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Suppression de l’ENA

Président Macron a annoncé ce jeudi 8 avril la suppression prochaine de l’École normale d’administration (ENA) dans le cadre de sa réforme de la haute fonction publique. Symbole de la pensée unique et de la reproduction sociale, elle sera remplacée par l’Institut du service public (ISP), un centre de formatage à grande échelle.
(Image: illustration).

Le Président de la République avait laissé courir cette idée depuis le 25 avril 2019, à l’occasion d’une conférence de presse. Depuis, cet effet d’annonce avait fait couler beaucoup d’encre sans être suivi par des actes concrets, au point qu’on s’était convaincu que cette mesure allait finir dans les oubliettes de l’Élysée. Mais voilà, cette fois c’est officiel, l’ENA va être supprimée.

La prestigieuse Ecole nationale d’administration, qui depuis 1945 fournit au pays ses plus hauts dirigeants, y compris quatre des six derniers présidents, était devenue le symbole d’un entre-soi au pouvoir, « l’énarchie », qui alimente ressentiments et soupçons.

Le 25 avril 2019, Emmanuel Macron avait créé la surprise en annonçant la suppression de l’ENA et la fin des grands corps (Conseil d’État, Cour des Comptes, Inspection des finances, Mines, Ponts etc.). Devant les 600 cadres de la haute administration réunis en visioconférence pour la Convention managériale de l’Etat, il a déclaré jeudi que le nouvel ISP assurerait le socle de formation commun de tous les élèves administrateurs de l’Etat. Qu’ils soient préfets, ambassadeurs, recteurs ou directeurs des administrations et des grands corps.

Comme l’avait expliqué Mediapart dès avril 2019, le projet du chef de l’État relève davantage du coup de bluff que d’une véritable « révolution ». Il s’agit avant tout, pour celui qui affirmait, en 2017, que « l’establishment [avait] essayé de [le] tuer », de s’attaquer à un symbole des élites françaises, pour mieux se démarquer de cette « caste » qu’il dit ne pas aimer, alors même qu’il en est le pur produit. « Les hauts fonctionnaires se sont constitués en caste, et donnent le sentiment de diriger dans l’ombre les affaires du pays », écrivait-il en 2016, dans Révolution (XO Éditions), avant de continuer, dans la lignée de ses prédécesseurs, à placer lesdits hauts fonctionnaires à tous les postes clés du pouvoir, une fois élu.