Archives des étiquettes : Donald Trump

L’initiative pour préserver la sécurité européenne

Dr Pierre-Emmanuel Thomann OPINION  Le président américain Donald Trump a confirmé le 20 octobre qu’il allait retirer les États-Unis du traité INF sur les armes nucléaires intermédiaires conclu en 1987 avec l’URSS. Il faut rappeler que les USA se sont déjà retirés du traité ABM (traité de réduction des armes  stratégiques) en 2001, et ont systématiquement poursuivi la mise en oeuvre du bouclier anti-missile avec pour conséquence la déstabilisation des équilibres géostratégiques, et la réaction de la Russie. Cette nouvelle décision risque de fragiliser encore plus la sécurité européenne.URSS

Le retrait des États-Unis du traité INF suivi d’une relance de la course aux armements, aurait pour effet un renforcement probable du bouclier anti-missile, en plus de l’installation éventuelle de nouveaux missiles à courte portée en Europe, mais aussi en Asie, car la Chine est visée comme la Russie. Cela aboutirait logiquement à un renforcement de la perception d’encerclement de la Russie, mais aussi de la Chine, et favoriserait la course aux armements  et les stratégies d’escalade.

Le territoire de l’Europe serait en première ligne pour les risques encourus de guerre nucléaire dans le cadre de la rivalité croissante entre les États-Unis et la Russie. En conclusion, il serait urgent que les dirigeants des États européens se penchent sur cet enjeu majeur afin de ne pas se cantonner à un rôle de supplétifs. Autrement dit, éviter de laisser la sécurité de leur citoyens dépendre de manœuvres américaines et russes, sans influencer le cours de choses. La négociation d’une nouvelle architecture européenne de sécurité avec la Russie, sur la base d’un rapprochement Paris-Berlin-Moscou pour contrebalancer les initiatives américaines déstabilisatrices est plus que jamais d’actualité.

Dr Pierre-Emmanuel Thomann – Géopolitologue – Eurocontinent

INF Map PET

Nikki Haley a démissionné

Donald Trump a annoncé  qu’il avait accepté la démission de Nikki Haley, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, qui abandonnera son poste à la fin de l’année.

S’exprimant devant des journalistes dans le Bureau ovale de la Maison blanche, avec à ses côtés Nikki Haley, le président a salué l’”incroyable travail” qu’elle a effectué aux Nations unies.

Il a précisé qu’elle l’avait informé il y a six mois qu’elle voulait quitter son poste “pour prendre un peu de temps libre” et a souhaité qu’elle revienne un jour aux responsabilités dans une autre fonction.

“Nous sommes heureux pour vous, dans un sens, mais nous n’aimons pas vous perdre (…) Nous espérons que vous reviendrez un jour, peut-être dans d’autres fonctions, vous pourrez avoir le choix”, a dit Donald Trump.

Nikki Haley, qui est âgée de 46 ans, a déclaré pour sa part qu’elle ferait campagne pour la réélection de Trump à la présidence en 2020.

Macron défends multilatérlisme

Emmanuel Macron a pris le contre-pied de Donald Trump en s’en critiquant, lors d’un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, la “loi du plus fort” et l’unilatéralisme qui conduisent selon lui directement “au repli et au conflit”.

La loi du plus fort, la tentation pour chacun de suivre sa propre loi : cette voie, celle de l’unilatéralisme, nous conduit directement au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun”, a-t-il souligné devant une centaine de chefs d’Etat et de gouvernements.

Défendre la coopération et le multilatéralisme peut ne plus être à la mode”, a-t-il poursuivi. “Alors ne soyons pas à la mode, nous le devons à ceux qui nous ont permis d’être assis là, n’oubliez jamais que les génocides étaient nourris par les discours auxquels nous nous habituons, parce qu’ils ont été nourris par les succès d’estrade que nous applaudissons”.

 

Juncker se rend à la Maison Blanche

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se rend mercredi à Washington, dans un climat tendu, pour tenter d’empêcher une guerre commerciale totale avec Donald Trump.

La Maison Blanche menace de droits de douane les importations de voitures européennes, ce qui engendrerait forcément une riposte de Bruxelles si celles-ci entraient en vigueur.

« Nous nous rendons là-bas avec les meilleures intentions », dans l’espoir d' »une désescalade », a récemment insisté la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, qui accompagnera président Juncker à Washington.

« C’est une autre occasion de dédramatiser toute tension potentielle sur le commerce et d’engager un dialogue ouvert, constructif avec nos partenaires américains », a estimé le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, au cours du point presse quotidien.

Président Juncker sera reçu à 13H30 (17H30 GMT) à la Maison Blanche avant de prononcer un discours à 16H00 (20H00 GMT) devant un influent cercle de politique étrangère, le Center for Strategic and International Studies (CSIS).

 

L’immigration est « une chose très négative » pour l’Europe

Donald Trump a déclaré que l’immigration était “une chose très négative” pour l’Europe, entraînant un “changement de culture” et des problèmes de sécurité.

Je pense qu’elle (l’immigration) est en train de changer la culture, c’est une chose très négative pour l’Europe. Je sais que, politiquement, ce n’est pas forcément correct de dire cela mais je le clame haut et fort”, a dit le président américain lors d’une conférence de presse à l’issue d’un entretien avec Theresa May à Chequers, résidence de campagne de la Première ministre britannique.

Trump dans l’attente de post-Brexit

Donald Trump s’est dit impatient de conclure un accord commercial post-Brexit avec le Royaume-Uni, après avoir critiqué le plan de sortie de l’Union européenne de la Première ministre britannique Theresa May.

Dans un entretien accordé au Sun, le président américain explique que les Etats-Unis ne pourront pas conclure d’accord commercial avec la Grande-Bretagne si elle s’en tient au “livre blanc” sur le Brexit présenté jeudi par Theresa May, qui prévoit le maintien de liens commerciaux étroits avec l’Union européenne.

Si (la Grande-Bretagne) conclut un accord comme celui (proposé par Theresa May), nous traiterons avec l’Union européenne plutôt qu’avec le Royaume-Uni, ce qui va probablement tuer l’accord” anglo-américain, dit-il.

Donald Trump regrette par ailleurs que la Première ministre britannique ait ignoré ses conseils sur la façon de quitter l’UE. “Je l’aurais fait très différemment”, dit-il. “J’ai dit à Theresa May comment faire mais elle ne m’a pas écouté.”

 

Sommet OTAN et l’enjeu oublié du bouclier antimissile

Dr Pierre-Emmanuel Thomann OPINION

A l’occasion du sommet de l’OTAN des  11 et 12 juillet, les médias et la classe politique européenne se focalisent presque exclusivement sur les petites phrases de Donald Trump, afin de déceler son degré de loyauté vis à vis de l’Alliance atlantique.

Pourtant, des enjeux bien plus concrets et décisifs pour la sécurité européenne devraient retenir toute  leur attention.

La menace nucléaire iranienne avait  constitué la justification principale pour le projet de bouclier antimissile de l’OTAN, dont l’installation a été poursuivie de manière continue jusqu’à aujourd’hui. Depuis le retrait des Etats-Unis, le 8 mai dernier, à l’initiative de Donald Trump,  de l’accord sur le nucléaire iranien qui avait été signé en 2015, les Européens devraient se poser la question sur le rôle futur de ce bouclier anti-missile et ses répercussions sur leur sécurité. Ce dispositif rencontre l’opposition de la Russie qui affirme qu’il est dirigé en réalité contre elle et menace l’équilibre nucléaire stratégique    

La carte insérée dans cet article montre la localisation des infrastructures existantes et pressenties du bouclier. La ceinture marron fait apparaître les bases américaines et les éléments du bouclier comme un ensemble spatial continu, ainsi que les flèches bleues qui créent un mouvement depuis une « tête » états-unienne vers ses alliés, représentent la perception d’encerclement des Russes et des Chinois (bien que l’objectif affiché du bouclier soit de se protéger contre les missiles de l’Iran et de la Corée du Nord).

La question du bouclier antimissile, si le projet est renforcé,  pourrait donc faire à nouveau du territoire européen, un terrain d’affrontement entre les Russes et les Américains avec la perspective de renforcement d’une nouvelle guerre froide. Le territoire européen redeviendrait un enjeu entre les États-Unis et la Russie par la poursuite du déploiement du bouclier antimissile sans accord négocié entre les deux pays.

Les Allemands et les Français, qui étaient initialement méfiants de ce projet, mais qui ont finalement soutenu son incorporation à l’OTAN, sous pression des Etats-Unis, gagneraient à aborder à nouveau cette question majeure dans l’intérêt de la sécurité européenne. L’enjeu  est d’abord celui de leur propre souveraineté, car il est évident que ni l’un ni l’autre n’auront le doigt sur le bouton pour décider de la mise à feu éventuelle des missiles-antimissiles. L’autre enjeu est celui de la paix en Europe, car le bouclier antimissile, en raison des désaccords entre Russes et Américains,  augmente le risque de guerre nucléaire en Europe. Au lieu de spéculer sur les petites phrase de Donald Trump, les Européens feraient mieux de lui demander de clarifier sa position sur le rôle du bouclier anti-missile dans la sécurité européenne afin d’obtenir des garanties tangibles.

Dr Pierre-Emmanuel Thomann – géopolitologue- président Eurocontinent

Image: dessin /illustration de Dr Pierre-Emmanuel Thomann

NATO map

 

 

G7: ‘Six’ à renier leurs principes

Les Européens sont unis sur la défense des règles commerciales et de l’Accord de Paris sur le climat, à l’ouverture d’un sommet du G7 marqué par une forte opposition aux politiques non coopératives de Donald Trump, a déclaré vendredi une source à la présidence française.

Lors d’une réunion des dirigeants français, allemand, italien, britannique et des présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, la chancelière Angela Merkel a proposé la création d’un mécanisme d’évaluation et de dialogue avec les Etats-Unis sur les questions commerciales pour résoudre la crise actuelle et en prévenir d’autres, a ajouté la source.

Les Européens souhaitent des références à des règles commerciales collectives et à l’Accord de Paris dans le communiqué final sur lequel les “Sept” travaillent, et ils n’accepteront pas de mise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien, a-t-elle précisé.

Quelques heures après que Donald Trump a exprimé le souhait que la Russie soit réintégrée dans le G7, les Européens ont estimé qu’il faut d’abord montrer que le G7 fonctionne à sept, a dit la source.

Ils ont également estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour un retour de la Russie, notamment en raison de la situation en Ukraine, a-t-elle ajouté.

Priée de dire si les exigences des Européens, flanqués des Canadiens et des Japonais, en particulier sur les questions commerciales, ne rendaient pas impossible un accord du président américain sur un communiqué commun, la source a déclaré que rien n’était impossible mais que cela supposerait d’importantes concessions.

Si le sommet échouait à parvenir à un communiqué commun, ce ne serait “pas un drame”, a-t-elle dit, en soulignant qu’Emmanuel Macron préférait ne pas avoir de communiqué à sept plutôt que de voir les “Six” renier leurs principes.

Un grand jour pour le peuple d’Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué “un grand jour” pour le peuple et l’Etat d’Israël.

Donald Trump  a adressé un message vidéo diffusé lors de l’inauguration, estimant que “les Etats-Unis restent pleinement attachés à faciliter un accord de paix durable”.

Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump au Proche-Orient, a estimé sur Twitter que l’installation de l’ambassade américaine à Jérusalem, “mesure longtemps attendue”, était une “condition nécessaire” à l’élaboration d’une “paix durable” dans la région.

Dans son discours, Jared Kushner a également défendu cette position. “Jérusalem doit demeurer une ville qui rassemble les gens de toutes les religions”, a-t-il dit.

A Washington, en revanche, la Maison blanche a condamné le Hamas qu’elle accuse de porter la responsabilité des morts et de les avoir provoquée.

Emmanuel Macroncondamne les violences” commises dans la bande de Gaza et il s’entretiendra dans les prochains jours avec les acteurs de la région, a fait savoir l’Elysée.

Mogherini défend d’accord nucléaire

« L’Union européenne regrette la déclaration faite aujourd’hui par le président des Etats Unis sur l’accord nucléaire [plan d’action global commun (#JCPOA). Dans le cas où les Etats-Unis reconsidèreraient leur position, nous l’accueillerons positivement. Les Etats-Unis restent notre plus proche partenaire et ami, et nous continuerons de travailler ensemble dans de nombreux autres domaines’ – la Haute Représentante Federica Mogherini  à l’annonce la position de l’UE suit à la décision du Président des Etats-Unis concernant l’accord nucléaire avec l’Iran (#JCPOA).

« Comme nous l’avons toujours dit, l’accord nucléaire n’est pas un accord bilatéral et un seul pays ne peut pas y mettre fin de manière unilatérale. L’accord nucléaire avec l’Iran a été endossé à l’unanimité par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il constitue un élément clé de l’architecture mondiale de non-prolifération nucléaire. L’accord est d’autant plus pertinent que nous constatons des signaux encourageants dans la perspective de dénucléarisation de la péninsule coréenne. L’accord nucléaire est crucial pour la sécurité de la région, de l’Europe et du monde entier. »

« Tant que l’Iran continuera de mettre en œuvre ses engagements nucléaires [sous l’accord], comme il le fait jusqu’à présent, l’Union européenne restera engagée à poursuivre la mise en œuvre complète et effective de l’accord nucléaire. Nous faisons entièrement confiance au travail, à la compétence et à l’autonomie de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a publié 10 rapports certifiant que l’Iran a pleinement respecté ses engagements. »

« La levée des sanctions liées au nucléaire est une partie essentielle de l’accord. L’Union européenne a souligné à plusieurs reprises que la levée des sanctions liées au nucléaire avait non seulement un impact positif sur les relations commerciales et économiques avec l’Iran mais aussi et surtout des avantages cruciaux pour le peuple iranien. L’Union européenne s’engage pleinement à faire en sorte à ce que cela continue. »

« Je suis particulièrement inquiète par l’annonce de nouvelles sanctions. Je vais consulter tous nos partenaires dans les prochaines heures et dans les prochains jours pour évaluer leur implications. L’Union Européenne est déterminée à agir pour protéger ses intérêts sécuritaires et économiques. »

« L’accord nucléaire avec l’Iran est l’aboutissement de 12 années de diplomatie. Il appartient à l’ensemble de la communauté internationale. L’accord fonctionne et remplit son objectif : garantir que l’Iran ne développe pas d’armes nucléaires. L’Union européenne est déterminée à le préserver. Nous attendons du reste de la communauté internationale qu’il continue à faire sa part pour garantir que l’accord continue à être pleinement mis en œuvre, dans l’intérêt de notre sécurité collective. »

« Permettez-moi de conclure avec un message aux citoyens et dirigeants iraniens. Pour chacun d’entre eux : Ne laissez personne démanteler cet accord. C’est l’une des plus grandes réussites que la diplomatie n’ait jamais connu, et nous avons construit cela ensemble. C’est la démonstration que des solutions « gagnant-gagnant » sont possibles, à travers le dialogue, l’engagement et la persévérance. C’est la démonstration qu’un terrain d’entente peut être trouvé, même lorsque les positions et les intérêts semblent diverger. Ce respect peut être un langage universel. »

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