Corse: pour un dialogue sans tabou

La préfecture de région estime entre 5.600 et 6.000 le nombre de participants à ce rassemblement qui s’est déroulé dans le calme, mais les responsables nationalistes se félicitaient d’avoir ameuté 22.000 à 25.000 personnes.

“C’est un moment historique, une manifestation qui est d’une ampleur sans précédent à Ajaccio”, a déclaré à la presse Gilles Simeoni, alors que le cortège se dispersait. “Cela a été un moment extrêmement fort qui correspond à cette société corse qui est pleine d’espoir”.

A trois jours de la visite en Corse du président de la République, plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues d’Ajaccio, répondant à l’appel du président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni.

La manifestation, composée d’élus nationalistes et de représentants de la société civile, était parsemée de “bandera”, les drapeaux à la tête de maure. Elle a remonté dans le calme le cours Napoléon, l’artère principale de la cité impériale convergeant vers la place du Diamant.

La veille, l’assemblée de Corse avait voté un texte rappelant l’alpha et l’oméga des revendications nationalistes.

“Cette résolution solennelle entend demander à l’Etat un dialogue sans tabou pour aller vers cette révision constitutionnelle”, a expliqué le patron de l’exécutif corse qui réclame une dérogation au droit commun en matière de foncier, de langue et de fiscalité, une réévaluation des ressources techniques et financières de la collectivité corse et enfin le rapprochement des prisonniers politiques.

Il dit attendre que le président de la République donne “des signes forts”, un “je vous ai compris”.

Les élus de la République en marche, qui n’ont pas marché avec les nationalistes , avaient voté cette résolution, ce qui est un signal de la volonté d’ouverture présidentielle, selon les observateurs.