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Benalla voyage avec deux passeports diplomatiques

Alexandre Benalla, au coeur d’une nouvelle controverse politico-judiciaire pour n’avoir pas restitué ses deux passeports diplomatiques après son licenciement de l’Elysée, déclare dans Le Journal du Dimanche qu’il rendra les documents “dans les prochains jours” au ministère des Affaires étrangères.

Le parquet de Paris, saisi par le Quai d’Orsay, a ouvert une enquête préliminaire contre l’ex-chargé de mission de la présidence pour “abus de confiance” et “usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle”, notamment.

Le Quai d’Orsay a précisé avoir demandé par deux fois à Alexandre Benalla, le 26 juillet et le 10 septembre via lettre recommandée, la restitution de ses passeports, respectivement émis les 20 septembre 2017 et 24 mai 2018.

 

#Benalla: « souci de polémique » de l’Assemblée

La présidente LaRem de la commission des Lois de l’Assemblée a refusé les demandes de nouvelles auditions de l’Elysée présentées par son co-rapporteur Les Républicains dans l’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, motivé selon elle par un souci de polémique plus que de vérité.

“Les auditions menées jusqu’à présent démontrent clairement qu’il existe des dérives individuelles de M. Alexandre Benalla et de certaines autorités de police, des copinages malsains selon les termes-même du préfet de police”, a déclaré Yaël Braun-Pivet.

La présidente LaRem a fait ensuite voter par la commission, sous les huées de l’opposition, une liste limitée de trois nouvelles auditions, comprenant le directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) Alain Gibelin, dont les déclarations sous serment devant les députés ont par deux fois été “remises en question”, le préfet de police de Paris et le chef de la compagnie CRS 15 “présente place de la Contrescarpe ce jour-là”.

Le Commandant militaire de la présidence de la République a contredit devant l’Assemblée le chef du DOPC en faisant état d’une discussion en avril entre Alexandre Benalla et Alain Gibelin en vue d’organiser sa venue aux opérations du 1er-Mai. Alain Gibelin a par ailleurs déclaré mardi s’être trompé lors de son audition quant à la participation de l’ex-collaborateur à des réunions pendant sa suspension du 4 au 19 mai.

“Les membres LaRem du bureau de la commission des Lois considèrent que ces déclarations semblent contradictoires et rendent nécessaire une nouvelle audition de M. Gibelin”, a annoncé Yaël Braun-Pivet.

Les membres des cabinets présidentiels et de l’Intérieur ont démontré leur absence de lien avec l’affaire Benalla, a-t-elle estimé, justifiant le refus de LaRem d’auditionner de nouveaux responsables de la présidence et du gouvernement comme le demandait le député d’opposition Guillaume Larrivé.

“Il est manifeste que l’opposition privilégie une approche politique et polémique qui vise à tirer profit de l’actualité loin de tout souci de la vérité”, a-t-elle dit.

“Il nous apparaît donc inutile d’auditionner d’autres membres des cabinets du président et du ministre de l’Intérieur, dont les auditions que nous avons menées jusqu’à ce jour ont montré qu’ils n’avaient aucun lieu avec cette affaire.”

L’opposition a estimé que Yaël Braun-Pivet avait par cette décision sonné le glas de sa commission.

Face à la présidente, son corapporteur (LR) Guillaume Larrivé a longuement pris la parole pour marteler la nécessité d’autres auditions, et plaider, en vain, pour un report de l’élaboration du calendrier.

“Après seulement deux jours et demi de travail, madame la rapporteure propose d’entraver les travaux de la commission d’enquête en nous proposant en réalité de clore pour l’essentiel le cycle des auditions”, a-t-il déclaré, après avoir dénoncé “une majorité aux ordres de l’Elysée”.

“A ces deux personnalités, il convient d’ajouter bien d’autres personnalités”, a-t-il dit, réclamant entre autres à entendre Alexandre Benalla lui-même, le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler (attendu jeudi matin au Sénat), le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron Patrick Strzoda, auteur mercredi de révélations sur le modalités de suspension de salaire de l’ex-collaborateur.

Il a demandé en outre à auditionner le chef de cabinet François-Xavier Lauch, le porte-parole Bruno Roger-Petit, et encore le réserviste Vincent Crase et le délégué général de LaRem Christophe Castaner.

Guillaume Larrivé a cependant jugé contraire aux prescriptions constitutionnelles l’audition du président lui-même : “C’est une demande que je ne formulerai pas”, a-t-il dit.

#Benalla: avocats défendent « l’action vigoureuse »

Alexandre Benalla a « aidé » les forces de l’ordre à « maîtriser deux fauteurs de trouble qui agressaient les policiers” en marge des manifestations du 1er-Mai, affirme la défense de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron à l’origine d’une affaire  inédite dans le quinquennat.

M.Benalla a été filmé, coiffé d’un casque de police, en train de frapper un jeune homme et de malmener une jeune femme, place de la Contrescarpe à Paris.

“Monsieur Benalla, en sa qualité de chargé de mission, adjoint au chef de cabinet du Président de la République, a été invité par la DOPC de la Préfecture de police de Paris, à observer les opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations du 1er mai”, affirment dans un communiqué diffusé par TF1 ses avocats, Laurent-Franck Liénard et Audrey Gadot.

“Témoin des agissements de deux individus particulièrement virulents et de l’apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place, Monsieur Benalla a pris l’initiative de prêter main forte au dispositif en aidant à la maîtrise de ces personnes”, ajoutent-ils, tout en reconnaissant qu’il n’avait pas vocation à intervenir personnellement.

“Cette action vigoureuse mais menée sans violence n’a causé aucune blessure”, écrivent-ils. “Cette initiative personnelle de Monsieur Benalla (…) sert manifestement aujourd’hui à porter atteinte à la Présidence de la République dans des conditions qui défient l’entendement”.

Delpuech pointe du doigt l’Elysée

#Benalla: Michel Delpuech a livré sa version des événements devant la commission des Lois de l’Assemblée, dotée de pouvoirs d’enquête, laquelle a préalablement auditionné le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

“Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, condamnables sur fond de copinage malsain”, a-t-il déclaré.

Selon lui, ce n’était pas à lui qu’appartenait de sanctionner Alexandre Benalla ni de saisir la justice, mais plutôt à la présidence de la République, dont relevait Alexandre Benalla, alors chef de cabinet adjoint.

C’est d’ailleurs un conseiller de l’Elysée, a-t-il dit, qui lui a signalé, le 2 mai au matin, l’existence d’une vidéo montrant le chargé de mission, coiffé d’un casque de police et entouré de CRS, malmener deux manifestants sur la place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris.

“J’ai été informé de cette affaire par le palais de l’Elysée, je me suis retourné vers le ministère de l’Intérieur, le cabinet, qui m’a dit qu’ils étaient déjà informés et qu’ils traitaient ça avec l’Elysée”, a déclaré Michel Delpuech.

“Partant du moment et du constat que le dossier était pris à ce niveau, j’ai considéré qu’il relevait de l’initiative du responsable hiérarchique”, a-t-il poursuivi, qualifiant le cabinet présidentiel de “niveau hiérarchique pertinent”.

Alexandre Benalla a été mis à pied 15 jours avec suspension de salaire, une punition jugée trop légère par l’opposition.

Selon le préfet de police, de nombreux responsables ont pris connaissance au fil des jours de la vidéo du 1er-Mai et auraient théoriquement pu saisir la justice en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale.

“Si les violences policières (…) avaient été le fait de fonctionnaires de police, bien évidemment que l’IGPN (la police des polices-NDLR) aurait été saisie”, a-t-il encore dit. “Mais l’IGPN n’est pas compétente pour des personnes qui ne relèvent pas de la police nationale.”

Durant son audition, Gérard Collomb a lui aussi rejeté toute responsabilité en affirmant que c’était à la préfecture et à l’Elysée de trancher.

Devant les députés, Michel Delpuech a également dit ne pas avoir personnellement autorisé Alexandre Benalla à se mêler aux forces de l’ordre le 1er mai et avoir découvert “avec surprise” sa présence lors d’une réunion organisée ce soir-là en présence du ministre de l’Intérieur.

Michel Delpuech doit de nouveau s’exprimer mercredi (25/07), cette fois devant la commission des Lois du Sénat, elle aussi constituée en commission d’enquête.

#Benalla: Collomb rejette toute responsabilité

Gérard Collomb a rejeté toute responsabilité dans l’affaire Alexandre Benalla en affirmant que c’était à la préfecture et à l’Elysée de prendre des sanctions contre cet ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, à l’origine de turbulences politico-judiciaires sans précédent sous le quinquennat.

Appelé à la démission par une partie de l’opposition, le ministre de l’Intérieur a défendu point par point son action devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, dotée pour l’occasion de pouvoirs d’enquête.

Sous un feu nourri de questions pendant deux heures et demie, il a nié avoir manqué à ses devoirs avant, pendant et après les manifestations du 1er-Mai à Paris, au cours desquelles Alexandre Benalla a été filmé, coiffé d’un casque de police, en train de frapper un jeune homme et de malmener une jeune femme.

Les députés d’opposition, brandissant le code de procédure pénale, lui reprochent en particulier de n’avoir saisi ni la police des polices, l’IGPN, ni la justice après avoir pris connaissance le 2 mai de l’existence d’une vidéo de la scène.

“Ce n’est pas au ministre qu’il appartient de le faire”, s’est-il défendu, sous serment, tout en se déclarant “attaché à ce que toute la lumière soit faite” par les enquêtes.

“Comme mes prédécesseurs, je considère que c’est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement”, a-t-il ajouté, renvoyant de fait la responsabilité sur la préfecture.

Gérard Collomb dit avoir été prévenu dans l’après-midi du 2 mai par son directeur de cabinet, lequel aurait saisi à la fois le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, et le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda.

L’Elysée lui a dit à ce moment qu’il s’agissait “de faits inacceptables et qu’une sanction serait prise, a-t-il dit. Pour le ministre, “le problème était donc traité au niveau approprié” et dès lors il ne s’en est plus occupé.

Avant le 1er mai, a-t-il dit, personne ne l’a informé de la volonté d’Alexandre Benalla, alors chargé de mission à l’Elysée, de se mêler aux forces de l’ordre à titre d’”observateur”, l’autorisation ayant été délivrée par la préfecture – “quelqu’un placé plus bas dans la hiérarchie” que le préfet en personne.

Le préfecture de police de Paris est également visée lorsque Gérard Collomb affirme que le ministère de l’Intérieur a refusé par trois fois un permis de port d’arme à Alexandre Benalla.

“Je l’avais rencontré mais j’ignorais sa qualité de conseiller du président”, a assuré Gérard Collomb, confirmant au passage la présence d’Alexandre Benalla, le 1er mai, lors d’une réunion à laquelle lui-même a pris part.

Il a par ailleurs réfuté le projet de nommer Alexandre Benalla au grade de sous-préfet et, à sa connaissance, celui de lui confier la direction d’un service de sécurité interne à la présidence de la République.

Gérard Collomb a brièvement déclenché les rires de son auditoire en déclarant qu’Emmanuel Macron et lui-même avaient évoqué “le moins possible” l’affaire lors d’une réunion qui s’est tenue au cours du week-end.

A plusieurs reprises, l’ex-maire de Lyon a déclaré avoir appris des détails de l’affaire par la presse, comme certains privilèges accordés à Alexandre Benalla, et a renvoyé aux futures conclusions de l’enquête judiciaire en cours.

l’Assemblée suspend ses travaux à cause d’affaire Benalla

Le gouvernement a décidé dimanche (22/07) de suspendre l’examen du projet de révision constitutionnelle sous la pression des élus de l’opposition qui bloquent les travaux depuis quatre jours pour réclamer la “transparence” sur l’affaire Benalla, ce proche d’Emmanuel Macron au coeur d’une tempête politico-judiciaire.

Situation rarissime, le Parlement est paralysé depuis jeudi et les révélations du journal Le Monde sur les agissements d’Alexandre Benalla, 26 ans, homme de confiance du chef de l’Etat, lors des manifestations du 1er-Mai à Paris.

Les députés de droite et de gauche qui dénoncent désormais une “affaire Macron”, ont obtenu que la commission des Lois de l’Assemblée se constitue en commission d’enquête pour mettre au jour les rouages de cette affaire qui implique les plus hautes instances de l’Etat, mais ils réclament aussi que le gouvernement s’explique devant la représentation nationale.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sera entendu lundi à partir de 10H00 par la commission d’enquête lors d’une audition publique, il le sera mardi après-midi par la commission des Lois du Sénat, également constituée en commission d’enquête.

Estimant que l’essence même du projet de loi pour “une démocratie plus représentative, responsable et efficace” est en cause dans l’affaire Benalla, les élus de l’opposition, qui voient par ailleurs dans ce texte un abaissement des droits du Parlement, ont multiplié les rappels au règlement en dénonçant les “mensonges” ou le silence “complice”, selon eux, du gouvernement et de la majorité La République en Marche (LaRem).