Sortie de prison des condamnés pour terrorisme

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis mercredi (30/05/2018) un suivi “sans naïveté” des condamnés pour faits de terrorisme à leur sortie de prison, un sujet de préoccupation qualifié de “majeur” par le procureur de la République, François Molins.

Selon ce magistrat, sur plus de 500 personnes aujourd’hui détenues en France pour terrorisme, une vingtaine devraient être libérées cette année et une vingtaine d’autres en 2019.

Or “on court un risque majeur, qui est celui de voir sortir de prison (…) des gens qui ne seront pas du tout repentis, qui risquent même d’être encore plus endurcis compte tenu de leur séjour en prison”, expliquait lundi sur BFMTV François Molins.

Interpellé à ce sujet lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a déclaré que des procédures avaient été mises en place pour effectuer un “suivi particulier” des individus entrant dans cette catégorie.

“C’est un suivi extrêmement attentif (…), respectueux de la loi mais sans naïveté qu’il faut mettre en oeuvre et pour lequel l’ensemble des services de l’Etat s’est organisé”, a dit le Premier ministre. “Un dispositif spécifique d’accompagnement permanent des mineurs a aussi été mis en place.”

Seront mis à contribution les services de renseignement pénitentiaires et intérieurs, les préfectures, la gendarmerie, la police nationale, mais aussi les maires, a-t-il expliqué.

“Il faut organiser de la meilleure des façons possibles la relation entre les maires (…) et les services de l’Etat”, a-t-il souligné. “Nous y sommes prêts mais je sais que cet exercice est redoutablement délicat et qu’il exigera des discussions longues avec chacun des maires concernés.”