L’état frappe de meublé de tourisme

Près d’un million d’euros d’amendes au total ont été infligés depuis le début de l’année à Paris à des loueurs de meublés touristiques sur des plateformes de réservation ne respectant pas le plafond légal de 120 nuitées par an, annonce Ian Brossat, adjoint au logement à la mairie de Paris, dans un entretien au Journal du Dimanche.

“Depuis janvier,  nos 25 inspecteurs ont prononcé des amendes pour une valeur de près d’un million d’euros, 14.000 euros en moyenne, concernant 68 logements”, précise l’élu communiste dans cette interview.

Pour faciliter les contrôles, les propriétaires louant ponctuellement leur logement via des plateformes numériques doivent désormais se déclarer en ligne auprès de la mairie, qui leur fournit en retour un numéro d’enregistrement qu’ils sont tenus de faire figurer sur leurs annonces depuis le 1er décembre.

Evoquant un chiffre “insatisfaisant” de 15.000 inscrits sur le registre de la mairie, Ian Brossat souligne que l’intention de la municipalité “n’est pas d’embêter ceux qui louent leur propriété principale deux semaines par an, mais d’éviter que des appartements se muent en machines à cash.”

La plate-forme californienne Airbnb a confirmé mi-novembre qu‘elle allait instaurer à compter de janvier 2018 dans les quatre arrondissements du centre de Paris une limitation automatique à 120 nuitées de location, alors que ce plafond fixé par la loi s‘applique à l‘ensemble du territoire français.

“Cette multinationale américaine, dont je déplore aussi les pratiques douteuses en termes d’optimisation fiscale, doit comprendre que Paris, ce n’est pas le Far West !”, prévient Ian Brossat.

Interrogé sur l’éventualité d’un recours en justice contre Airbnb, l’élu parisien n’exclut pas cette option.

“Si cette plate-forme refuse de respecter les règles de bon gré, nous utiliserons évidemment tous les moyens judiciaires à nos disposition”, déclare-t-il dans les colonnes de l’hebdomadaire dominical.

Il précise par ailleurs qu’un sommet sera organisé à Paris au premier semestre 2018 “afin de construire un rapport de force plus favorable, une coalition des villes” réunissant notamment Berlin, Barcelone, New York ou encore San Francisco.