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Paris: la manifestation dégénérée

Des incidents ont éclaté dans la manifestation parisienne vers le milieu de l’après-midi lorsque des centaines de personnes cagoulées ont lancé des projectiles sur la police anti-émeute, brisé des vitrines et incendié des voitures, des motos et des barricades, entraînant une riposte des forces de l’ordre sous la forme de gaz lacrymogènes.

Selon la police, citée par BFM TV, quelque 500 “casseurs” ont infiltré le cortège.

Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a remercié les forces de l’ordre pour leurs intervention et annoncé l’interpellation de 22 personnes.

Le projet de loi de “sécurité globale”, qui devrait finalement être réécrit au cours du processus législatif, est vivement dénoncé par les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme, selon lesquels le texte constitue une grave atteinte à la liberté de la presse.

La coordination #StopLoiSécuritéGlobale demande le retrait “réel” de certains articles de la proposition de loi jugés particulièrement problématiques.

Heurts avec les « black blocs »

Plusieurs heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre samedi, le 28 novembre, en marge de la manifestation parisienne contre un article controversé de la proposition de loi “sécurité globale”, et plus largement contre les violences policières après deux affaires récentes où l’attitude des forces de l’ordre a fait polémique.

Le cortège était parti de la place de la République pour rallier celle de la Bastille, dans une atmosphère à grande majorité pacifique, mais quelques éléments masqués, dont des “black blocs”, ont fait usage de la violence.

Certains ont lancé des feux d’artifice sur les forces de l’ordre, installé des barricades, jeté des pierres et incendié du mobilier urbain. Les policiers ont répondu par du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement.

Plusieurs voitures ont été brûlées, ainsi qu’un kiosque à journaux, une brasserie a également été incendiée.

Des milliers de manifestants – militants d’extrême-gauche, écologistes et anti-racistes, gilets jaunes, étudiants, journalistes ou simples citoyens – ont défilé dans la journée notamment à Lille, Strasbourg et Paris derrière des pancartes ou l’on peut lire “Qui nous protège de la police?” ou “Etat d’urgence permanent”.

L’article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité “physique ou psychique”. Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression.

“Le mot qu’on entend tout le temps c’est interdire, et en même temps on n’a plus confiance en la police. Avec la loi ça va être pire. On est tous concernés par ce qui est en train de se passer”, déclare Priscilla, responsable de magasin âgée de 26 ans, venue manifester.

La mobilisation contre cet article a pris un relief nouveau après la violente évacuation de migrants sur la même place de la République, et après la violente interpellation d’un producteur de musique noir par des policiers.

Au cours de la « marche pour les libertés » qui a très rapidement dégénéré, au moins un policier a été violemment lynché par les manifestants. La scène, qui s’est déroulée vers 18 heures, a été filmée par Amar Taoualit, journaliste reporter d’images. Dépassés, une dizaine de policiers dos-à-dos a tenté de quitter un coin chaud de l’émeute. Chargés par les manifestants, les policiers ont alors été contraints de rompre la formation et de se battre au corps à corps. L’un d’entre eux s’est retrouvé isolé, est tombé au sol, et a alors été violemment lynché par les manifestants. Couvert de coups et d’insultes, l’homme a été récupéré in extremis par ses collègues, avant d’être exfiltré hors du dispositif des forces de l’ordre.

Face au tollé suscité par cette dernière affaire, le président de la République Emmanuel Macron a évoqué une agression dont les images “nous font honte”.

Le préfet de police de Paris a écrit pour sa part samedi aux policiers pour les appeler à ne pas s’éloigner de la ligne républicaine.

“Dévier de la ligne républicaine qui nous sert de guide, c’est renier ce que nous sommes, c’est ébranler le pacte de confiance qui nous unit à nos concitoyens, c’est perdre le sens de notre mission”, a-t-il dit dans un courrier relayé via Twitter. “J’attends (…) de chacun d’entre vous qu’il tienne cette ligne jusqu’au bout.”

Crainte de violences sur les Champs-Elysées

Le ministère de l’Intérieur et la Préfecture de police craignent un retour des violences dans les rues de Paris, épargnées par les débordements depuis le 16 mars et le saccage de magasins sur les Champs-Elysées.

Des sources à Beauvau comme au sein de la « PP » annoncent un dispositif sécuritaire « conséquent » et comparable à ceux mis en oeuvre en mars ou en décembre 2018, au plus fort des violences qui avaient surgi dans le sillage du mouvement.

Une source sécuritaire fait valoir les risques de « convergence » entre « gilets jaunes » et « Black Blocs qui veulent tout casser » et d' »infiltration » de la marche climat avec également à la clef des actions de désobéissance civile.