Partenariat oriental et la crise migratoire

Vers  un renforcement de la crise migratoire sur  le flanc oriental de l’UE
Dr Pierre-Emmanuel Thomann- Géopolitologue
L’attention dans les médias et dans les débats politiques se concentre presque exclusivement sur la crise migratoire en provenance du flanc sud de l’Union européenne, c’est à dire l’arc de crise qui s’étend de l’Atlantique à l’Afghanistan, en passant par la Méditerranée, mais aussi le Sahel.
Melillia, Spain

Melilla;, Spain

Pourtant, la crise migratoire a débuté avant si l’on tient compte des flux en provenance du flanc oriental de l’Union européenne. L’élargissement de l’UE en Europe centrale et  orientale et dans les Balkans fut l’occasion pour les Etats membres les plus développés du point de vue économique, d’ouvrir leurs frontières à des millions de travailleurs migrants.
Le facteur migratoire a été un élément déclencheur très important au Royaume-Uni aggravant la perte de confiance dans l’UE, et  a abouti au Brexit après le référendum. La directive des travailleurs détachés, accusée de favoriser le plus petit dénominateur commun en matière de salaires et protection sociale en raison des différentes législations entre les anciens Etats membres et les pays d’Europe centrale et orientale, a fait aussi l’objet de polémiques politiques.
Si un rapprochement toujours plus étroit se poursuit entre l’UE et les pays du partenariat oriental (Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan)  et a fortiori, de nouvelles perspectives d’élargissement à plus long terme, on peut aisément anticiper une aggravation des flux migratoires qui déjà très importants entre ces pays et les autres Etats de l’UE, en raison du différentiel économique. Ces flux risqueraient d’aggraver la crise migratoire qui va devenir systémique face à la démographie de l’Afrique.
Eurostat migrants
Les dégât sur les sociétés peuvent être considérables. La fuite des cerveaux et de la main d’œuvre est un phénomène très important dans la difficulté des pays du partenariat oriental à moderniser leur économie, tandis que l’accroissement des flux migratoires pèsera sur  l’adhésion des citoyens  à l’UE, comme l’a montré le Brexit.