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Calais: un degré de violence « jamais connu »

Une vingtaine de blessés, dont quatre entre la vie et la mort touchés par balle: de violents affrontements entre migrants afghans et africains en plusieurs endroits de Calais ont éclaté durant cette semaine, un « degré de violence jamais connu » selon le ministre de l’Intérieur.

« On a atteint une escalade de la violence devenue insupportable pour les Calaisiens et les migrants », a déclaré Gérard Collomb, qui s’est rendu en début de nuit sur les lieux de l’une des rixes le jeudi, 1/02/2018.

 

« C’est un degré de violence jamais connu, » a-t-il déclaré un peu plus tôt devant la presse au commissariat, déplorant des événements « exceptionnellement graves ».

« Je suis venu réaffirmer notre mobilisation face aux passeurs qui nourrissent quotidiennement violences et rixes », a ajouté le ministre, qui a rencontré les forces de l’ordre, les pompiers et des membres de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

Plusieurs rixes ont éclaté jeudi (1.02.2018) après-midi à divers endroits de Calais, entre des centaines de migrants, et 22 personnes ont été hospitalisées, selon un dernier bilan officiel. Cinq migrants ont été touchés par balle, dont quatre grièvement, et l’un d’eux a reçu une balle dans la nuque, selon une source policière.

« Rafles » – Macron versus Collomb

Président Macron a dénoncé la comparaison faite entre le recensement de migrants dans les centres d’hébergement d’urgence institué par une circulaire controversée portée par son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et les “rafles”, fustigeant une attitude “indigne” du débat. Image: Calais ‘Jungle’.

“Il y a beaucoup de choses fausses qui ont été dites au sujet de cette circulaire”, a estimé le chef de l’Etat lors d’un échange avec des associations de migrants à Calais (Pas-de-Calais). “A aucun moment il n’a été question d’envoyer des forces de police dans les centres (…) A aucun moment ces procédures ne peuvent conduire à un arrêt immédiat d‘hébergement.”

“Les gens qui parlent de rafles, de police, sont mensongers et indignes du débat”, a-t-il ajouté. “C‘est indigne à l’égard de celles et ceux qui ont été victimes de ces pratiques et c‘est indigne à l’égard de ce que le gouvernement a décidé ou de ce que font les services de la préfecture ou de l‘Ofpra (office français de protection des réfugiés et apatrides).”

La circulaire Collomb a suscité une vague d’indignation et d’émotion en décembre, notamment dans les rangs des intellectuels, des défenseurs des droits de l’homme ou encore de la gauche, qui ont dénoncé une “logique de tri” et une remise en cause de l’inconditionnalité de l’accueil.

 

 

Deux centres pour migrants à Calais

Deux centres pour migrants vont s’ouvrir à Troisvaux (Pas-de-Calais) et à Bailleul (Nord) dans les dix prochains jours avec une capacité d’accueil de 300 personnes au total.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé l’ouverture de deux nouveaux centres pour migrants dans les Hauts-de-France sur fond de critiques des conditions d’accueil à Calais décrites comme « indignes » par le Défenseur des droits.

Il a également annoncé avoir demandé un rapport sur les pratiques policières vis-à-vis des migrants à Calais, cinq jours après la publication d’un document de Human Rights Watch (HRW) dénonçant un usage de gaz poivre par les forces de l’ordre.

Ces deux annonces surviennent quelques heures après la validation par le Conseil d’Etat de la mise en place de points d’eau et de sanitaires pour les migrants de Calais, une décision en forme de revers pour l’Intérieur et la mairie de Calais qui avaient fait appel du tribunal administratif de Lille.

« Nous connaissons de nouveau depuis le début de l’année un certain nombre de difficultés puisque nous avons environ 350 à 400 migrants qui sont aujourd’hui sur Calais », a déclaré Gérard Collomb lors d’une conférence de presse à Paris.

Nous avons le « souci constant de ne pas organiser à Calais même des centres d’hébergement mais de faire en sorte que nous puissions, à proximité, offrir une solution d’hébergement qui permettrait d’accélérer les situations administratives des personnes prises en charge et de les orienter vers une situation adaptée », a-t-il ajouté.

Le Jungle de Calais dans contestation

Les migrants de Calais sont très régulièrement victimes de violences de la part des autorités françaises, a alerté mercredi Human Rights Watch (HRW) dans un rapport jugé « calomnieux » par les autorités locales, qui réfutent ces « allégations ».

Entre 400 et 500 exilés vivent à Calais en espérant passer au Royaume-Uni, selon l’organisation qui a intitulé son rapport « C’est comme vivre en enfer ». Ils étaient 8.000 au moment du démantèlement du camp dit de la « jungle », en octobre 2016.

« Presque tous les demandeurs d’asile et migrants interrogés par HRW ont parlé d’un usage fréquent de sprays au poivre par les policiers – en général des CRS – dans des circonstances montrant que l’usage de la force est excessif et disproportionné, en violation des normes internationales », avance l’association.

Selon l’enquête, la police asperge presque quotidiennement les migrants, parfois quand ils dorment, ainsi que leur nourriture, l’eau ou encore les couvertures et les vêtements.

« Cet usage répété et abusif de sprays au poivre (…) ne semble avoir d’autre objectif que de harceler les migrants, probablement dans le but de les pousser à quitter Calais », ajoute le rapport.

Certains travailleurs humanitaires interrogés par HRW font état de violences à leur encontre.

Selon l’ONG, les policiers auraient aussi pour habitude de confisquer les chaussures et les vêtements des exilés.

En plus de ces violences, s’ajoute un reproche déjà fait au mois de juin par le Défenseur des Droits : la perturbation de l’aide humanitaire par la police qui « prive souvent les demandeurs d’asile et les migrants de produits de première nécessité », regrette l’ONG.

https://twitter.com/lemondefr/status/885182107697459201

Calais: la mort d’un conducteur polonais

Il aura fallu attendre un drame. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé, ce mardi, qu’il se rendrait « prochainement » à Calais, où un conducteur est mort dans un accident sur l’autoroute A16. Un barrage y avait été installé par des migrants, au cours de la nuit.