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Heurts avec les « black blocs »

Plusieurs heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre samedi, le 28 novembre, en marge de la manifestation parisienne contre un article controversé de la proposition de loi “sécurité globale”, et plus largement contre les violences policières après deux affaires récentes où l’attitude des forces de l’ordre a fait polémique.

Le cortège était parti de la place de la République pour rallier celle de la Bastille, dans une atmosphère à grande majorité pacifique, mais quelques éléments masqués, dont des “black blocs”, ont fait usage de la violence.

Certains ont lancé des feux d’artifice sur les forces de l’ordre, installé des barricades, jeté des pierres et incendié du mobilier urbain. Les policiers ont répondu par du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement.

Plusieurs voitures ont été brûlées, ainsi qu’un kiosque à journaux, une brasserie a également été incendiée.

Des milliers de manifestants – militants d’extrême-gauche, écologistes et anti-racistes, gilets jaunes, étudiants, journalistes ou simples citoyens – ont défilé dans la journée notamment à Lille, Strasbourg et Paris derrière des pancartes ou l’on peut lire “Qui nous protège de la police?” ou “Etat d’urgence permanent”.

L’article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité “physique ou psychique”. Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression.

“Le mot qu’on entend tout le temps c’est interdire, et en même temps on n’a plus confiance en la police. Avec la loi ça va être pire. On est tous concernés par ce qui est en train de se passer”, déclare Priscilla, responsable de magasin âgée de 26 ans, venue manifester.

La mobilisation contre cet article a pris un relief nouveau après la violente évacuation de migrants sur la même place de la République, et après la violente interpellation d’un producteur de musique noir par des policiers.

Au cours de la « marche pour les libertés » qui a très rapidement dégénéré, au moins un policier a été violemment lynché par les manifestants. La scène, qui s’est déroulée vers 18 heures, a été filmée par Amar Taoualit, journaliste reporter d’images. Dépassés, une dizaine de policiers dos-à-dos a tenté de quitter un coin chaud de l’émeute. Chargés par les manifestants, les policiers ont alors été contraints de rompre la formation et de se battre au corps à corps. L’un d’entre eux s’est retrouvé isolé, est tombé au sol, et a alors été violemment lynché par les manifestants. Couvert de coups et d’insultes, l’homme a été récupéré in extremis par ses collègues, avant d’être exfiltré hors du dispositif des forces de l’ordre.

Face au tollé suscité par cette dernière affaire, le président de la République Emmanuel Macron a évoqué une agression dont les images “nous font honte”.

Le préfet de police de Paris a écrit pour sa part samedi aux policiers pour les appeler à ne pas s’éloigner de la ligne républicaine.

“Dévier de la ligne républicaine qui nous sert de guide, c’est renier ce que nous sommes, c’est ébranler le pacte de confiance qui nous unit à nos concitoyens, c’est perdre le sens de notre mission”, a-t-il dit dans un courrier relayé via Twitter. “J’attends (…) de chacun d’entre vous qu’il tienne cette ligne jusqu’au bout.”

La Haute-Corse: deux incendies ‘stabilisés’

La situation s’est stabilisée sur le front des deux incendies auxquels fait face la Haute-Corse, la diminution de l’intensité du vent permettant aux pompiers de progresser contre les flammes, annonce la préfecture samedi après-midi dans un communiqué.

L’incendie qui s’est déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi au Cap Corse, dans le nord de l’île et a parcouru 1.800 hectares, « ne présente plus une menace pour les habitants », peut-on lire dans ce communiqué.

« Aucune habitation n’a été détruite et aucune victime n’est à déplorer », déclare la préfecture en précisant que les 882 personnes qui avaient été mises en sécurité au cours de la soirée de vendredi ont pu regagner leur lieu de résidence.

Le second sinistre, qui touche la commune de Manso, dans la région de la Balagne, près de Calvi, nord-ouest de la Corse, a parcouru 150 hectares. Ce feu de maquis et de forêt, difficilement accessible, « ne progresse plus », précise la préfecture.

Près de 250 pompiers sont mobilisés contre ces deux incendies. Deux colonnes de pompiers – soit 140 hommes – sont arrivées en renfort dans la matinée, notamment de Marseille, et trois Canadair et quatre Trackers étaient à l’oeuvre samedi contre les flammes, a déclaré le préfet de Haute-Corse.

Trois pyromanes au parquet d’Aix-en-Provence

Trois pyromanes présumés, dont deux mineurs, vont être déférés ce vendredi au parquet d’Aix-en-Provence pour leur responsabilité dans des incendies de cette semaine dans les Bouches-du-Rhône, a annoncé le vice-procureur d’Aix-en-Provence. (Photo: illustration).

Le parquet a ouvert deux informations judiciaires sur le feu de Martigues, qui a brûlé 150 hectares et nécessité l’évacuation des habitants du quartier de Carro, ainsi que sur celui de Peynier, qui a brûlé 72 hectares.

« Au terme de leur garde à vue, deux mineurs vont être présentés au juge d’instruction vendredi après-midi pour leur responsabilité dans le feu de Martigues », a déclaré Rémy Avon, vice-procureur d’Aix-en-Provence.

« Il leur est reproché un incendie volontaire et des vols aggravés par deux circonstances », a ajouté le vice-procureur.

L’enquête de la gendarmerie a permis de déterminer la cause accidentelle du feu de Peynier.

« Une personne majeure utilisait une disqueuse dont les étincelles ont mis le feu au champ voisin », a dit Rémy Avon.

« Cette personne va être déférée pour incendie involontaire », a-t-il ajouté.

Ces deux incendies sont considérés comme fixés depuis jeudi et restent sous surveillance vendredi.