MLP: «détournement de fonds publics»

Selon le JDD, qui a dévoilé le rapport de police de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’eurodéputés du Rassemblement national, les enquêteurs disposent d’assez d’éléments pour poursuivre 17 membres du parti, dont Marine Le Pen, de «détournement de fonds publics».

C’est un rapport qui risque de chambouler la prochaine campagne de l’élection présidentielle. Plus de cinq ans après le début de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés au sein du Rassemblement National, le Journal du Dimanche a révélé les dernières conclusions des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), remises à la juge d’instruction Claire Thépaut le 15 février. Ce rapport de police accuse notamment la dirigeante du parti, Marine Le Pen, d’être l’instigatrice et la bénéficiaire d’un « système frauduleux».

Dans cette enquête ouverte en 2015, le RN et ses dirigeants sont soupçonnés d’avoir détourné les enveloppes accordées par l’Union européenne aux députés pour rémunérer les collaborateurs parlementaires. Ces fonds destinés aux assistants parlementaires auraient été détournés pour financer les salaires des permanents du parti. Au total, le RN aurait abusé de 6,8 millions d’euros. Depuis le début de l’affaire, Marine Le Pen et son père Jean-Marie ainsi que 25 autres élus et collaborateurs ont été mis en examen.