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Meurthe-et-Moselle: peine capitale pour un loup

La préfecture de la Meurthe-et-Moselle va autoriser dans les prochaines semaines un tir de prélèvement pour abattre ce loup à l’origine, accusé d’une multitude d’attaques de troupeaux, notamment dans le sud du département, a-t-elle annoncé jeudi 4 juillet.

«Nous attendons un arrêté ministériel qui, entre autres mesures, permettrait de tuer un loup quand, sur une zone déterminée, il provoque un nombre de dégâts excessifs », a annoncé le préfet, Eric Freysselinard, lors d’un point de presse.

Illustration: chiots de loup

 

L’environnement dans la Constitution

L’Assemblée nationale a franchi cette fin de semaine plusieurs étapes symboliques dans la réforme des institutions en supprimant le mot ‘race‘ de la Constitution, où a en revanche été inscrite la notion de la préservation de l’environnement.

Les députés ont adopté en première lecture par 65 voix contre trois un amendement de la majorité visant à introduire dans la loi fondamentale des références au climat et à la biodiversité, conformément au souhait du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

La République “agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques”, peut-on lire dans la nouvelle version de l’article Ier.

Quand la réforme sera adoptée, la France sera l’un des premiers pays au monde à inscrire dans son droit fondamental deux enjeux prioritaires du 21e siècle”, s’est aussitôt félicité Nicolas Hulot sur Twitter.

Évoquant un “vote en demi-teinte”, La Fondation pour l’homme et la nature souhaite pour sa part une formulation renforcée lors du passage du texte au Sénat, préférant au mot “agir” des verbes d’obligation comme “garantir” ou “assurer”.

Le retour du loup est une chance pour la biodiversité!

Le nouvel arrêté signé par Nicolas Hulot et le ministre de l’Agriculture est une honte, il ne fait que confirmer le manque de volonté des autorités françaises à défendre la biodiversité. On ne peut prétendre vouloir faire cohabiter pastoralisme et grands prédateurs en menant une politique basée sur l’abattage d’une espèce protégée, c’est une vaste hypocrisie.

Tous les « plans loups » ont démontré leur inefficacité, pourtant le nouvel arrêté est exactement dans la lignée des précédents. Les tirs provoquent la dispersion des meutes, les loups poussés dans de nouveaux territoires se rabattent sur des proies faciles, comme les brebis laissées sans surveillance.

C’est le point central, pendant un siècle le loup n’était plus présent sur notre territoire et le mode d’élevage a changé. De vastes troupeaux sont laissés libres, sans surveillance humaine, et cette désertion des bergers a favorisé la multiplication d’attaques de chiens errants, mais aussi parfois, plus rarement, de loups.

Le loup est une espèce protégée mais, en France, c’est le bouc émissaire de tous les maux. Le maire d’Artigues a même eu l’indécence d’accuser le loup d’être responsable des incendies qui touchent actuellement le Var… même Perrault n’aurait pas osé !

La Fondation Brigitte Bardot finance des procédés de protection des troupeaux qui ont démontré leur efficacité, pourtant, Nicolas Hulot refuse de nous recevoir pour en parler. L’urgence est d’arrêter cette guerre contre la nature qui ne fait que des victimes et aucun vainqueur, Nicolas Hulot a suscité l’espoir, depuis sa prise de fonction il ne fait que provoquer déception et désespoir…

Christophe Marie, Fondation Brigitte Bardot

 

Il suffit de remplacer les pesticides par la biodiversité!

Chaque jour, nous entendons parler de la perte de biodiversité. Mais saviez-vous que l’UE peut aussi contribuer à ralentir le processus?

Récemment, la Commission européenne a proposé d’interdire les pesticides sur les zones d’intérêt écologique. Ces zones étaient initialement destinées, dans le cadre de la dernière réforme de la politique agricole commune, à ramener la biodiversité sur une toute petite partie des fermes conventionnelles (5% des terres arables) et à fournir des services essentiels aux écosystèmes, utiles pour l’agriculture. Malheureusement, un groupe d’eurodéputés conservateurs veulent bloquer cette initiative progressive. Le Parlement européen votera sur ce point le mercredi 14 juin à midi.

Faire en sorte que la biodiversité fonctionne pour les agriculteurs est bon pour les agriculteurs, bon pour les abeilles, bon pour le climat, bon pour l’économie, bon pour vous … et le groupe des Verts / ALE a toujours été poussé dans cette direction. Il a été démontré[1] que la biodiversité dite «fonctionnelle» des exploitations augmente  les rendements de 12% pour le blé, 26% pour les pois, 32% pour les carottes. Impressionnant, non?

Alors, comment ça marche? Voilà le truc: pour citer quelques exemples, cela s’explique par une augmentation de l’efficacité de la pollinisation car plus il y a de fleurs (ou « mauvaises herbes ») et moins de pesticides,  plus il y aura de pollinisateurs; également en jeu, une plus grande régulation des populations de parasites des cultures par les prédateurs naturels, de sorte qu’ils sont sous contrôle et ne profilèrent pas (pensez à ces coccinelles qui mangent des pucerons ou ces guêpes parasites qui pondent leurs œufs dans les chenilles, puis les larves les dévorent de l’intérieur!). Par ailleurs, la biodiversité fonctionnelle dépend du nombre d’espèces bénéfiques dans le sol qui défendent les cultures et contribuent à fournir des nutriments à leurs racines. Et ainsi de suite.

La règle générale, la voici: plus l’abondance et la variété des espèces sont nombreuses, plus résistantes sont ces fonctions émergentes de l’écosystème, fournies «gratuitement» pour les agriculteurs. Ces idées sont au fondement pour ce qu’on appelle «agroécologie».

Ces processus agroécologiques basés sur la biodiversité se produisent déjà en principe dans l’agriculture biologique et, pour cette raison, celles-ci ont été considérées comme «écologiques par définition» et ne sont donc pas obligées de remplir les mesures de protection de la PAC qui comprennent les zones d’intérêt écologique. Mais dans les systèmes agricoles conventionnels, où le manque de fertilité naturelle, de productivité et de lutte antiparasitaire est remplacé par la dépendance aux intrants chimiques, il faut désespérément renforcer ces processus tels que la pollinisation, la formation du sol, le cycle des nutriments et la séquestration du carbone, le cycle de l’eau permettant de réduire le risque d’inondation et de sécheresse, ainsi que le contrôle des populations de ravageurs par prédation, afin d’être plus résistant aux changements climatiques et d’assurer une productivité à long terme.

Un avantage majeur est que, plutôt que de réduire les rendements en «enlevant les terres agricoles» du but principal de la culture, cela augmente effectivement les rendements en rendant les terres agricoles existantes plus efficaces et productives. C’est ce que certains eurodéputés conservateurs ne veulent pas permettre,  parce qu’ils n’ont pas de vue d’ensemble et suivent les arguments de l’industrie agrochimique qui ne veut rien changer à l’actuelle dépendance extrême aux pesticides,  garantie de bénéfices pour ladite industrie.

Parce que les pesticides tuent non seulement les ravageurs visés, mais aussi les espèces d’animaux, de plantes, de bactéries et de champignons non ciblées, et parce que nous avons besoin de la biodiversité pour que l’écosystème puisse fonctionner, il convient de ne pas utiliser de substances ayant des effets néfastes sur la biodiversité. Donc, lorsque la Commission a proposé des règles de verdissement appropriées en interdisant les pesticides sur les zones d’intérêt écologique, nous avons applaudi: nous l’avions réclamé lors de la dernière réforme de la PAC, afin que ces zones puissent fonctionner correctement d’un point de vue agroécologique.

Avec une douzaine de mesures de simplification également incluses dans cet acte délégué qui rendra la vie plus simple aux agriculteurs-trices et aux administrations qui appliquent les règles relatives au verdissement de la PAC, la Commission européenne affiche pour une fois une volonté politique éclairée et forte.

Nous demandons aux eurodéputé-e-s de voter contre les pesticides dans les zones d’intérêt écologique en votant contre la motion de rejet. Le jour du vote, mais aussi dans la future réforme de la PAC et de la politique alimentaire, notre groupe s’efforcera de créer des alliances pour créer et préserver la productivité à long terme et la fertilité intrinsèque de nos systèmes de production alimentaire grâce à l’agroécologie.