Archives de Catégorie: ENERGIE

#Katowice: 24e Conférence climat

La communauté internationale a doté  l’accord de Paris des outils qui lui donneront vie, mais sans s’engager à faire plus et plus vite contre le réchauffement climatique malgré l’urgence et les catastrophes qui se déchaînent à travers le monde.

Alors que les pays du Nord ont promis de passer leur aide climat à $100 milliards  par an d’ici 2020, quelques pays comme l’Allemagne ont annoncé de nouvelles contributions, notamment au Fonds vert. Et la Banque mondiale a promis 200 milliards de dollars pour la période 2021-2025.

Il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d’alarme : dans un monde à +2°C, objectif minimal du pacte climatique de 2015, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde à +1,5°C, limite idéale de l’accord. Mais pour rester sous +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50% d’ici 2030 par rapport à 2010, alors que les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations.

Face à ce coup de semonce, nombre de délégations, en particulier les vulnérables Etats insulaires, espéraient que pour cette 24e Conférence climat de l’ONU (COP24) les pays promettent de relever d’ici 2020 leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre.

Le réchauffement se manifeste aussi en profondeur, au fond de l’océan arctique. Stocké dans les sédiments marins, le méthane, un puissant gaz à effet de serre, est libéré des fonds océaniques lorsque la température augmente.

Image: l’ours polaire,  Kerstin Langenberger/Facebook

Polar bear

‘Green Deal’ sur la transition énergétique

La France s’est donnée pour objectif de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans sa production d’électricité d’ici à 2025.

“Je prépare un ‘Green Deal’ sur la transition énergétique, l’efficacité énergétique, le développement des renouvelables, les nouvelles filières industrielles, que je présenterai dans la première partie de 2018”, déclare Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique.

“Pour réduire à 50% la part du nucléaire, il va falloir fermer un certain nombre de réacteurs, et je préciserai le nombre et les étapes au moment de la programmation pluriannuelle de l’énergie fin 2018”, ajoute-t-il.

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes avait estimé en 2016 que l’objectif de 50% à l’horizon 2025 aurait pour conséquence de réduire d’environ un tiers la production nucléaire en France – l’équivalent de 17 à 20 réacteurs, sur un total de 58.

“Si nous voulons réduire la part du nucléaire, il faut que les Français acceptent la présence des énergies renouvelables sur leur territoire”, dit Nicolas Hulot.

Un stockage des déchets hautement radioactifs

Pierre-Marie Abadie assure que ce report du projet Cigéo n’a rien à avoir avec un avis récent de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui a soulevé quatre points « susceptibles d’entraîner des modifications de conception du stockage des déchets » sur le futur site, selon une interview publiée  sur le site du Monde.

« Nous prévoyons désormais de déposer la demande d’autorisation de création de Cigéo mi-2019 », dit-il. « Nous nous donnons douze mois de plus car, à mi-chemin de l’avant-projet détaillé, nous demandons à nos ingénieurs et aux bureaux d’ingénierie d’intégrer les variantes étudiées et les améliorations réalisées au cours des derniers mois. Il ne s’agit pas d’un report lié à l’avis de l’IRSN, mais d’un choix d’approfondissement du projet, permettant des économies substantielles avec la même exigence de sûreté ».

Le « point le plus sensible » soulevé par l’IRSN concerne les risques d’incendie de fûts de déchets placés dans le passé dans un enrobage de bitume qui seront stockés à Bure.

Selon Pierre-Marie Abadie, il reviendra soit à l’Andra ‘d’optimiser’ le stockage de ces déchets particuliers pour prévenir les risques d’incendie, soit aux producteurs de « définir un procédé permettant de neutraliser la réactivité thermique des enrobés, par vitrification par exemple ».

« Nous allons travailler sur ces deux voies pour retenir la meilleure stratégie dans le projet », indique-t-il.

D’un coût de l’ordre de 25 milliards d’euros, selon les dernières estimations, le projet Cigéo est destiné à l’enfouissement par 500 m de profondeur de déchets hautement radioactifs provenant pour l’essentiel de centrales nucléaires.

La « foi absolue » de Nicolas Hulot

Le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, affirme dans un entretien à paraître dimanche dans Ouest-France sa « foi absolue » dans les énergies renouvelables et son désir de « remettre les choses à plat » pour ramener la part du nucléaire de 75% à 50% en France.

Dans cette longue interview, l’ancien animateur de télévision en appelle à EDF pour accompagner la révolution énergétique en cours.

« Il faut absolument qu’elle accélère son évolution, et qu’elle prenne en compte le fait que le modèle énergétique de demain sera beaucoup plus diversifié », dit-il, déplorant notamment le retard pris dans la construction de l’EPR de Flamanville (Seine-Maritime).

« Il faut avoir une foi absolue dans les énergies renouvelables. »

Accord de Paris – La France se mobilisera

Emmanuel Macron, qui s’efforce de porter l’étendard de la cause écologique face à Donald Trump, a promis samedi de défendre un « pacte mondial pour l’environnement » destiné à servir de pierre angulaire du droit international en la matière.

« La France se mobilisera », a déclaré le chef de l’Etat, à qui l’ancien secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et l’ancien président de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) Laurent Fabius ont remis une ébauche en 26 articles, promue par le Club des juristes, un think-tank français.

« Sur la base de cet avant-projet de pacte mondial pour l’environnement, je m’engage (…) à agir et donc (…) aboutir à un texte, de convaincre nos partenaires et de placer ces efforts sous l’égide de l’Organisation des Nations unies », a ajouté le président français lors d’un discours à la Sorbonne.

Il a dit vouloir « dès septembre prochain porter les bases de ce qui ne sera pas l’avant-projet mais bien un pacte mondial pour l’environnement que la France portera ».

« Le processus qui nous attend pour faire ratifier ce pacte mondial, si j’écoute tous les experts, sera lent, difficile. Mais par le passé, on m’a déjà beaucoup dit cela », a encore déclaré Emmanuel Macron, pour qui il ne faut « pas attendre ».

 

Macron pour l’economie greentech

 

En déplacement le Président Emmanuel Macron a célébré l’esprit entrepreneurial français et l’élan vers une « start-up nation » qu’il appelle de ses vœux. Dans un salon qu’il veut voir devenir « le nouveau CES », le président a déclaré vouloir la France en pointe sur « l’Internet des objets, l’intelligence artificielle, la convergence entre le numérique et les cleantech et toutes les technologies du greentech, la convergence entre le numérique et le healthcare » à l’occasion d’un discours aux accents anglais.

La principale annonce concerne la création d’un fonds dix milliards d’euros pour le financement des jeunes pousses, confiée à la Banque publique d’investissement (Bpifrance).