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Le Roi Felipe accuse les Catalans

Une prise de parole exceptionnelle pour le garant de l’unité de l’Espagne. Dans un discours d’une rare fermeté, le roi Felipe VI a accusé mardi 3 octobre les dirigeants indépendantistes de la Catalogne de menacer la stabilité de L’Espagne.

 L’épreuve de force entre le gouvernement central et les dirigeants catalans, qui menacent de déclarer l’indépendance, a plongé l’Espagne dans sa crise la plus grave depuis le retour de la démocratie en 1977.
Dans une charge aussi rare que cinglante, Felipe VI a accusé les dirigeants catalans de s’être placés « en marge du droit et de la démocratie » en organisant le référendum de dimanche #CatalanReferendum.

Macron est attaché à l’unité d’Espagne

Emmanuel Macron a souligné son attachement à l’unité de l’Espagne lors d’un entretien téléphonique lundi, 2.10.2017, avec le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, au lendemain d’un référendum non autorisé sur l’indépendance de la Catalogne marqué par des violences.

Près de 900 personnes ont été blessées pendant la consultation dans des heurts avec les forces de l’ordre, selon le gouvernement catalan. Le président de l’exécutif catalan a réclamé lundi une médiation internationale.

“Le président de la République a souligné son attachement à l’unité constitutionnelle de l’Espagne et confirmé (…) qu’il n’avait qu’un seul interlocuteur en la personne de M. Rajoy”, le président du gouvernement espagnol, a déclaré la présidence française.

#Catalogne: Ou est la réaction de Macron?

Face aux images de violences policières contre les électeurs  du référendum d’indépendance en Catalogne, la classe politique française n’a pas tardé à réagir.

Le PS et les Insoumis ont dénoncé les violences policières et exigé le respect de la démocratie, appelant à une réaction d’Emmanuel Macron. Lequel ne s’est pas exprimé pour le moment.

Mais ce sont les Insoumis qui ont été les plus critiques. Après avoir dénoncé la perte de «sang froid» du gouvernement espagnol, Jean-Luc Mélenchon s’est fendu d’un tweet, évoquant le Venezuela.

La gauche, surtout, a dénoncé avec force le recours à la force du gouvernement de Mariano Rajoy. À l’image de Benoît Hamon, qui juge que «ces images de violences pour empêcher les gens de voter en Catalogne sont lourdes de sens et de menaces».

Le MoDem a également réagi, par la voix du patron des députés du parti centriste, Marc Fesneau, dénonçant «l’erreur» de Rajoy.

 

Espagne en « réflection à l’avenir »

Le chef de l’exécutif catalan a ouvert la voie dimanche #1Oct à une proclamation d’indépendance, au soir du référendum d’autodétermination interdit par Madrid, par lequel 90% des votants se sont prononcés pour une sécession.

Malgré la mobilisation de la police espagnole, qui a tout fait pour empêcher la tenue du scrutin déclaré inconstitutionnel par Madrid, le gouvernement régional revendique la participation de 2,26 millions de personnes, soit environ 42% des électeurs catalans.

Près de 850 personnes ont été blessées par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de matraques et de balles en caoutchouc pour s’opposer à la tenue du scrutin, selon le bilan communiqué par le gouvernement régional.

“En ce jour d’espoir et de souffrances, les citoyens catalans ont gagné le droit d’avoir un Etat indépendant sous la forme d’une république”, a déclaré Carles Puigdemont, président du gouvernement régional, lors d’une allocution télévisée.

“Mon gouvernement va, dans les jours qui viennent, transmettre les résultats du scrutin de ce jour au Parlement, garant de la souveraineté de notre peuple, afin qu’il puisse agir conformément à la loi référendaire”, a-t-il ajouté.

Aucun référendum d’autodétermination n’a eu lieu aujourd’hui en Catalogne, a quant à lui affirmé dans la soirée le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui a remercié la police, malgré les heurts, et a souhaité réunir tous les partis politiques “pour réfléchir à l’avenir”.

La « violence injustifiée » contre les Catalans

Les Catalans ont malgré les difficultés et des heurts avec la police participé dimanche, 1.10.2017, à un référendum de l’indépendance  de la région organisé en défi aux autorités espagnoles, fermement résolues à en empêcher la tenue.

Selon les services d’urgence catalans, 38 personnes ont été blessées, la plupart légèrement, après que la police espagnole a chargé des manifestants qui protestaient contre la fermeture d’un bureau de vote à Barcelone et tiré des balles en caoutchouc.

Le président de la Généralité, le gouvernement régional catalan, Carles Puigdemont, a accusé les autorités de Madrid de recourir à une “violence injustifiée” et de donner à l’étranger une “image épouvantable de l‘Espagne”.

“La violence injustifiée, disproportionnée et irresponsable de l’Etat espagnol n’a pas seulement échoué à décourager les Catalans de voter, elle a aussi contribué à lever tous les doutes qui se posaient aujourd‘hui”, a-t-il déclaré à des journalistes.

Bien que Madrid ait décrété le référendum illégal, de longues files d‘attente s’étaient formées avant l‘aube dans toute la Catalogne devant des écoles et autres lieux destinés à servir de bureau de vote.

Dans certains endroits, les organisateurs avaient au dernier moment amené des urnes dans de grands sacs en plastique. Les autorités ont conseillé aux électeurs d‘imprimer eux-mêmes chez eux leur bulletin de vote.

En cas de fermeture par la police de leur bureau de vote, les gens pouvaient voter n’importe où ailleurs, l’exécutif régional disposant de ce qu’il appelle “un recensement universel”.

La question catalane: dissolution de l’UE états-membres

Dr Pierre-Emmanuel Thomann, OPINION

Les menaces et les risques polymorphes qui affectent l’Union européenne menacent à court et long terme la poursuite de l’intégration européenne et son existence même selon le scénario le plus extrême:

  • la crise migratoire, l’immigration de masse et le multiculturalisme idéologique qui détricote la cohésion des nations et renforce une division Est-Ouest entre les États-membres
  • les conflits dans sa proximité géographique qui renforcent les tropismes divergents de ses États-membres en matière de priorités géopolitiques,  
  • les ingérences multiples des acteurs extérieurs

 Un autre risque de fragmentation potentielle émerge aussi avec le risque de dissolution interne de certains États-membres de l’Union européenne. En effet, le 1er octobre, le parlement de la Catalogne organise un référendum sur l’indépendance de cette province de l’Espagne. L’incertitude règne en ce qui  concerne l’aboutissement immédiat de cette initiative, mais la possibilité d’une crise européenne supplémentaire va certainement perdurer dans le temps. 

 Si l’indépendance de la Catalogne était déclarée après un « oui  » à ce référendum ou une autre tentative puisque le gouvernement espagnol semble déterminé à empêcher l’organisation du scrutin du 1er octobre, un effet domino risquerait de se produire dans d’autres États travaillés par des mouvements séparatistes nationaux et régionaux. Les conséquences ne seraient sans doutes pas immédiates, mais un référendum positif renforcerait politiquement les mouvements politiques séparatistes dans d’autres États-membres, notamment en Ecosse, Flandres, Corse, Padania, Pays Basque, et inspirerait probablement les minorités hongroises en Roumanie et les minorités russes dans les pays Baltes. L’Union européenne hériterait d’une nouvelle crise qui s’additionnerait à toutes les autres et compliquerait la situation actuelle. Une réforme fondamentale de l’Union européenne est nécessaire pour sauvegarder le projet européen, mais si certains États-membres se disloquent, la tâche sera impossible car le projet ne sera viable qu’avec des nations fortes et des États-membres puissants.  

 Les efforts de Madrid pour endiguer ce processus semblent stimuler au contraire le mouvement séparatiste en Catalogne. A l’inverse du gouvernement espagnol, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a déclaré qu’il respecterait le choix des Catalans dans la cas d’un « oui » à l’indépendance. Il a aussi souligné que la Catalogne pourrait alors ensuite engager une procédure d’adhésion à l’UE. Dans le contexte du Brexit, la tentation est grande pour les intégrationnistes de l’UE de voir favorablement la fragmentation des États-nations, afin de renforcer le pouvoir des institutions européennes et engager une fuite en avant fédérale. Si la Catalogne déclarait son indépendance, cela renforcerait sans doute l’éventualité d’une indépendance de l’Écosse. L’Union européenne, dans le cas d’une indépendance de l’Écosse, pourrait chercher à faire adhérer ce nouvel État à l’UE et ainsi punir le Royaume-Uni sur la voie du Brexit. L’UE pourrait ainsi prétendre qu’elle continue son expansion alors qu’elle est actuellement en phase de régression géopolitique. 

 Pourtant, il semble impossible aujourd’hui que le gouvernement espagnol, opposé au séparatisme, n’approuve un tel scénario.  La crise potentielle qui émergerait ne pourrait pas être résolue autrement que par des négociations politiques, mais constituerait une impasse à la suite de la divergence d’interprétation entre les institutions européennes et l’Espagne, et les États-membres entre eux. 

Dr Pierre-Emmanuel Thomann, géopolitologue, président d’Eurocontinent

Menaces UE 2017

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