Iran: journaliste Rouhollah Zam exécuté

La Cour suprême iranienne avait confirmé mardi, le 8 décembre, la condamnation à mort de ce journaliste jugé coupable d’incitation à la violence lors du mouvement de contestation de 2017.

La France et des organisations de défense des droits de l’homme avaient dénoncé ce jugement.

“(Le) directeur du réseau contre-révolutionnaire AmadNews a été pendu ce matin”, a rapporté la télévision d’Etat iranienne.

Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères condamne “avec la plus grande fermeté cette atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse” et dénonce “un acte barbare et inacceptable”.

Sur son compte Twitter, l’organisation Reporters sans Frontières (RSF) se dit “choquée que la justice iranienne et le commanditaire de cet acte @ali_khamenei aient mis à exécution leur sentence”, en référence au guide suprême de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.

Le fil d’informations AmadNews compte plus d’un million d’abonnés. Accusé d’incitation à la violence, il a été suspendu en 2018 de la messagerie Telegram avant de réapparaître sous un autre nom.

Fils d’un dignitaire religieux chiite réformateur, Rouhollah Zam avait obtenu l’asile politique en France après avoir fui l’Iran. Les Gardiens de la révolution ont annoncé en octobre 2019 l’avoir capturé à l’issue d’une opération ayant mobilisé leurs services de renseignement, sans préciser où elle s’était déroulée.

Nour News, une agence proche des Gardiens de la révolution, a rapporté la semaine dernière que Rouhollah Zam avait été intercepté par des agents iraniens en Irak en septembre 2019 avant d’être emmené en Iran.

L’Iran a connu fin 2017 une vague de manifestations contre le coût de la vie, dans lesquelles 21 personnes sont mortes selon le bilan officiel. Les autorités, qui avaient procédé à des milliers d’arrestations, ont accusé les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et des opposants en exil d’avoir fomenté ces troubles.