COVID19: retraités confinés en Patagonie

Âgés en moyenne de 70 ans, ils pensaient échapper à la crise du COVID-19 en quittant la France mi-mars direction l’Argentine. Mais ils sont aujourd’hui rattrapés par l’épidémie dans un hôtel de luxe.

Un voyage organisé qui tourne mal: 23 retraités français sont confinés depuis le 13 mars au fin fond de l’Argentine. Parmi eux, 8 contaminés et un homme toujours en réanimation. Le dossier serait suivi avec « beaucoup d’attention » par le Quai d’Orsay.

Pour les touristes en voyage au bout du monde, le piège s’est refermé lentement. Au moment du départ, il n’y avait que deux cas dans le pays. Le coronavirus n’était qu’une rumeur lointaine.

Pourtant, très vite, la crise a rattrapé les voyageurs. Dès le mercredi 11 mars, alors que l’OMS déclarait une situation de pandémie mondiale , le président argentin Alberto Fernandez (élu en décembre) annonçait que les personnes arrivant de pays à risque, dont la France, devaient rester confinés pendant 14 jours et ne pas fréquenter les lieux publics. Le lendemain, il interdisait les vols en provenance des mêmes pays à compter du 16 mars.

A Buenos Aires, la police a commencé à effectuer des descentes dans les hôtels. Les pouvoirs publics ont mis en place un numéro pour dénoncer les étrangers qui violaient leur quarantaine : 15.000 appels en 24 heures, selon la presse locale.

Les journaux ont évoqué l’expulsion manu militari de plusieurs centaines de voyageurs.

La psychose n’avait toutefois pas encore atteint le sud du pays. Vendredi 13 mars, les passerelles qui surplombent le sublime glacier Perito Moreno, dans le sud de la Patagonie, sont bondées. Tout en admirant les icebergs turquoises qui dérivent sur le Lago Argentina, les touristes savent néanmoins que leurs jours dans le pays sont comptés.

Le stress a commencé à monter. Sera-t-il possible de rentrer ? A force de persévérance, le voyageur finira par joindre une opératrice, qui lui trouvera une solution via le Brésil, pas (encore) considéré comme un pays à risque.

D’autres n’ont pas eu cette chance. Car en quelques jours, la situation s’est tendue dans le pays. Le 15 mars, le gouvernement a fermé tous les parcs nationaux. Les hôtels, même dans les zones les plus reculées, ont reçu des consignes précises : confinement des clients, désinfection des chambres… Sur les routes, des barrages filtrants sont mis en place, et les touristes en quarantaine sont raccompagnés à leur hôtel par la police.

La liste des pays à risque s’est allongée. Mardi 17 mars, le gouvernement a annoncé que tous les vols intérieurs seraient annulés pour quelques jours à compter du 20. L’ambassade de France a commencé à répertorier les Français en recherche d’un moyen de rapatriement. L’Argentine comptait alors 79 cas confirmés. Le premier a été diagnostiqué le 3 mars.