Occident-Russie: l’escalade de tension

L’escalade de tension entre la Russie et l’Occident à propos de l’Ukraine a-t-elle atteint le dernier échelon avant de basculer dans un conflit armé ? C’est en tout cas ce que craint le gouvernement américain après que la Biélorussie a annoncé, mardi, l’arrivée de troupes russes sur son territoire pour des exercices « de préparation au combat ». « Nous sommes à un stade où la Russie peut lancer à tout moment une attaque en Ukraine », a assuré la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. Dans la foulée, le secrétaire d’Etat Antony Blinken a rencontré en urgence le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce mercredi, 19 janvier.

Il faut dire que Moscou n’en est pas à sa première manœuvre militaire.

«Début décembre, la Russie a organisé sur son territoire à proximité de la frontière ukrainienne un grand exercice militaire qui a mobilisé 100.000 hommes », rappelle Cyrille Bret, chercheur à l’Institut Jacques Delors et professeur à Sciences Po Paris. Le gouvernement russe n’en avait pas averti ses partenaires occidentaux contrairement à l’usage. Enfin, début janvier, une intervention militaire russe s’est déroulée au Kazakhstan via l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une sorte de petit Otan comprenant l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et la Russie.

Les Occidentaux, comme les Russes, seraient donc plutôt dans un rapport de force. Le gouvernement russe a remis mi-décembre un projet de traité sur la sécurité en Europe dit « à prendre ou à laisser ». Ce dernier a été étudié pour la première fois à Genève la semaine dernière et une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine.