Fraude à l’impôt: de entre 50 et 100 milliard par an

Nouveau service d’enquête du Ministère de l’économie et des finances, bilan positif du Parquet national financier, assouplissement du verrou de Bercy

La lutte contre les fraudeurs fiscaux reste une priorité française pour 2019. Le chiffre fait saliver la direction du Trésor, le saint des saints du Ministère des finances. Selon les chiffres croisés de l’administration et des organisations non gouvernementales, la fraude à l’impôt continuerait de coûter à la France entre 50 et 100 milliard de recettes fiscales par an.

Il s’agit d’un joli magot pour un pays dont la dette publique caracole à 2322 milliards d’euro soit 99,3% de son produit intérieur brut (PIB), au point d’inquiéter le Fonds monétaire international (FMI), qui juge ce niveau «trop élevé et sujet à inquiétude», d’où «le manque de marge de manœuvre en cas de crise».

Un chiffre qui démontre surtout, selon les autorités, les limites du processus de régularisations fiscales massives observées depuis l’éclatement de l’affaire Cahuzac (l’ex-ministre socialiste du Budget qui disposait d’un compte en Suisse, puis à Singapour) en 2013, achevé fin décembre 2018 avec la levée des dispositions spéciales: au total, 8 milliards d’euros sont rentrés en quatre ans dans les caisses de l’Etat. Un réel succès. Mais encore loin de ce qui pourrait être en théorie récupéré.