Quotas migratoires Fillon-Macron

Emmanuel Macron a ouvert la porte, dans sa lettre de cadrage du “grand débat national” qui s’ouvre mardi, à l’instauration de quotas migratoires, une mesure qui ne figurait pas dans son programme et qui était défendue par François Fillon en 2017.

Cette suggestion a aussitôt été dénoncée par plusieurs associations, au premier rang desquelles SOS Racisme qui a estimé que la lettre laissait “lourdement sous-entendre que nous accueillions trop d’immigrés et que ces derniers et leurs enfants n’étaient pas suffisamment ‘intégrés’”.

Propos graves et irresponsables qui sonnent comme une diversion nauséabonde”, a dénoncé l’association dans un communiqué publié dimanche soir. “Il y a dix ans Sarkozy posait la question des quotas”, a rappelé de son côté Pierre Henry, directeur de France Terre d’asile, sur Twitter. “La commission Mazeaud répondait inapproprié – anticonstitutionnel, anticonventionnel. On recommence les enflammades sur un sujet hors sujet ?

L’instauration de quotas pour réguler l’accueil de migrants est une question qui agite la classe politique française depuis plusieurs années. Absente du programme d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017, la mesure a notamment été défendue par le candidat des Républicains (LR) François Fillon.

Ce dernier, tout comme le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, proposait d’inscrire dans la Constitution le principe de quotas fixés par la loi, en plafonnant le nombre de titres de séjour pouvant être délivrés chaque année au titre de l’immigration professionnelle et familiale.

La présidente du Front national devenu entre temps Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, plaidait, elle, pour une réduction de l’immigration légale à 10.000 personnes par an.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation?”, écrit Emmanuel Macron dans cette “lettre aux Français” diffusée dimanche soir. “En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?”.