Archives des étiquettes : Chine

Nouvelle course aux armements

Pierre-Emmanuel Thomann, géopolitologue OPINION Les États-Unis, moins d’un mois après leur sortie effective le 2 août du traité INF sur les missiles à portée intermédiaire signé en 1987 (500 à 5.500 km), ont tiré un missile de portée intermédiaire au large de la Californie le 19 août pour tester cette nouvelle arme auparavant interdite par le traité. Ce nouveau missile conventionnel est susceptible de porter aussi une tête nucléaire. La Russie s’est aussi immédiatement définitivement retirée du traité INF en réaction de la décision des États-Unis.

Ce tir de missile révèle la réalité suivante: Pour être déjà en mesure de lancer un nouveau missile, un mois après la sortie du traité, des recherches avaient donc été entreprises par les États-Unis sur le développement d’un nouveau missile intermédiaire, alors que ce type de missile était encore interdit. Il est stupéfiant qu’aucun européen membre de l’UE ou de l’OTAN n’ai relevé cet aspect. Cet évènement renforce la thèse de ceux qui accusent les États-Unis d’avoir utilisé le prétexte d’un soi-disant non respect du traité INF de la part des Russes pour développer leur propre missile. De plus, en sortant du traité unilatéralement, les États-Unis perdent un moyen de pression vis à vis de la Russie. La Chine qui n’a signé aucun traité en la matière est aussi la cible des États-Unis qui cherchent à maintenir leur suprématie stratégique en Eurasie, de Lisbonne à Pékin. La Chine refuse jusqu’à présent d’engager des négociations sur un nouveau traité plus large promu par les États-Unis qui pratiquent l’escalade comme moyen de pression.

En tant que puissance maritime inégalée dans le monde, le États-Unis sont pourtant déjà capables de tirer des missiles de moyenne portée sur les territoires Russe et Chinois à partir de l’espace maritime, alors que la Russie et la Chine, avant tout des puissances continentales ayant pour priorité la sécurité de leur environnement terrestre, ont jusqu’à présent développé moins de capacité maritimes. Comme les capacités maritimes (missiles embarqués à bord des navires de surface, des sous-marins ou des aéronefs) n’ont jamais été intégrés dans le traité INF qui porte sur les missiles sol-sol et sol air, une asymétrie a toujours existé en faveur des États-Unis.
Il faut aussi souligner que les environnements de sécurité des États-Unis et de la Russie ne sont pas comparables. La question de la position géographique des territoires des États-Unis et de la Russie est un élément central pour comprendre que l’on ne peut pas simplement raisonner en termes d’équivalence des armements. La Russie est entourée dans son environnement géographique proche de nombreux États dotés de capacité balistiques accrues.
Le territoire de la Russie est donc situé dans un environnement stratégique difficile au contact de puissances nucléaires comme la Chine et des zones de rivalités géopolitiques comme la Caucase, l’Asie centrale, l’Extrême Orient, tandis que les États-Unis ont pour voisins le Canada et le Mexique. La production par les États-Unis de nouveaux missiles en réponse au nom respect supposé des accords par les Russes et les déploiement de missiles chinois n’apporte ni un gain de sécurité aux États-Unis, entourés des Océans Pacifique et Atlantique, et n’a pas d’effet de dissuasion, ni sur la Russie, ni sur la Chine non plus qui doivent se positionner face à d’autres menaces provenant du continent eurasien. Cette décision fournit même une incitation de la part des Russes et des Chinois pour renforcer leur propre arsenal.
Après s’être retirés unilatéralement du Traité ABM en 2002, du traité INF en 2019, les États-Unis, ont aussi souligné que le renouvellement 2021 d’un traité de réduction des armes nucléaires, Start II (traité de réduction des armes stratégiques signé en 2012) ne serait pas automatiquement reconduit.

La Russie avait proposé avant le retrait américain un « moratoire sur le déploiement d’armes de portée intermédiaire », rejeté par l’OTAN. L’OTAN a pourtant affirmé ne pas vouloir se lancer dans une course aux armements et refuse jusqu’à présent la perspective d’installer de nouveau missiles sur le territoire européen.

Toutefois, cette posture étant par nature précaire face au risque d’escalade entre les États-Unis, la Russie et la Chine qui ferait des Européens les grands perdants d’une nouvelle course aux armements, l’idée d’une nouvelle architecture européenne de sécurité de Lisbonne à Vladivostok devient encore plus pertinente. En effet, seule une négociation d’envergure continentale incluant la Russie est susceptible de rétablir la confiance et maîtriser cette nouvelle course aux armements sur les missiles à portée intermédiaire qui n’a pas de sens pour les intérêts géopolitiques des nations européennes.

 

Fissure géoéconomique entre États-Unis et l’UE

Pierre-Emmanuel Thomann OPINION Le retrait unilatéral des accords commerciaux multilatéraux pour maintenir la primauté géoéconomique américaine selon la nouvelle doctrine « America First » du président américain Donald Trump inquiète les adeptes du multilatéralisme. Cet abandon du  multilatéralisme  dénoncé par les Européens est toutefois à relativiser car les institutions multilatérales ont toujours masqué un rapport de forces plus favorable aux États-Unis avant l’émergence du monde multicentré. Ce tropisme s’exprime aujourd’hui de manière plus explicite et au travers de la recherche d’accords bilatéraux.  

 Ce qui est en revanche nouveau, c’est que le président américain désigne les Européens explicitement comme des adversaires dans le domaine économique.

Les États-Unis considèrent que leurs lois nationales sont au dessus des règles internationales, et pratiquent donc de plus en plus l’extraterritorialité en  sanctionnant ou menaçant de le faire les entreprises européennes  qui ont des liens commerciaux avec l’Iran, la Russie, ou la Chine. Les États-Unis pratiquent  aussi des pressions de manière explicites en liant sécurité et commerce à l’OTAN afin d’accroitre les exportations d’armements et les exportations américaines de gaz de schiste.

 Les Européens avaient rêvé pendant longtemps d’un partenariat euro-atlantique équilibré mais  avec Donald Trump et sa ligne directrice «America First», ce partenariat devient de plus en plus asymétrique et hiérarchique au détriment de l’Union européenne. L’Amérique de Trump semble favoriser une forme de multipolarité, mais sans l’Union européenne. Le maintien d’un scénario exclusif euro-atlantiste par inertie permet en réalité pour les gouvernements européens d’éviter les responsabilités. C’est la pente la plus facile, mais elle est lourde de conséquences pour l’avenir, notamment la marginalisation des Européens dans le jeu mondial et leur dérive vers le  statut de variable d’ajustement des autres puissances. Les États membres de l’Union européenne sont devenus de plus en plus dépendants des États-Unis qui restent leur arsenal militaire principal,  mais aussi vulnérables aux législations extraterritoriales, sous contrôle du cyberespace dominé par Google, Apple, Facebook et Amazon (les GAFA), tributaires des liens financiers et commerciaux transatlantiques, sous domination de la culture de masse et des idées avec les think tanks euro-atlantistes hégémoniques. Le lien fort avec les États-Unis, qui a été jusqu’à présent au cœur de la mondialisation et de ces flux géopolitiques, a progressivement affaibli l’héritage westphalien des nations européennes suite à leur adhésion à l’idéologie de la société ouverte et multiculturaliste.

 Il serait temps pour les  États membres de l’Union européenne de mieux protéger leurs intérêts géoéconomiques en tirant profit du monde multipolaire, en élargissant leurs alliances dans le monde avec des partenaires plus prévisibles, et en rapatriant aussi leurs usines sur le sol européen et en réhabilitant les frontières, instruments de souveraineté, notamment en s’inspirant des politiques de Donald Trump.    

 

Sarrasin en vogue

Autrefois aliment pour les pauvres, le sarrasin a le vent en poupe en France où cette fleur dépourvue de gluten et ne supportant pas de pesticides est revalorisée dans des plats exotiques, souvent inspirés du Japon, jusque dans la cuisine gastronomique.

Certes, les crêperies servent toujours la traditionnelle galette bretonne à base de farine de sarrasin… Mais l’heure est surtout aux nouilles saupoudrées de graines torréfiées, tisanes, glaces, salades et sandwiches semi-fermentés.

La plante originaire de Chine n’a été introduite en Europe qu’au Moyen-Age après un passage par la Russie, où le sarrasin est toujours aujourd’hui consommé en bouillie ou en accompagnement de viandes ou champignons. Elle a de quoi séduire les sportifs, allergiques, diabétiques et adeptes d’un mode de vie sain.

Visite de Xi Jinping en France

Le président de la Chine  Xi Jinping entame le volet officiel de sa visite en France, où Emmanuel Macron tentera de le persuader de jouer selon les règles d’un multilatéralisme mal en point et alors que les Européens sont divisés face à l’offensive diplomatico-commerciale de Pékin.

Emmanuel Macron a assuré que des contrats seraient signés avec ce partenaire économique stratégique, mais n’a donné aucune précision sur leur ampleur. Paris avait récemment affirmé avoir reçu de Pékin des « signaux positifs » sur la finalisation d’une commande de 184 Airbus A320.

 

 

L’UE débat sur la Chine

« Le temps de la naïveté européenne » dans les relations avec la Chine est révolu, a déclaré Emmanuel Macron.

Le sommet européen, bouleversé une fois encore par le processus du Brexit, a permis un long débat sur la Chine, mais n’a pas abouti à une conclusion formelle.

L’objectif affiché de présenter un front uni sur la Chine a été compliqué par la visite que le président chinois Xi Jinping effectue en parallèle en Italie, où le gouvernement Ligue-Mouvement 5 Etoiles (M5S) devrait signer un accord arrimant l’Italie au projet chinois des Nouvelles routes de la soie (“Belt and Road”).

 

L’initiative pour préserver la sécurité européenne

Dr Pierre-Emmanuel Thomann OPINION  Le président américain Donald Trump a confirmé le 20 octobre qu’il allait retirer les États-Unis du traité INF sur les armes nucléaires intermédiaires conclu en 1987 avec l’URSS. Il faut rappeler que les USA se sont déjà retirés du traité ABM (traité de réduction des armes  stratégiques) en 2001, et ont systématiquement poursuivi la mise en oeuvre du bouclier anti-missile avec pour conséquence la déstabilisation des équilibres géostratégiques, et la réaction de la Russie. Cette nouvelle décision risque de fragiliser encore plus la sécurité européenne.URSS

Le retrait des États-Unis du traité INF suivi d’une relance de la course aux armements, aurait pour effet un renforcement probable du bouclier anti-missile, en plus de l’installation éventuelle de nouveaux missiles à courte portée en Europe, mais aussi en Asie, car la Chine est visée comme la Russie. Cela aboutirait logiquement à un renforcement de la perception d’encerclement de la Russie, mais aussi de la Chine, et favoriserait la course aux armements  et les stratégies d’escalade.

Le territoire de l’Europe serait en première ligne pour les risques encourus de guerre nucléaire dans le cadre de la rivalité croissante entre les États-Unis et la Russie. En conclusion, il serait urgent que les dirigeants des États européens se penchent sur cet enjeu majeur afin de ne pas se cantonner à un rôle de supplétifs. Autrement dit, éviter de laisser la sécurité de leur citoyens dépendre de manœuvres américaines et russes, sans influencer le cours de choses. La négociation d’une nouvelle architecture européenne de sécurité avec la Russie, sur la base d’un rapprochement Paris-Berlin-Moscou pour contrebalancer les initiatives américaines déstabilisatrices est plus que jamais d’actualité.

Dr Pierre-Emmanuel Thomann – Géopolitologue – Eurocontinent

INF Map PET

Six cents kilos d’ivoire ont été détruits à Nice

Dans le cadre d’une opération menée par une association de protection des animaux et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), 600 kilos d’ivoire ont été brûlés à Nice.

Six cents kilos d’ivoire, issus de saisies judiciaires et de dons de particuliers, ont été détruits mercredi à Nice dans le cadre d’une opération menée par une association de protection des animaux et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Grâce à l’opération #Jedonnemonivoire lancée par l’ONG IFAW, 100 kg d’ivoire ont été rapportés par des particuliers, a précisé le Fonds international pour la protection des animaux. Les 500 autres kilos détruits par l’ONCFS proviennent d’un stock issu de saisies judiciaires effectuées lors de ventes sur internet ou aux enchères. Concassé, l’ivoire devait ensuite être incinéré.

« L’objectif de cette destruction est de s’assurer que ces objets, dotés d’une valeur commerciale, ne puissent pas être remis sur les marchés« , ont souligné les organisateurs, rappelant que chaque année plus de 20.000 éléphants sont braconnés en Afrique.

Elephans baby

« Entrées précédentes