La loi ‘fake news’ provoque la polémique

L’annonce par Emmanuel Macron d’un projet de loi pour endiguer la propagation de fausses informations, ou “fake news”, provoque un tir de barrage d’une partie de la classe politique française et est accueillie avec perplexité par des experts.

Le président fait part de ses intentions lors de ses voeux à la presse, estimant qu’il fallait « savoir être forts et avoir des règles claires » pour « protéger les démocraties libérales », surtout pendant les campagnes électorales et sur internet.

Le chef d’Etat n’a donné aucun exemple mais, en mai dernier, il avait pris pour cible la chaîne Russe RT et la radio Sputnik, deux médias financés par le Kremlin, qu’il avait alors accusés d’agir en « organes d’influence » répandant des « contre-vérités infamantes ».

Dans la classe politique, plusieurs réactions ont mitigé.

“Avec l’annonce d’une loi contre les fake news, Emmanuel Macron commet un faux pas qui peut nous entraîner très loin, beaucoup trop loin”, a déclaré dans un communiqué le chef du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau.

“En démocratie, mieux vaut une information erronée qu’une information étatisée”, a-t-il ajouté en jugeant la législation actuelle suffisante. “Seuls les régimes autoritaires prétendent au contrôle de la vérité. On sait ce qu’il peut en coûter.”

Pour la présidente du Front national, Marine Le Pen, ce projet de loi est “très inquiétant”.

A l’autre extrémité de l’échiquier politique, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s‘est insurgé sur son blog contre “le risque d’une législation liberticide”.