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Fissure géoéconomique entre États-Unis et l’UE

Pierre-Emmanuel Thomann OPINION Le retrait unilatéral des accords commerciaux multilatéraux pour maintenir la primauté géoéconomique américaine selon la nouvelle doctrine « America First » du président américain Donald Trump inquiète les adeptes du multilatéralisme. Cet abandon du  multilatéralisme  dénoncé par les Européens est toutefois à relativiser car les institutions multilatérales ont toujours masqué un rapport de forces plus favorable aux États-Unis avant l’émergence du monde multicentré. Ce tropisme s’exprime aujourd’hui de manière plus explicite et au travers de la recherche d’accords bilatéraux.  

 Ce qui est en revanche nouveau, c’est que le président américain désigne les Européens explicitement comme des adversaires dans le domaine économique.

Les États-Unis considèrent que leurs lois nationales sont au dessus des règles internationales, et pratiquent donc de plus en plus l’extraterritorialité en  sanctionnant ou menaçant de le faire les entreprises européennes  qui ont des liens commerciaux avec l’Iran, la Russie, ou la Chine. Les États-Unis pratiquent  aussi des pressions de manière explicites en liant sécurité et commerce à l’OTAN afin d’accroitre les exportations d’armements et les exportations américaines de gaz de schiste.

 Les Européens avaient rêvé pendant longtemps d’un partenariat euro-atlantique équilibré mais  avec Donald Trump et sa ligne directrice «America First», ce partenariat devient de plus en plus asymétrique et hiérarchique au détriment de l’Union européenne. L’Amérique de Trump semble favoriser une forme de multipolarité, mais sans l’Union européenne. Le maintien d’un scénario exclusif euro-atlantiste par inertie permet en réalité pour les gouvernements européens d’éviter les responsabilités. C’est la pente la plus facile, mais elle est lourde de conséquences pour l’avenir, notamment la marginalisation des Européens dans le jeu mondial et leur dérive vers le  statut de variable d’ajustement des autres puissances. Les États membres de l’Union européenne sont devenus de plus en plus dépendants des États-Unis qui restent leur arsenal militaire principal,  mais aussi vulnérables aux législations extraterritoriales, sous contrôle du cyberespace dominé par Google, Apple, Facebook et Amazon (les GAFA), tributaires des liens financiers et commerciaux transatlantiques, sous domination de la culture de masse et des idées avec les think tanks euro-atlantistes hégémoniques. Le lien fort avec les États-Unis, qui a été jusqu’à présent au cœur de la mondialisation et de ces flux géopolitiques, a progressivement affaibli l’héritage westphalien des nations européennes suite à leur adhésion à l’idéologie de la société ouverte et multiculturaliste.

 Il serait temps pour les  États membres de l’Union européenne de mieux protéger leurs intérêts géoéconomiques en tirant profit du monde multipolaire, en élargissant leurs alliances dans le monde avec des partenaires plus prévisibles, et en rapatriant aussi leurs usines sur le sol européen et en réhabilitant les frontières, instruments de souveraineté, notamment en s’inspirant des politiques de Donald Trump.    

 

“Relation spéciale” entre Washington et Londres

La Première ministre britannique Theresa May rappellera à Donald Trump les liens forts qui unissent les deux pays en offrant au président américain une copie de la charte de l’Atlantique de 1941, un document qui définit les bases de la paix après la Seconde guerre mondiale.

Donald et Melania Trump ont entamé une visite d’Etat de trois jours. Les questions politiques seront abordées, notamment celle de la “relation spéciale” entre Washington et Londres, au cours d’entretiens programmés avec Theresa May au 10 Downing Street.

La Première ministre marquera l’événement en offrant à Donald Trump une reproduction de la Charte de l’Atlantique, qui fut accrochée en temps de guerre au mur du Premier ministre Winston Churchill.

Le choix de Theresa May d’offrir cette reproduction souligne la volonté des Britanniques de nouer de nouvelles relations avec les Etats-Unis après le Brexit, alors que Londres quitte l’Union européenne et cherche à maintenir ses liens étroits avec Washington en concluant un nouvel accord commercial.

Mercredi, le 5 juin, veille du 75e anniversaire du débarquement de Normandie, Donald Trump et la reine seront à Portsmouth, dans le sud du pays, l’un des ports d’où est partie l’armada alliée. Le président américain se rendra ensuite brièvement en Irlande. Le 6 juin, il sera en Normandie pour les cérémonies du “Jour J”.

 

L’Europe: théâtre de la manœuvre

Dr Pierre-Emmanuel Thomann L’Europe est le théâtre de la manœuvre géopolitique des Etats-Unis en Eurasie.

Avec une continuité remarquable, les États-Unis cherchent depuis plus d’un siècle à empêcher l’émergence d’une puissance sur le continent eurasien qui puisse défier leur prépondérance  mondiale. Cette constante géopolitique depuis la Première Guerre mondiale avait été remise à l’ordre du jour dès la fin de la Guerre Froide avec la « doctrine Wolfowitz »  en 1992. Paul Wolfowitz, sous-secrétaire à la Défense chargé de la planification aux États-Unis, de 1989 à 1993, avait souligné que la mission de l’Amérique dans l’ère de l’après-guerre froide consisterait à s’assurer qu’aucune superpuissance rivale ne soit autorisée à émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de l’ancienne Union soviétique. La représentation stratégique de Zbigniew Zbrezinski, qui avait aussi fait de l’Eurasie l’enjeu principal des États-Unis, a exercé une influence dans l’administration américaine. Cet objectif a été explicitement remis sur la table par Aaron Wess Mitchell, secrétaire d’État adjoint pour l’Europe et l’Eurasie au département d’État sous la présidence de Donald Trump (source : https://ee.usembassy.gov/a-s-mitchells-speech/ )

La représentation géopolitique de Aaron Wess Mitchell renseignent un peu plus sur la stratégie des États-Unis sous la présidence Trump, malgré le sentiment d’incertitude qui règne sur la doctrine des États-Unis. On retrouve ici les objectifs géopolitiques de longue haleine des États-Unis. Ainsi, il précise que  « lors de trois guerres mondiales, deux chaudes et une froide, nous avons aidé à unifier l’Occident démocratique pour empêcher nos opposants brutaux de dominer l’Europe et le Rimland à l’Ouest de l’Eurasie ». Ainsi, sans surprise, la Russie et la Chine sont désignés comme les adversaires stratégiques des États-Unis alors que la Guerre froide est terminée depuis plus d’un quart de siècle, car ils « contestent la suprématie des USA et leur leadership au 21ème siècle ». On retrouve ici avec constance l’objectif des États-Unis de contrôler l’Eurasie afin d’empêcher un rival géopolitique d’y émerger à nouveau et relativiser leur propre puissance mondiale.

Les États-Unis font de l’Europe un  « Rimland », c’est à dire un espace côtier sous leur contrôle qui bloque une orientation de l’Union européenne vers l’espace eurasien, et donc vers la Russie, mais aussi la Chine par voie continentale.

L’Europe n’est qu’un des théâtres de leur stratégie géopolitique vis à vis de l’Eurasie, qui consiste à envelopper ce continent par les fronts est-européen et indo-pacifique (carte : La nouvelle rivalité des puissances). Une orientation exclusive selon le scénario euro-atlantiste implique donc pour les Européens de se positionner dans les limites imposées  par les priorités géopolitiques des États-Unis, et d’agir en conformité ou de s’abstenir. Dans cette configuration, une politique d’équilibre des Européens en fonction de leur propre géographie est donc rendue très difficile. Le scénario exclusif euro-atlantiste rend impossible in fine pour les Européens de décider de leurs propres finalités, faute d’avoir élaboré leurs propres priorités.

Ce scénario tendanciel affaiblit les Européens car il fait d’eux une variable d’ajustement de la géopolitique mondiale. Ainsi les EtatsUnis se sont retirés du traité ABM (Bouclier anti-missile) en 2001, de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, et menacent de sortir de l’accord INF sur les armes nucléaires à porté intermédiaire, sans consultations avec les Européens, dont la sécurité en sera pourtant affectée.  

La stratégie des États-Unis a donc pour objectif de ralentir l’émergence du monde multicentré qui menace l’héritage unipolaire de l’après Guerre froide. Si il y a acceptation d’une forme de multipolarité de la part de Donald Trump avec les grands adversaires stratégiques, elle se met en place à l’exclusion de l’Union européenne. Celle-ci s’arc-boute sur des paradigmes différents comme le multilatéralisme et ses États membres sont incapables de faire contrepoids aux États-Unis selon la doctrine de l’équilibre des forces.

L’Union européenne se trouve ainsi réduite au statut de zone tampon, comme théâtre de la manœuvre américaine en Eurasie, et une périphérie de plus en plus divisée et instrumentalisée par les États-Unis. Un scénario exclusif euro-atlantiste mais asymétrique et hiérarchique au profit des États-Unis et non pas équilibré selon l’idéal euro-atlantiste se met ainsi en place.

 

France doit « mieux partager » les frais de l’Otan

Donald Trump a déclaré au cours de son entretien avec Emmanuel Macron, qu’il estimait que Paris et Washington étaient “sur la même ligne”, a rapporté une source à l’Elysée , au lendemain d’un tweet du président américain visant des propos de son homologue français.

A peine arrivé à Paris vendredi soir (9/11), Donald Trump avait fustigé les propos d’Emmanuel Macron sur la création d’une armée européenne  “Très insultant, mais peut-être l’Europe devrait-elle payer sa part (du budget) de l’Otan, que les Etats-Unis assument largement”, avait-il écrit sur Twitter.

Pendant  ses déclarations mardi Macron a appelé de ses vœux la création d’une « véritable armée européenne » pour mieux protéger le continent.

« On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne », avait alors plaidé le président français. Il faut « nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis »,

Le tête-à-tête à l’Elysée entre les deux dirigeants, qui se sont rencontrés en marge des commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, a été “très constructif”, a dit une source diplomatic. “Dès le début, Donald Trump a dit qu’il lui semblait que la France et les Etats-Unis étaient plus proches dans leur vision des choses”.

« Nous devons mieux partage le fardeau au sein de l’Otan », a lancé Emmanuel Macron dès les début de l’entretien à l’Elysée, une reponse diplomatique au  locataire de la Maison Blanche qui ne cesse de réclame une hausse des dépenses militaires des pays européens jugeant la situation actuelle injuste pour le contribuable américain.

L’initiative pour préserver la sécurité européenne

Dr Pierre-Emmanuel Thomann OPINION  Le président américain Donald Trump a confirmé le 20 octobre qu’il allait retirer les États-Unis du traité INF sur les armes nucléaires intermédiaires conclu en 1987 avec l’URSS. Il faut rappeler que les USA se sont déjà retirés du traité ABM (traité de réduction des armes  stratégiques) en 2001, et ont systématiquement poursuivi la mise en oeuvre du bouclier anti-missile avec pour conséquence la déstabilisation des équilibres géostratégiques, et la réaction de la Russie. Cette nouvelle décision risque de fragiliser encore plus la sécurité européenne.URSS

Le retrait des États-Unis du traité INF suivi d’une relance de la course aux armements, aurait pour effet un renforcement probable du bouclier anti-missile, en plus de l’installation éventuelle de nouveaux missiles à courte portée en Europe, mais aussi en Asie, car la Chine est visée comme la Russie. Cela aboutirait logiquement à un renforcement de la perception d’encerclement de la Russie, mais aussi de la Chine, et favoriserait la course aux armements  et les stratégies d’escalade.

Le territoire de l’Europe serait en première ligne pour les risques encourus de guerre nucléaire dans le cadre de la rivalité croissante entre les États-Unis et la Russie. En conclusion, il serait urgent que les dirigeants des États européens se penchent sur cet enjeu majeur afin de ne pas se cantonner à un rôle de supplétifs. Autrement dit, éviter de laisser la sécurité de leur citoyens dépendre de manœuvres américaines et russes, sans influencer le cours de choses. La négociation d’une nouvelle architecture européenne de sécurité avec la Russie, sur la base d’un rapprochement Paris-Berlin-Moscou pour contrebalancer les initiatives américaines déstabilisatrices est plus que jamais d’actualité.

Dr Pierre-Emmanuel Thomann – Géopolitologue – Eurocontinent

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Nikki Haley a démissionné

Donald Trump a annoncé  qu’il avait accepté la démission de Nikki Haley, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, qui abandonnera son poste à la fin de l’année.

S’exprimant devant des journalistes dans le Bureau ovale de la Maison blanche, avec à ses côtés Nikki Haley, le président a salué l’”incroyable travail” qu’elle a effectué aux Nations unies.

Il a précisé qu’elle l’avait informé il y a six mois qu’elle voulait quitter son poste “pour prendre un peu de temps libre” et a souhaité qu’elle revienne un jour aux responsabilités dans une autre fonction.

“Nous sommes heureux pour vous, dans un sens, mais nous n’aimons pas vous perdre (…) Nous espérons que vous reviendrez un jour, peut-être dans d’autres fonctions, vous pourrez avoir le choix”, a dit Donald Trump.

Nikki Haley, qui est âgée de 46 ans, a déclaré pour sa part qu’elle ferait campagne pour la réélection de Trump à la présidence en 2020.

Macron défends multilatérlisme

Emmanuel Macron a pris le contre-pied de Donald Trump en s’en critiquant, lors d’un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, la “loi du plus fort” et l’unilatéralisme qui conduisent selon lui directement “au repli et au conflit”.

La loi du plus fort, la tentation pour chacun de suivre sa propre loi : cette voie, celle de l’unilatéralisme, nous conduit directement au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun”, a-t-il souligné devant une centaine de chefs d’Etat et de gouvernements.

Défendre la coopération et le multilatéralisme peut ne plus être à la mode”, a-t-il poursuivi. “Alors ne soyons pas à la mode, nous le devons à ceux qui nous ont permis d’être assis là, n’oubliez jamais que les génocides étaient nourris par les discours auxquels nous nous habituons, parce qu’ils ont été nourris par les succès d’estrade que nous applaudissons”.

 

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