Archives de Catégorie: INTERNATIONAL

Macron-Trump: l’excellente discussion

Le président français Emmanuel Macron a annoncé s’être entretenu par téléphone le 11 novembre avec son homologue américain Donald Trump sur la Syrie, l’Iran et l’Otan, précisant que les deux dirigeants se rencontreraient en amont du sommet de l’Otan prévu le 4 décembre à Londres.

“ce soir par téléphone avec le président Donald Trump: Syrie, Iran, Otan. Beaucoup de convergences ont été évoquées et nous nous verrons avant le sommet de l’Otan à Londres (ndlr, les 3 et 4 décembre)”, a écrit le chef de l’Etat sur Twitter.

A Washington, la Maison blanche a rapporté le 12 novembre que les deux dirigeants avaient “réaffirmé leur détermination à poursuivre leur coordination sur la Syrie” et exprimé leur inquiétude face aux mesures prises par l’Iran en violation de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire.

L’OTAN: la morte vivante

A un mois du sommet des 70 ans de l’Otan, les propos de Président Macron sur une Alliance atlantique en état de “mort cérébrale” provoquent une onde de choc et relancent la polémique sur la raison d’être de l’organisation, déjà sous le coup des critiques répétées à partir de la guerre en Afghanistan. (Image: archive)

https://twitter.com/sputnik_fr/status/1193019632271155200?s=21

Depuis sa diffusion l’interview de Emmanuel Macron dans The Economist n’en finit plus de susciter des remous, de Berlin – où la chancelière Angela Merkel a pris ses distances avec un jugement “radical” – à Moscou où le ministère des Affaires étrangères a salué des “paroles sincères”. 

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a pour sa part assuré que l’Alliance était “forte”, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a insisté sur son “rôle extrêmement important” et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a estimé que l’Otan restait “historiquement un des partenariats stratégiques les plus importants”. 

https://twitter.com/lemondefr/status/1192449321813336065?s=21

Les déclarations du Président – notamment sur le devenir de l’article 5 de l’Alliance atlantique, pierre angulaire du traité qui prévoit une solidarité automatique en cas d’agression contre un des Etats membres – laissent présager de vifs débats à Londres les 3 et 4 décembre entre les pays membres.

https://twitter.com/lucdebarochez/status/1192520148294545409?s=21

La position française est toutefois loin d’être une surprise. Le chef d État avait déjà donné le ton à l’issue du dernier Conseil européen à Bruxelles le 18 octobre, fustigeant “la faute lourde” de l’Otan et émettant des doutes sur la stratégie de l’alliance face aux crises contemporaines après l’offensive turque en Syrie. 

https://twitter.com/afpfr/status/1192391745088237568?s=21

“L’Otan en tant que système ne régule pas ses membres”, Macron a dit à ‘The Economist’. “C’est quoi, l’article 5 demain ? C’est-à-dire que si le régime de Bachar al Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager, c’est une vraie question”. 

“Il faut clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégiques que l’on veut poursuivre au sein de l’Otan”, ajoute-t-il.

Bosco Ntaganda condamné à 30 ans

La Cour pénale internationale (CPI) à la Haye a condamné l’ancien chef de guerre Bosco Ntaganda à 30 ans de prison pour les exactions que son groupe armé a commises sous son commandement dans l’est de la République démocratique du Congo au début des années 2000. Cette peine est la plus lourde jamais prononcée par la juridiction internationale. 

https://twitter.com/reuters/status/1192486874750816256?s=21

Reconnu coupable en juillet de meurtres, viols et enrôlement d’enfants soldats, Ntaganda a déjà interjeté appel. 

https://twitter.com/un/status/1192488130399465472?s=21

Dans l’est de la RDC dans les années 2002-2003 agé de 46 ans, Bosco Ntaganda a dirigé l’Union des patriotes congolais (UPC).

Le juge Robert Fremr, qui a prononcé la décision de la CPI, a relevé qu’aucune circonstance atténuante n’avait pu être trouvée et que les actes commis par Bosco Ntaganda justifiaient qu’il soit condamné à cette peine.

https://twitter.com/tictoc/status/1192622812315422720?s=21

Pour sa défense, ses avocats affirment que Bosco Ntaganda avait avant tout cherché à maintenir la discipline dans les rangs de ses troupes, notamment en punissant les hommes qui étaient allés à l’encontre des règles de la guerre.

Burkina Faso attaque terroriste

« Le mercredi 6 novembre 2019, une attaque terroriste a provoqué la mort de trente-sept personnes au Burkina Faso, dans la région de l’Est. L’Union européenne exprime ses condoléances aux familles des victimes et sa solidarité au peuple Burkinabè, endeuillé désormais quasi-quotidiennement par des attaques touchant des civils, les forces de défense et de sécurité mais aussi les symboles de l’autorité de l’Etat, comme en témoigne le meurtre du Maire de la commune de Djibo et de ses accompagnateurs le 3 novembre dernier.

https://twitter.com/majaeuspox/status/1192541706174050304?s=21

« Ces attaques alimentent une spirale de violences qui causent d’importants déplacements de populations,

https://twitter.com/nytimesworld/status/1192236992517545985?s=20

« L’Union européenne renouvelle son soutien au gouvernement du Burkina Faso, qui exerce actuellement la présidence du G5 Sahel. L’Union européenne, avec ses Etats Membres, demeure plus que jamais engagée auprès des autorités et du peuple Burkinabè, mais aussi de tous les pays de la région, pour répondre de manière coordonnée aux défis actuels  de sécurité, de stabilité et de développement au Sahel ».

https://twitter.com/nytimesworld/status/1192236992517545985?s=20

Niger: l’attaque djihadiste

Les djihadistes ne cessent de progresser dans le Sahel, multipliant les offensives meurtrières et poussant des centaines de milliers de personnes à se déplacer. Housseyne Ag Issa, spécialiste des mouvements armés dans le Sahel, analyse la situation dans un entretien exclusif pour Sputnik radio.

Le Sahel s’embrase! Pourtant, cette région qui abrite le plus grand désert saharien du monde, connaît depuis 2012 une présence accrue des forces militaires étrangères et des coalitions militaires internationales censées lui porter secours, notamment la force conjointe des pays  du G5 Sahel lancée en 2014 par France, ou des bases américaines dans le nord du Niger.

Le 30 octobre dans la soirée, une énième attaque djihadiste est survenue dans un camp militaire dans le sud-est du Niger, causant la mort d’au moins douze personnes. Revendiquée par le groupe terroriste Boko Haram, dirigé par le nigérian Abubakar Shekau, cette offensive vient s’ajouter aux violences désormais quotidiennes que vit ce pays du Sahel, qui a pourtant décrété depuis 2015 l’état d’urgence dans ses frontières sud-est, ouest et nord.

Trois jour plutôt, son voisin du sud-ouest, le Burkina Faso, a connu une attaque djihadiste qui a coûté la vie à une quinzaine de personnes dans le nord. Ce mois d’octobre a été très meurtrier pour le pays dont le nombre des victimes du terrorisme, depuis 2015, s’élève à 600 personnes, selon l’Agence France Presse. Et le nombre de déplacés en raison des violences s’est accru de plus de 507% depuis le début de l’année en cours, selon la Croix rouge internationale.

Poutine rend hommage à Chirac

Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement étrangers, dont Vladimir Poutine, ont déjà annoncé leur venue à l’hommage prévu en l’honneur de Jacques Chirac.

Outre le président russe, sont notamment attendus les présidents italien Sergio Mattarella et congolais Denis Sassou Nguesso, la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili, les Premiers ministres libanais Saad Hariri, hongrois Viktor Orban, slovaque Peter Pellegrini et croate Andrej Plenkovic, qui doivent participer au service solennel prévu le 30 septembre à midi en l’église Saint-Sulpice, pour l’ancien chef de l’État.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi que le Premier ministre belge Charles Michel avaient annoncé leur présence le vendredi.

 

Le président des États-Unis Donald Trump ne sera pas présent à la cérémonie. La Maison Blanche a fait savoir qu’il serait représenté par l’ambassadrice américaine en France Jamie McCourt. Le dirigeant américain n’a pas non plus exprimé les condoléances des Américains après la disparition de l’ancien président français. La représentante américaine avait de son côté évoqué sur Twitter micro blog un “très grand ami des Américains, de longue date”.

 

Nouvelle course aux armements

Pierre-Emmanuel Thomann, géopolitologue OPINION Les États-Unis, moins d’un mois après leur sortie effective le 2 août du traité INF sur les missiles à portée intermédiaire signé en 1987 (500 à 5.500 km), ont tiré un missile de portée intermédiaire au large de la Californie le 19 août pour tester cette nouvelle arme auparavant interdite par le traité. Ce nouveau missile conventionnel est susceptible de porter aussi une tête nucléaire. La Russie s’est aussi immédiatement définitivement retirée du traité INF en réaction de la décision des États-Unis.

Ce tir de missile révèle la réalité suivante: Pour être déjà en mesure de lancer un nouveau missile, un mois après la sortie du traité, des recherches avaient donc été entreprises par les États-Unis sur le développement d’un nouveau missile intermédiaire, alors que ce type de missile était encore interdit. Il est stupéfiant qu’aucun européen membre de l’UE ou de l’OTAN n’ai relevé cet aspect. Cet évènement renforce la thèse de ceux qui accusent les États-Unis d’avoir utilisé le prétexte d’un soi-disant non respect du traité INF de la part des Russes pour développer leur propre missile. De plus, en sortant du traité unilatéralement, les États-Unis perdent un moyen de pression vis à vis de la Russie. La Chine qui n’a signé aucun traité en la matière est aussi la cible des États-Unis qui cherchent à maintenir leur suprématie stratégique en Eurasie, de Lisbonne à Pékin. La Chine refuse jusqu’à présent d’engager des négociations sur un nouveau traité plus large promu par les États-Unis qui pratiquent l’escalade comme moyen de pression.

En tant que puissance maritime inégalée dans le monde, le États-Unis sont pourtant déjà capables de tirer des missiles de moyenne portée sur les territoires Russe et Chinois à partir de l’espace maritime, alors que la Russie et la Chine, avant tout des puissances continentales ayant pour priorité la sécurité de leur environnement terrestre, ont jusqu’à présent développé moins de capacité maritimes. Comme les capacités maritimes (missiles embarqués à bord des navires de surface, des sous-marins ou des aéronefs) n’ont jamais été intégrés dans le traité INF qui porte sur les missiles sol-sol et sol air, une asymétrie a toujours existé en faveur des États-Unis.
Il faut aussi souligner que les environnements de sécurité des États-Unis et de la Russie ne sont pas comparables. La question de la position géographique des territoires des États-Unis et de la Russie est un élément central pour comprendre que l’on ne peut pas simplement raisonner en termes d’équivalence des armements. La Russie est entourée dans son environnement géographique proche de nombreux États dotés de capacité balistiques accrues.
Le territoire de la Russie est donc situé dans un environnement stratégique difficile au contact de puissances nucléaires comme la Chine et des zones de rivalités géopolitiques comme la Caucase, l’Asie centrale, l’Extrême Orient, tandis que les États-Unis ont pour voisins le Canada et le Mexique. La production par les États-Unis de nouveaux missiles en réponse au nom respect supposé des accords par les Russes et les déploiement de missiles chinois n’apporte ni un gain de sécurité aux États-Unis, entourés des Océans Pacifique et Atlantique, et n’a pas d’effet de dissuasion, ni sur la Russie, ni sur la Chine non plus qui doivent se positionner face à d’autres menaces provenant du continent eurasien. Cette décision fournit même une incitation de la part des Russes et des Chinois pour renforcer leur propre arsenal.
Après s’être retirés unilatéralement du Traité ABM en 2002, du traité INF en 2019, les États-Unis, ont aussi souligné que le renouvellement 2021 d’un traité de réduction des armes nucléaires, Start II (traité de réduction des armes stratégiques signé en 2012) ne serait pas automatiquement reconduit.

La Russie avait proposé avant le retrait américain un « moratoire sur le déploiement d’armes de portée intermédiaire », rejeté par l’OTAN. L’OTAN a pourtant affirmé ne pas vouloir se lancer dans une course aux armements et refuse jusqu’à présent la perspective d’installer de nouveau missiles sur le territoire européen.

Toutefois, cette posture étant par nature précaire face au risque d’escalade entre les États-Unis, la Russie et la Chine qui ferait des Européens les grands perdants d’une nouvelle course aux armements, l’idée d’une nouvelle architecture européenne de sécurité de Lisbonne à Vladivostok devient encore plus pertinente. En effet, seule une négociation d’envergure continentale incluant la Russie est susceptible de rétablir la confiance et maîtriser cette nouvelle course aux armements sur les missiles à portée intermédiaire qui n’a pas de sens pour les intérêts géopolitiques des nations européennes.

 

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