Paris Match en retrait de la vente

Le procureur de Paris a demandé le retrait de la vente de l’hebdomadaire Paris Match, qui publie jeudi des images prises le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, à Nice, le soir de l’attentat meurtrier au camion-bélier, a-t-on appris de source judiciaire.

Des associations de victimes et le maire de Nice, Christian Estrosi, ont également déploré la publication de ces photos un an presque jour pour jour après cette attaque, qui a fait 86 morts et plusieurs centaines de blessés.

« Ces captures d’écran, publiées sans précaution aucune, portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches » dans le seul but de « faire du sensationnel » et de « créer une atmosphère morbide et voyeuriste », écrit Eric Morain, avocat de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), dans un communiqué.

Le procureur de Paris, François Molins, a lancé une procédure d’urgence (« référé d’heure à heure ») pour « atteinte à la dignité de la personne humaine », précise-t-on de source judiciaire.

Sur les images, qui figurent dans le dossier d’instruction, on peut voir le camion percuter des passants mais aussi, sur l’une d’entre elles, le corps ensanglanté de l’assaillant, tué par la police, dans l’habitacle du poids lourd.

Le magazine a répondu aux critiques en invoquant sur son site internet « le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s’est passé exactement ».

« Quant aux photos du camion cette nuit-là, largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, (…) il s’agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité », se défend le directeur de la rédaction, Olivier Royant.