Germes d’une frustration du monde arabe

Les tensions seront encore plus fortes qu’aujourd’hui avec des risques de dérapages supérieurs. À la fin de la guerre froide, certains ont cru naïvement à la «fin de l’histoire» et qu’il n’y aurait plus de conflits majeurs. Mais il y avait déjà là les germes d’une frustration interne d’une partie des pays en développement, et en particulier du monde arabo-musulman. Selon le Général Lecointre: «Nous allons vers une réorganisation de l’ordre du monde»
Pour le chef d’état-major des armées françaises, le risque de conflit va s’accroître d’ici à 2030.

Elle s’est aussi exprimée contre un monde occidental, perçu comme dominateur et hégémonique. Cette frustration a engendré une volonté de revanche. Nous en avons vu les conséquences au début des années 2000 puis avec les attentats en France. Nous les verrons longtemps encore. Ce danger est immédiatement perceptible pour nos sociétés parce qu’il s’exprime sous la forme du terrorisme. Des acteurs régionaux fondent aussi une partie de leurs revendications sur un nationalisme exacerbé.

Les « erreurs » et les « biais » du rapport de la Direction des droits de l’Homme de la Minusma, la Mission de l’ONU au Mali, « découlent pour une part d’une manipulation », a estimé le général Lecointre.

L’enquête a conclu qu’une frappe aérienne conduite par l’armée française avait visé des civils réunis pour un mariage près de Bounti (centre), et pas seulement des djihadistes comme l’affirme Paris, qui réfute toute bavure.

Les autorités françaises ont toujours assuré qu’il n’y avait pas de mariage, que le renseignement avait « formellement » établi qu’il s’agissait d’un rassemblement de djihadistes et que l’intervention d’une patrouille d’avions français lâchant trois bombes avait « neutralisé » une trentaine de djihadistes.