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Mali: la libération de Mme.Pétronin en vue

Le fils de la travailleuse humanitaire Sophie Pétronin franco-suisse, dernière otage française au Sahel depuis son enlèvement par des hommes armés liés à Al Qaïda fin 2016, s’est envolé mardi, le 6 octobre, pour Bamako, au Mali, dans l’espoir d’une libération prochaine de sa mère.

Sébastien Chadaud-Pétronin, qui s’est rendu à plusieurs reprises au Mali pour tenter d’obtenir la libération de sa mère, a confirmé mardi matin à Reuters avoir pris place à bord d’un vol commercial à destination de Bamako.

“Il n’y a toujours rien d’officiel”, a-t-il déclaré peu avant le décollage de son avion. Il a toutefois évoqué des informations convergentes provenant de “sources fiables”.

Selon une source sécuritaire française au Sahel, les otages seraient en cours de transfert vers Bamako.

L’humanitaire française, à la santé fragile, devrait être libérée en même temps que l’opposant malien Soumaïla Cissé, enlevé en mars par un groupe lié à Al Qaïda, dans le cadre d’un échange de prisonniers, ont déclaré les sources sécuritaires.

Plus de 200 djihadistes ont été libérés au cours des deux derniers jours, selon des sources sécuritaires au Mali.

Sophie Pétronin, qui a 75 ans, a été enlevée le 24 décembre 2016 à Gao, dans le Nord du Mali, où elle dirigeait une organisation d’aide à l’enfance. (Image: Strasbourg).

Coup d’état au Mali

Ibrahim Boubacar Keïta, le président du Mali, a été arrêté par des mutins, en fin de journée, mardi 18 août, et amené au camp de Kati, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Bamako, là où, huit ans plus tôt, avait démarré une autre mutinerie qui avait fait chuter le président de l’époque, son prédécesseur, Amadou Toumani Touré.

Ce dernier, surnommé « ATT », était parvenu à fuir le palais présidentiel de Koulouba, situé entre Kati et la capitale, et avait gagné clandestinement la Guinée avec l’aide de quelques fidèles.

Ibrahim Bouba Keita, dit « IBK », n’a pas eu cette chance.

Il a été arrêté, sans doute à son domicile du quartier de Sébénikoro, tout comme son premier ministre, Boubou Cissé, avant d’être conduit au camp de l’armée de terre, à Kati, alors que des scènes de joie éclataient dans les rues de Bamako, à la nouvelle de la chute de l’homme élu en 2013, quelques mois après le coup d’Etat, et réélu en 2018, mais fortement contesté depuis plusieurs mois – au point que les observateurs jugeaient, ces derniers temps, son pouvoir « extrêmement fragile».

La président français a exprimé son soutien aux efforts de médiations en cours de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui ont appelé au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorté les militaires à regagner leurs casernes.

La détention du président Keita dans sa résidence au sud-ouest de Bamako fait suite à la mutinerie de soldats plus tôt dans la journée sur la base militaire de Kati, aux abords de la capitale. Plusieurs hauts responsables civils et militaires ont été rassemblés par ces soldats.

Le Premier ministre Boubou Cissé est également détenu par les militaires mutins, selon le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui a condamné ses arrestations.

Boubou Cissé avait demandé dans la journée aux soldats de se retirer et a appelé au dialogue pour résoudre la situation.

Un porte-parole du président Keita n’a pas pu être contacté pour commenter ces informations.

Les ambassades de France et de Norvège à Bamako ont exhorté mardi le 19 aout leurs citoyens à rester chez eux.

La France et d’autres puissances internationales ainsi que le secrétaire général de l’Onu ont condamné cette mutinerie.