Archives des étiquettes : Donald Trump

Macron-Trump: l’excellente discussion

Le président français Emmanuel Macron a annoncé s’être entretenu par téléphone le 11 novembre avec son homologue américain Donald Trump sur la Syrie, l’Iran et l’Otan, précisant que les deux dirigeants se rencontreraient en amont du sommet de l’Otan prévu le 4 décembre à Londres.

“ce soir par téléphone avec le président Donald Trump: Syrie, Iran, Otan. Beaucoup de convergences ont été évoquées et nous nous verrons avant le sommet de l’Otan à Londres (ndlr, les 3 et 4 décembre)”, a écrit le chef de l’Etat sur Twitter.

A Washington, la Maison blanche a rapporté le 12 novembre que les deux dirigeants avaient “réaffirmé leur détermination à poursuivre leur coordination sur la Syrie” et exprimé leur inquiétude face aux mesures prises par l’Iran en violation de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire.

Etats-Unis: restrictions sur le droit d’asile

«Grande victoire à la Cour suprême des Etats-Unis pour la frontière sur le droit d’asile», s’est réjoui, sur Twitter, Donald Trump. La plus haute juridiction du pays a validé une mesure qui limite strictement les demandes d’asile aux Etats-Unis de migrants venant d’Amérique centrale.

 

Selon les organisations de défense des droits civiques et humains, qui avaient contesté cette directive devant un tribunal fédéral d’Oakland (Californie), cette mesure revient à exclure des procédures d’asile l’écrasante majorité des demandeurs arrivant à la frontière sud des Etats-Unis en provenance d’Amérique centrale.

Plusieurs centaines de milliers de personnes, souvent des familles avec enfants, sont potentiellement concernées par cette mesure controversée. Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’un des emblèmes de sa présidence et cherche à tout prix à réduire l’arrivée de migrants à la frontière sud des Etats-Unis. 

G7: Macron tente d’éviter la guerre du commerce

Le chef de l’Etat français a déclaré  avant le coup d’envoi du sommet du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada) qu’il présidera à Biarritz, qu’il tenterait durant les trois prochains jours de “convaincre” ses partenaires d’éviter les tensions commerciales et de s’engager dans une “forme de désescalade”.

L’un des objectifs de cette réunion du club des démocraties libérales, qui représentent 48% de la richesse mondiale, est de “convaincre tous nos partenaires que les tensions en particulier les tensions commerciales, sont mauvaises pour tout le monde”, a dit le chef de l’Etat français dans une allocution télévisée.

Nous devons réussir à avoir une forme de désescalade, à stabiliser les choses et à éviter cette guerre du commerce qui est en train de s’installer partout”, a-t-il ajouté, sans mentionner explicitement les tensions entre Pékin et Washington.

Trump menace des tarifs sur vins français

Le Président américain a déclaré qu’il n’incombait pas à la France mais aux Etats-Unis de taxer les entreprises américaines, en référence à la “taxe GAFA” votée par l’Assemblée Nationale que conteste Donald Trump et face à laquelle il envisage d’imposer des droits de douane sur les vins français.

Le texte adopté début juillet prévoit qu’une taxe de 3% sur les revenus s’appliquera rétroactivement au 1er janvier 2019 aux sociétés réalisant un chiffre d’affaires sur leurs activités numériques d’au moins €750 million au niveau mondial et de plus de €25 million sur le sol français, le rendement atteindra rapidement €500 millions par an.

« Je n’aime pas ce que la France a fait », a lancé le président américain. « Je ne veux pas que la France impose des taxes sur nos sociétés. C’est très injuste »« S’ils le font, nous imposerons des tarifs douaniers sur leurs vins », a-t-il ajouté. « Des tarifs douaniers comme ils n’en ont jamais vu », a-t-il insisté.

 

L’UE protègera exportateurs de vins français aux Etats-Unis

L’Union européenne (UE) se montrera solidaire de la France et n’hésitera pas à riposter si les Etats-Unis devaient alourdir les droits de douane sur certains produits français, dont le vin, a prévenu samedi le président du Conseil européen Donald Tusk.

Le président américain, Donald Trump, a plusieurs fois menacé de prendre des mesures de rétorsion après l’adoption, en France, d’une taxe sur les géants du numérique (GAFA), américains pour la plupart. Il a cité en premier lieu les vins français, qui pourraient être taxés “comme jamais ils ne l’ont été auparavant”.

Je protégerai le vin français avec une véritable détermination”, a répliqué Donald Tusk (UE) lors d’une conférence de presse à Biarritz, où s’ouvre le sommet du G7, en présence d’Emmanuel Macron et de Donald Trump, notamment.

 

Maison blanche « extrêmement déçus » de la taxe Gafa

Donald Trump a annoncé qu’il allait imposer des mesures de rétorsion à la France après l’adoption il y a deux semaines d’une taxe de 3% sur les revenus des grands acteurs du numérique (“Gafa”), principalement américains. (Image: archive)

Nous allons annoncer prochainement une mesure réciproque importante en réponse à la bêtise de Macron”, a écrit le président américain sur son micro blog Twitter.

“J’ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français”, a-t-il ajouté.

Donald Trump a précisé sa pensée un peu plus tard à la Maison blanche en déclarant qu’il “pourrait” imposer des droits de douane au vin français.

Il s’agit d’une menace récurrente de la part du président américain, qui avait, en novembre dernier, accusé Paris de pratiques commerciales inéquitables dans le domaine du vin, pratiques qui entraveraient selon lui l’accès des producteurs américains au marché français.

Donald Trump a dit s’être entretenu au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron, auprès duquel il s’était déjà plaint il y a une semaine de l’initiative de Paris, et a vanté leur “bonne relation”.

Les Etats-Unis devraient être les “seuls habilités” à taxer des entreprises américaines, a-t-il cependant estimé.

Les Etats-Unis sont extrêmement déçus de la décision de la France d’adopter une taxe au détriment des entreprises et des travailleurs américains”, a renchéri le porte-parole de la Maison blanche, Judd Deere.

 

Fissure géoéconomique entre États-Unis et l’UE

Pierre-Emmanuel Thomann OPINION Le retrait unilatéral des accords commerciaux multilatéraux pour maintenir la primauté géoéconomique américaine selon la nouvelle doctrine « America First » du président américain Donald Trump inquiète les adeptes du multilatéralisme. Cet abandon du  multilatéralisme  dénoncé par les Européens est toutefois à relativiser car les institutions multilatérales ont toujours masqué un rapport de forces plus favorable aux États-Unis avant l’émergence du monde multicentré. Ce tropisme s’exprime aujourd’hui de manière plus explicite et au travers de la recherche d’accords bilatéraux.  

 Ce qui est en revanche nouveau, c’est que le président américain désigne les Européens explicitement comme des adversaires dans le domaine économique.

Les États-Unis considèrent que leurs lois nationales sont au dessus des règles internationales, et pratiquent donc de plus en plus l’extraterritorialité en  sanctionnant ou menaçant de le faire les entreprises européennes  qui ont des liens commerciaux avec l’Iran, la Russie, ou la Chine. Les États-Unis pratiquent  aussi des pressions de manière explicites en liant sécurité et commerce à l’OTAN afin d’accroitre les exportations d’armements et les exportations américaines de gaz de schiste.

 Les Européens avaient rêvé pendant longtemps d’un partenariat euro-atlantique équilibré mais  avec Donald Trump et sa ligne directrice «America First», ce partenariat devient de plus en plus asymétrique et hiérarchique au détriment de l’Union européenne. L’Amérique de Trump semble favoriser une forme de multipolarité, mais sans l’Union européenne. Le maintien d’un scénario exclusif euro-atlantiste par inertie permet en réalité pour les gouvernements européens d’éviter les responsabilités. C’est la pente la plus facile, mais elle est lourde de conséquences pour l’avenir, notamment la marginalisation des Européens dans le jeu mondial et leur dérive vers le  statut de variable d’ajustement des autres puissances. Les États membres de l’Union européenne sont devenus de plus en plus dépendants des États-Unis qui restent leur arsenal militaire principal,  mais aussi vulnérables aux législations extraterritoriales, sous contrôle du cyberespace dominé par Google, Apple, Facebook et Amazon (les GAFA), tributaires des liens financiers et commerciaux transatlantiques, sous domination de la culture de masse et des idées avec les think tanks euro-atlantistes hégémoniques. Le lien fort avec les États-Unis, qui a été jusqu’à présent au cœur de la mondialisation et de ces flux géopolitiques, a progressivement affaibli l’héritage westphalien des nations européennes suite à leur adhésion à l’idéologie de la société ouverte et multiculturaliste.

 Il serait temps pour les  États membres de l’Union européenne de mieux protéger leurs intérêts géoéconomiques en tirant profit du monde multipolaire, en élargissant leurs alliances dans le monde avec des partenaires plus prévisibles, et en rapatriant aussi leurs usines sur le sol européen et en réhabilitant les frontières, instruments de souveraineté, notamment en s’inspirant des politiques de Donald Trump.    

 

“Relation spéciale” entre Washington et Londres

La Première ministre britannique Theresa May rappellera à Donald Trump les liens forts qui unissent les deux pays en offrant au président américain une copie de la charte de l’Atlantique de 1941, un document qui définit les bases de la paix après la Seconde guerre mondiale.

Donald et Melania Trump ont entamé une visite d’Etat de trois jours. Les questions politiques seront abordées, notamment celle de la “relation spéciale” entre Washington et Londres, au cours d’entretiens programmés avec Theresa May au 10 Downing Street.

La Première ministre marquera l’événement en offrant à Donald Trump une reproduction de la Charte de l’Atlantique, qui fut accrochée en temps de guerre au mur du Premier ministre Winston Churchill.

Le choix de Theresa May d’offrir cette reproduction souligne la volonté des Britanniques de nouer de nouvelles relations avec les Etats-Unis après le Brexit, alors que Londres quitte l’Union européenne et cherche à maintenir ses liens étroits avec Washington en concluant un nouvel accord commercial.

Mercredi, le 5 juin, veille du 75e anniversaire du débarquement de Normandie, Donald Trump et la reine seront à Portsmouth, dans le sud du pays, l’un des ports d’où est partie l’armada alliée. Le président américain se rendra ensuite brièvement en Irlande. Le 6 juin, il sera en Normandie pour les cérémonies du “Jour J”.

 

L’Europe: théâtre de la manœuvre

Dr Pierre-Emmanuel Thomann L’Europe est le théâtre de la manœuvre géopolitique des Etats-Unis en Eurasie.

Avec une continuité remarquable, les États-Unis cherchent depuis plus d’un siècle à empêcher l’émergence d’une puissance sur le continent eurasien qui puisse défier leur prépondérance  mondiale. Cette constante géopolitique depuis la Première Guerre mondiale avait été remise à l’ordre du jour dès la fin de la Guerre Froide avec la « doctrine Wolfowitz »  en 1992. Paul Wolfowitz, sous-secrétaire à la Défense chargé de la planification aux États-Unis, de 1989 à 1993, avait souligné que la mission de l’Amérique dans l’ère de l’après-guerre froide consisterait à s’assurer qu’aucune superpuissance rivale ne soit autorisée à émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de l’ancienne Union soviétique. La représentation stratégique de Zbigniew Zbrezinski, qui avait aussi fait de l’Eurasie l’enjeu principal des États-Unis, a exercé une influence dans l’administration américaine. Cet objectif a été explicitement remis sur la table par Aaron Wess Mitchell, secrétaire d’État adjoint pour l’Europe et l’Eurasie au département d’État sous la présidence de Donald Trump (source : https://ee.usembassy.gov/a-s-mitchells-speech/ )

La représentation géopolitique de Aaron Wess Mitchell renseignent un peu plus sur la stratégie des États-Unis sous la présidence Trump, malgré le sentiment d’incertitude qui règne sur la doctrine des États-Unis. On retrouve ici les objectifs géopolitiques de longue haleine des États-Unis. Ainsi, il précise que  « lors de trois guerres mondiales, deux chaudes et une froide, nous avons aidé à unifier l’Occident démocratique pour empêcher nos opposants brutaux de dominer l’Europe et le Rimland à l’Ouest de l’Eurasie ». Ainsi, sans surprise, la Russie et la Chine sont désignés comme les adversaires stratégiques des États-Unis alors que la Guerre froide est terminée depuis plus d’un quart de siècle, car ils « contestent la suprématie des USA et leur leadership au 21ème siècle ». On retrouve ici avec constance l’objectif des États-Unis de contrôler l’Eurasie afin d’empêcher un rival géopolitique d’y émerger à nouveau et relativiser leur propre puissance mondiale.

Les États-Unis font de l’Europe un  « Rimland », c’est à dire un espace côtier sous leur contrôle qui bloque une orientation de l’Union européenne vers l’espace eurasien, et donc vers la Russie, mais aussi la Chine par voie continentale.

L’Europe n’est qu’un des théâtres de leur stratégie géopolitique vis à vis de l’Eurasie, qui consiste à envelopper ce continent par les fronts est-européen et indo-pacifique (carte : La nouvelle rivalité des puissances). Une orientation exclusive selon le scénario euro-atlantiste implique donc pour les Européens de se positionner dans les limites imposées  par les priorités géopolitiques des États-Unis, et d’agir en conformité ou de s’abstenir. Dans cette configuration, une politique d’équilibre des Européens en fonction de leur propre géographie est donc rendue très difficile. Le scénario exclusif euro-atlantiste rend impossible in fine pour les Européens de décider de leurs propres finalités, faute d’avoir élaboré leurs propres priorités.

Ce scénario tendanciel affaiblit les Européens car il fait d’eux une variable d’ajustement de la géopolitique mondiale. Ainsi les EtatsUnis se sont retirés du traité ABM (Bouclier anti-missile) en 2001, de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, et menacent de sortir de l’accord INF sur les armes nucléaires à porté intermédiaire, sans consultations avec les Européens, dont la sécurité en sera pourtant affectée.  

La stratégie des États-Unis a donc pour objectif de ralentir l’émergence du monde multicentré qui menace l’héritage unipolaire de l’après Guerre froide. Si il y a acceptation d’une forme de multipolarité de la part de Donald Trump avec les grands adversaires stratégiques, elle se met en place à l’exclusion de l’Union européenne. Celle-ci s’arc-boute sur des paradigmes différents comme le multilatéralisme et ses États membres sont incapables de faire contrepoids aux États-Unis selon la doctrine de l’équilibre des forces.

L’Union européenne se trouve ainsi réduite au statut de zone tampon, comme théâtre de la manœuvre américaine en Eurasie, et une périphérie de plus en plus divisée et instrumentalisée par les États-Unis. Un scénario exclusif euro-atlantiste mais asymétrique et hiérarchique au profit des États-Unis et non pas équilibré selon l’idéal euro-atlantiste se met ainsi en place.

 

France doit « mieux partager » les frais de l’Otan

Donald Trump a déclaré au cours de son entretien avec Emmanuel Macron, qu’il estimait que Paris et Washington étaient “sur la même ligne”, a rapporté une source à l’Elysée , au lendemain d’un tweet du président américain visant des propos de son homologue français.

A peine arrivé à Paris vendredi soir (9/11), Donald Trump avait fustigé les propos d’Emmanuel Macron sur la création d’une armée européenne  “Très insultant, mais peut-être l’Europe devrait-elle payer sa part (du budget) de l’Otan, que les Etats-Unis assument largement”, avait-il écrit sur Twitter.

Pendant  ses déclarations mardi Macron a appelé de ses vœux la création d’une « véritable armée européenne » pour mieux protéger le continent.

« On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne », avait alors plaidé le président français. Il faut « nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis »,

Le tête-à-tête à l’Elysée entre les deux dirigeants, qui se sont rencontrés en marge des commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, a été “très constructif”, a dit une source diplomatic. “Dès le début, Donald Trump a dit qu’il lui semblait que la France et les Etats-Unis étaient plus proches dans leur vision des choses”.

« Nous devons mieux partage le fardeau au sein de l’Otan », a lancé Emmanuel Macron dès les début de l’entretien à l’Elysée, une reponse diplomatique au  locataire de la Maison Blanche qui ne cesse de réclame une hausse des dépenses militaires des pays européens jugeant la situation actuelle injuste pour le contribuable américain.

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