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« Otage » de la radio publique

En déplacement en Corse pour la promotion de son dernier livre, Eric Zemmour a déclaré qu’il fallait que « les Français cessent de payer à la redevance à cette camarilla gauchiste qui a pris en otage la radio publique », rapporte CNews.

En campagne de dédicaces à Sartène, en Corse, Eric Zemmour a réagi aux propos de Gilles Bornstein, présentateur de l’émission « Votre Instant Politique » sur France Info.

Alors qu’il recevait, vendredi 8 octobre, Ian Brossat, directeur de campagne du candidat communiste Fabien Roussel, l’éditorialiste politique a déclaré que l’essayiste « n’a[vait] pas le droit de venir ici ». Il est ensuite revenu sur sa déclaration, précisant sur Twitter que Franceinfo n’inviterait pas l’auteur de La France n’a pas dit son dernier mot « tant qu’il ne serait pas candidat ».

« Ça fait des années que je suis interdit d’antenne sur la radio publique », a déploré Eric Zemmour. « Je vous rappelle que c’est censé être le service public, que c’est payé avec nos impôts donc, quand moi je suis interdit d’antenne, cela veut dire que les centaines de milliers de gens qui achètent mes livres sont privés d’antenne. C’est ça le service public aujourd’hui ».

Et l’auteur à succès, qui pourrait se qualifier au second tour selon de récents sondages, de déclarer : « Il faut que ça cesse. Il faut que les Français cessent de payer la redevance à ces gens-là qui ont pris en otage la radio publique, qui a été fabriquée avec l’argent de tous les Français, y compris avec ceux qui ne sont pas d’accord avec cette camarilla gauchiste ». Enfin, interrogé sur ses années avec Laurent Ruquier sur France 2, l’essayiste a estimé avoir été mal traité assurant même qu’il se faisait « pendant deux heures ».

Loi de « sécurité globale »

Plusieurs manifestations ont eu lieu samedi, le 21 novembre, en France contre la proposition de loi dite de “sécurité globale” dont un de ses articles concentre de très vives critiques de la part des rédactions françaises qui y voient un risque d’entrave à la liberté d’informer.

Cet article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité “physique ou psychique”.

A Paris, un rassemblement a débuté vers 14h30 sur la place du Trocadéro à l’appel de syndicats de journalistes, de sociétés de rédacteurs et d’associations de défense des droits de l’homme comme la Ligue des droits de l’homme et Amnesty France.

Plusieurs milliers de personnes, se sont réunies sous un franc soleil, scandant “Tout le monde veut filmer la police”. “Policiers floutés, justice aveugle”, pouvait-on lire sur une pancarte tenue par l’une d’elles tandis qu’une autre promettait: “On baissera nos téléphones portables quand vous baisserez vos armes.”

Loi « sécurité globale »: des ONG alertent sur « les conséquences dangereuses pour les libertés individuelles. »

Si l’article 24 interdisant de diffuser des images de policiers a beaucoup fait parler d’elle, d’autres aspects de la proposition de loi « sécurité globale » posent problème, comme la surveillance par des drones ou le recours massif à la sécurité privée.

Lors de la poursuite de l’examen de la proposition de loi à l’Assemblée nationale, vendredi 20 novembre, le gouvernement a tenté de rassurer sur la liberté de la presse en modifiant l’article 24 visant à interdire la diffusion d’images de policiers permettant leur identification.

Un amendement a été ajouté : il précise que « les dispositions envisagées ne feront nul obstacle à la liberté d’informer et que le délit créé par le texte visera uniquement le fait de diffuser des images dans le but qu’il soit manifestement porté atteinte à l’intégrité physique ou psychique » d’un policier, d’un militaire ou d’un gendarme. Si l’opposition n’a pas été convaincue, l’article controversé a bien été adopté par 146 voix pour et 24 voix contre.

L’organisation Reporters sans Frontières (RSF) juge que “si le risque de condamnation de journalistes sur le fondement de ce texte (de loi) est faible, les policiers pourraient procéder, sur le terrain, à l’arrestation d’un journaliste en train de filmer leurs opérations, ce qui représente une entrave au droit d’informer”.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a recensé une vingtaine de rassemblements prévus.

Une première manifestation, mardi soir aux abords de l’Assemblée nationale, a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre et deux journalistes ont été interpellés et placés en garde à vue.

RSF: l’hostilité revendiquée envers la presse

L’édition 2018 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) témoigne de l’accroissement des sentiments haineux à l’encontre des journalistes. L’hostilité revendiquée envers les médias, encouragée par des responsables politiques et la volonté des régimes autoritaires d’exporter leur vision du journalisme menacent les démocraties.

Le Classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue chaque année la situation du journalisme dans 180 pays, révèle un climat de haine de plus en plus marqué. L’hostilité des dirigeants politiques envers les médias n’est plus l’apanage des seuls pays autoritaires comme la Turquie (157e, -2) ou l’Egypte (161e), qui ont sombré dans la “média-phobie” au point de généraliser les accusations de “terrorisme” contre les journalistes et d’emprisonner arbitrairement tous ceux qui ne leur prêtent pas allégeance