile et des personnes en situation de détresse”, avait répliqué Me Stéphanie Rodrigues-Devesas, l’une des avocates des migrants, devant le juge des référés.

Violence urbaine à Nantes en baisse

Dix-huit voitures ont été incendiées dans l’agglomération de Nantes dans la nuit de samedi à dimanche (7-8 juillet), marquant, selon les autorités, une baisse des tensions après quatre nuits consécutives de violences urbaines.

Un début d’incendie a par ailleurs été maîtrisé dans les tribunes d’un complexe sportif dans le quartier de la Durantière, ne faisant que des dégâts “très légers”. Un cocktail Molotov a également été lancé dans la cour d’une école élémentaire du quartier des Dervallières “sans faire de dégâts”.

Trois personnes “qui transportaient des cagoules, des gants et des pétards”, ont été interpellées.

Les deux nuits précédentes, trente-cinq et cinquante-deux véhicules avaient été incendiés ainsi qu’une dizaine de bâtiments, dont une mairie, une bibliothèque, un lycée professionnel et une agence Pôle emploi.

Les violences sont survenues en réaction à la mort d’Aboubakar Fofana, un conducteur de 22 ans, tué mardi par un coup de feu pendant qu’il cherchait à échapper à un contrôle d’identité. Il était alors recherché pour vol en réunion, recel et association de malfaiteurs.

Le policier à l’origine du tir, qui s’était dans un premier temps abrité derrière la légitime défense, a été mis en examen vendredi (6 juillet)  après avoir reconnu un tir accidentel.