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Nice: l’attaque au couteau

« Tout doit être fait « pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire », a dit le maire (LR) de Nice Christian Estrosi (@cestrosi) jeudi 29 octobre, réagissant à l’attaque au couteau qui a fait trois morts à la basilique Notre-Dame. L’auteur « n’a cessé de le répéter devant nous ‘Allah Akbar’ alors qu’il était médicalisé sur place », a-t-il ajouté.

« Trop c’est trop, il est temps maintenant que la France s’exonère des lois de la paix pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire », a-t-il ajouté, demandant que « toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville ».

Deux personnes, un homme et une femme, ont été tuées dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption, située en plein centre-ville et une troisième personne grièvement blessée a réussi à fuir vers un bar, mais elle a ensuite succombé à ses blessures. Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

L’assailant a été grièvement blessé lors de l’intervention de la police et transporté à l’hôpital. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Twitter la tenue d’une « réunion de crise » place Beauvau tandis que l’Assemblée nationale a décidé d’observer une minute de silence en hommage aux victimes.

Huit disparus aux Alpes-Maritimes

Le Premier ministre Jean Castex, venu constater les dégâts avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré avoir engagé la procédure de catastrophe naturelle et promis le plein soutien de l’Etat.

“Je suis venu exprimer la solidarité de la nation aux Alpes-Maritimes (…) J’ai été très impressionné par ce que j’ai vu”, a déclaré le chef du gouvernement à la presse à la préfecture des Alpes-Maritimes, à Nice.

“Il y a huit disparus confirmés et de nombreuses personnes dont nous sommes sans nouvelles. Je ne vous cache pas notre vive inquiétude sur le bilan définitif de cet épisode”, a-t-il ajouté.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, avait évoqué dès samedi matin un “désastre sans précédent, du jamais vu depuis plus d’un siècle”, après avoir survolé en hélicoptère la zone la plus sinistrée, la région de la Haute-Vésubie.

“La voirie et une centaine de maisons ont été emportées ou sont en partie détruites. Ce qui nous préoccupe le plus, c’est le bilan humain”, a-t-il déclaré à la presse.

Météo France a annoncé que 500 mm d’eau étaient tombés sur le village de Saint-Martin-Vésubie, soit l’équivalent de trois mois de pluie en moins de 10 heures, “un record absolu pour la station, comme l’échelle départementale”.

“La situation était tellement extrême hier (vendredi) qu’on ne pouvait pas engager les secours”, aussi bien dans les airs qu’à terre, en dehors des unités prépositionnées dans les vallées, a commenté Frédéric Portet, porte-parole de la fédération des sapeurs-pompiers de France, sur BFM-TV.

La rivière Vésubie a enregistré à certains endroits une crue de près de huit mètres, emportant tout sur son passage, a déclaré Alix Roumagnac, directeur de Predict Services, une filiale de Météo France, sur France Info.

D’après Jérémy Crunchant, directeur général de la protection civile des Alpes-Maritimes, interrogé lui aussi par France Info, les précipitations ont été bien plus abondantes que celles du 3 octobre 2015, qui avaient fait 20 morts sur le littoral dans la région de Cannes.

Les Alpes-Maritimes étaient vendredi en alerte rouge, ce qui avait notamment entraîné la fermeture des écoles du département, alors que la tempête Alex avait balayé dans la nuit de jeudi à vendredi le sud de la Bretagne, avec des vents soufflant en rafale à plus de 180 km/h.

Le député Eric Ciotti (Les Républicains), originaire d’un des villages les plus touchés, Saint-Martin-Vésubie, a évoqué samedi matin sur France Bleu des villages coupés du monde dans les vallées de la Vésubie mais aussi de la Roya, près de la frontière avec l’Italie.

Selon Enedis, 12.000 foyers étaient privés d’électricité dans la région.

Une douzaine d’hélicoptères de la protection civile et de l’armée ont été mobilisés pour évaluer les dégâts et apporter une aide aux régions les moins accessibles.

Jean Castex a précisé qu’en plus des hélicoptères, l’armée allait fournir un détachement du génie pour contribuer à rétablir l’accès aux vallées dévastées par les crues.

Napoléon voyage de Rouen à Nice?

Le remplacement de la statue de l’empereur Napoléon par une figure féminine est envisagé à Rouen. La statue de Napoléon pourrait-elle voyager de Rouen vers Nice? Le maire de Nice est intervenu face à la lutte qui s’organise contre son déboulonnage. Christian Estrosi s’est porté volontaire pour récupérer la statue équestre.

«La ville de Nice, membre du réseau Ville Impériale, propose de la récupérer pour son espace public si la consultation en cours à Rouen n’aboutit pas à sa réinstallation dans cette ville», a rédigé le maire sur son compte Twitter.

Il a d’ailleurs ajouté que « le sort de la statue de Napoléon, qui a tant fait pour la grandeur de la France», l’a « interpellé ». Christian Estrosi a évoqué cela « sans porter de jugement sur les choix de la municipalité de Rouen».

Cependant, l’édile PS de Rouen ne l’a pas entendu de cette oreille. Nicolas Mayer-Rossignol a sèchement répondu à Christian Estrosi sur Twitter : «Cher Christian Estrosi, merci pour votre intérêt soudain pour Rouen ! Il n’a jamais été question de se séparer de la statue de Napoléon, nous la restaurons pour +100k€. Plutôt que polémiquer travaillons à l’égalité F/H dans l’espace public. À Nice, Rouen et ailleurs, tant reste à faire.»

Démontée pour être restaurée, la statue équestre de Napoléon qui trône devant l’hôtel de ville à Rouen pourrait définitivement céder sa place à «une figure féministe» si les citadins acceptent cette initiative de leur maire. Selon lui, cette démarche favoriserait l’égalité femmes-hommes. Plusieurs pétitions dénoncent une attaque de l’Histoire.

Érigé en 1865, le monument de l’Empereur a été temporairement enlevé début juillet à cause d’une fissure apparue sur l’une des pattes du cheval qui menace sa stabilité. La rénovation devrait prendre plusieurs mois et finir par la remise de la statue dans un lieu à préciser.

Paris Match en retrait de la vente

Le procureur de Paris a demandé le retrait de la vente de l’hebdomadaire Paris Match, qui publie jeudi des images prises le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, à Nice, le soir de l’attentat meurtrier au camion-bélier, a-t-on appris de source judiciaire.

Des associations de victimes et le maire de Nice, Christian Estrosi, ont également déploré la publication de ces photos un an presque jour pour jour après cette attaque, qui a fait 86 morts et plusieurs centaines de blessés.

« Ces captures d’écran, publiées sans précaution aucune, portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches » dans le seul but de « faire du sensationnel » et de « créer une atmosphère morbide et voyeuriste », écrit Eric Morain, avocat de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), dans un communiqué.

Le procureur de Paris, François Molins, a lancé une procédure d’urgence (« référé d’heure à heure ») pour « atteinte à la dignité de la personne humaine », précise-t-on de source judiciaire.

Sur les images, qui figurent dans le dossier d’instruction, on peut voir le camion percuter des passants mais aussi, sur l’une d’entre elles, le corps ensanglanté de l’assaillant, tué par la police, dans l’habitacle du poids lourd.

Le magazine a répondu aux critiques en invoquant sur son site internet « le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s’est passé exactement ».

« Quant aux photos du camion cette nuit-là, largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, (…) il s’agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité », se défend le directeur de la rédaction, Olivier Royant.